‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource] (volume 3)Chapitre 98 sur 144 · MALADIES DE LA CAPSL'LE DE l'oEIL, ETC · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA CAPSL'LE DE l'oEIL, ETC

TiUal des veines du cou dans le cas disséciué par Sii' H. Marsli, et ce lait mcnlioiiiié par M. Wallon, d'une malade qui ne pouvait fermen-i les yeux qu'après les avoir comprimés pendant quelques minutes ave la paume de la main. Un épanchement séreux dans le tissu ceH lulaire de l'orbite, qu'on considère, aussi liypothétiquement, comme cause d'exoplithalmos anémique, ne pourrait guère céder aune pareilleij pression, tandis qu'une dilatation variqueuse des veines situées (lerrièri l'œil en serait susceptible.

Les mouvements de l'œil étant, en général, si peu entravés, il n'estpas probable qu'un épanchement à l'intérieur de la capsule oculaire soit la cause du phénomène. Il expliquerait cependant bien l'augmeini tation apparente du volume des yeux.

L'exophthalmos anémique a ordinairement une marche chronique? mais dans quelques cas il se montre si brusquement, et sa marché est si rapide, qu'on peut le regarder comme une maladie aiguë.

Obs. 268. — Le 16 avril 1850, je fus appelé à voir, en consultation, un jeune garçon de 16 ans, confié aux soins du docteur James Miller. Il était venu quinze jours auparavanid en chemin de fer de Londres à Glascow. Il s'était probablement exposé au froid pendanlij le voyage. Toujours esl-il qu'il avait été pris presque immédiatement d'exophllialmos aux deux yeux; les conjonctives étaient devenues en même temps œdémateuses et for-i niaient des plis saillants. Le docteur Miller, craignant une opbllialmilis phlegmoneuseji l'avait saigné abondamment, avait fait appliquer des sangsues aux tempes, administré l'antimoine, provoqué une légère salivation, placé un vésicaloire à la nuque, et retranclid quelques plis de la conjonctive, afin de donner issue à l'épanchement séreux. Lorsque j€j| vis le malade, il était au lit. Les yeux étaient fort saillants; les pupilles grandes, ce qu|ï était probablement leur état normal : on pouvait facilement porter d'un côté à l'autre da" l'orbite les yeux qui n'étaient point fixes comme dans roplillialmilis plilegmoneuse; laj vision était bonne. Le pouls était à 82, plein et vif. En plaçant ma main sur le cœurjej trouvai qu'il était affecté de palpitations. En ouvrant la chemise, je reconnus que la glanda thyroïde était augmentée de volume et douloureuse au toucher. Le cou était fortement tuméfié dans toute sa circonférence jusqu'à la nuque ; ce gonflemenl paraissait de nalurer œdémateuse. Le malade délirait légèrement par instants. Ce jeune garçon ne s'était jus-s qu'alors jamais plaint de palpitations. On avait depuis quelque temps observé chez lui de la pâleur. 11 s'était fort adonné à la course et à d'autres exercices de force. Je conseillai lej repos, l'abstention de toute nouvelle évacuation sanguine et du mercure. Je ne revis plun le malade, qui mourut quelques jours après ma visite. On ne put obtenir l'autorisaliorol de l'examiner après la mort.

Obs. 269. — Une dame que je vis avec le docteur Pagan avait un exophthalmos de l'œil droit, accompagné d'une hypertrophie de la glande thyroïde et de l'utérus. Cette dernière affection et la santé générale avaient été améliorées par les chalybés, l'huile de foie de morue, et les frictions avec l'iode. J'avais vu, quelques années auparavant, lai sœur de celte dame, affectée d'exophlhalnios anémique aux deux yeux. D'un tempéra-î ment nerveux et languissant, sa santé n'avait jamais été bien robuste depuis plusieurs années; mais elle paraissait surtout s'être affaiblie depuis les deux années qui avaienli précédé l'époque où je la vis, et depuis son dernier accouchement. Elle avait soufferb d'aménorrhée pendant quelques mois, et avait été tourmentée de dyspepsie et de conslH pation. L'été d'avant, elle s'était beaucoup fatiguée à la campagne; après quoi elle s elait aperçue que sa vue commençait à faiblir et que ses yeux devenaient proéminents, tm avait* vu aussi se développer un véritable bronchocèle. Ces symptômes avaient dmimuéi jusqu'à un certain point sous l'innuence d'un traitement légèrement altérant, sumde l'usage des stomachiques, des purgatifs, et de la teinture d'iode à l'intérieur, en même

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lemps tiuo des Iriclions sur la gorge el les tempes avec une pommade conlenanl de l'iolui'e de potassiuni. Toulelois, des maux de lèle et une sorte de sensation de Iremblement ,,ar lout le corps étant survenus, on avait cessé l'usage de l'iode.

par

Ce fait que plusieurs individus de la mémo famille sont parfois atteints de cette allection, permet de conclure qu il existe une disposilion liércditaire à cet état particulier du sang, qui amène lexoplithalmos anémique.

Traitement. — Le traitement indiqué est évidemment celui (pu offre des chances de rétablir l'assimilation et la sanguificalion. Dans ce but, le malade se mettra à Tusage d'un régime nourrissant, de la viande; il boira de l'aie et du porter, mais généralement pas de vm. Toute cause d'agitation, toute fatigue lui seront interdites. On recommandera les exercices passifs en plein air, et même les exercices actifs, pourvu qu'ils ne fatiguent pas ; enfin, le changement d'air. On entretiendra la liberté du ventre à l'aide de laxatifs appropriés. On s'est bien trouvé de l'extrait de jusquiame pour calmer l'agitation nerveuse. On baignera fréquemment les yeux avec de l'eau froide. Les stomachiques, tels que la racine de columbo, ou l'écorce de cascarille, ou le mélange ordinaire de ces deux substances avec le bicarbonate de soude, la rhubarbe et le gingembre, rendront de grands services. Mais les meilleurs médicaments sont les chalybés, tels que le carbonate de fer obtenu par précipitation, et les autres sels de ce métal, le sulfate, le muriate, le citrate, etc. On les administrera à haute dose, au moment des repas, ou après ceux-ci, et l'on en continuera l'usage, sans interruption, pendant des mois.

Sous l'influence de ce traitement, on a vu les yeux rentrer dans les orbites, les paupières reprendre la liberté de leurs fonctions, la glande thyroïde revenir à ses dimensions naturelles, les palpitations disparaître, les forces se rétablir, en un mol la guérison devenir parfaite (1).

Cette affection résiste à l'usage interne de l'iode et de ses préparations* qui semblent même nuisibles, en ce qu'elles fatiguent l'estomac el déterminent dans toute l'économie des sensations si désagréables, qu'on est obligé de les discontinuer. Les mercuriaux agissent encore plus défavorablement que les préparations d'iode (2).

(1) L'emploi (l'une eau ferrugineuse pour préparer les aiimenls, et comme boisson, enipèclii' le dévcloppcmenl du goilre. Voyez Pascal. London and Edinburgli Journal of Médical Science, Dcceniber, 1842.

(2) Consullez sur rexopluhalmos anémique, Macdoîsnell. Dublin Journal of Médical Science, vol. XXVll, p. 200. Dublin, m'S. Hill. Ibid., p. 599. Bi-r.im;. Monlbly Journal of Médical Science, February 18/i.9, p. Wihte Coopeu. Lancel, May 26, 1849, p. 531. Syme. Monllily Journal ofMedical Science, vol. X, \>. iSS. Edinburgh, iWM.

TUMEURS INTRA-OnniTAlUES.

SECTION V

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