ECTR0P10N OU RENVERSEMENT DES PAUPIÈRES EN DEHORS
î heures, très-grande agitation ; le gonflement a encore augmenté d'une manière notable. L Cependant la cautérisation n'est pas renouvelée; l'on sait que M. Bourgeois, d'Élampes, a F dit qu'une nouvelle cautérisation, faite un ou deux jours après une première pratiquée avec soin, sérail inutile, quand bien même lesaccidents continueraient ou augmenteraient. hSinapismes, potion avec acélate d'ammoniaque, -10 grammes. — Le 11. La nuit a été titrés agitée; le malade est un peu plus calme le malin. L'enflure s'est étendue plus loin, à la tète, au front, au cou, ù la poitrine, mais elle est moins tendue, n'a plus sa dureté ligueuse qu'au voisinage des paupières. Les eschares se sont beaucoup agrandies; à ia paupière supérieure, les deux eschares se louchent et comprennent loute la paupière; à l'inférieure, il y en a une large qui s'est établie depuis hier; pouls à 100, même potion, potages.
A partir de ce moment, la guérison devint certaine et fil de rapides progrès. — Le 16, jon put écarter les paupières et s'assurer que l'œil était sain : il y a seulement toujours un cchéniosis considérable autour de la cornée. Le gonflement a complètement disparu le 24. LLes eschares se soulevèrent graduellement sur leurs bords, et le 30 elles furent détachées o complètement par un coup de ciseaux sur leur face profonde. La plaie de la paupière s'élenodait depuis le sourcil jusqu'à 2 millimètres du bord ciliaire, et depuis la caroncule lacryirmale jusqu'à la commissure externe. A la paupière inférieure, la plaie de l'eschare est nmoins étendue, ne comprend pas toute la hauteur de la paupière et ne commence qu'à 4 umillimètres au-dessous du bord ciliaire. En dedans, elle ne va pas non plus jusqu'à la commissure, et s'arrête à 1 centimètre d'elle. Chaque eschare comprend, outre la peau, •du tissu cellulaire et sans doute une partie du muscle palpébral. — Le 5 décembre, le jglobe oculaire est sain, la conjonctive qui le recouvre est un peu rouge et boursouflée près ■ides angles. Les paupières sont assez largement étalées pour recouvrir l'œil aisément jquand on les rapproche, sans qu'il soit nécessaire de faire beaucoup d'efforts pour mettre ,<ies bords au contact. La supérieure a perdu sa peau depuis le sourcil jusqu'à 1 millinmètre des cils et depuis le tendon interne du muscle palpébral jusqu'au delà même dde l'angle externe. La paupière inférieure conserve sa peau dans le cinquième de sa longueur environ vers l'angle interne, et pour le reste dans une bandelette de 3 millimètres tau-dessous des cils. Cette paupière a de très faibles mouvements à peine visibles ; la supérieure se meut davantage, monte et s'abaisse par le mouvement de son muscle élévateur propre. La conjonctive palpébrale est rouge et gonflée, ainsi que les bords ciliaires, et il yy a une assez notable inflammation dans les parties; néanmoins, quatre jours après l'enitier détachement des eschares, cinq fils de soie fine et cirée sont placés de l'angle interne aà l'angle externe des paupières, avec l'aide d'une fine aiguille à coudre ordinaire, avec ^laquelle on traverse les bords de part en part, commençant par l'inférieure, et piquant .immédiatement en deçà de la rangée des cils; les bords ciliaires sont ensuite avivés à l'aide d'une pince à dents de souris et de petits ciseaux courbes, de manière à n'enlever ïque la muqueuse qui recouvre le bord saillant et libre du cartilage tarse à chaque paupière. LLes surfaces avivées saignèrent beaucoup, et les fils furent immédiatement serrés. Le npremier détail placé en dehors des points lacrymaux, de façon à laisser libre en dedans uun espace de 3 à 4 millimètres, et le dernier laissa libre également, à la commissure ex- ; terne, un espace moins large de 1 à 2 millimètres.
Le lendemain, les paupières étaient gonflées et tuméfiées; 3 sangsues, 1 dessus et 2 au-dessous de la paupière inférieure. — Le 7, moins de gonflement et de tension, quelques brins de charpie sont introduits par l'angle interne, afin de faciliter la sortie des larmes et du mucus. — Le 8, les fils sont enlevés et les paupières maintenues rapprochées par deux bandelettes de linge imbibées de collodion. — Le 10, les bandelettes • sont enlevées, la réunion est très exacte partout, excepté aux deux angles. L'œil est l nettoyé de temps en temps au moyen d'une injection pratiquée avec la seringue d'Anel.— Le 13 mars, la suture des paupières est détruite.
A celte époque, les paupières sont souples, unies, lisses et paraissent avoir leur épaisseur ordinaire. Les cils sont droits, bien ranges. Le niveau de la suture est un peu plus élevé que ne l'est la jonction des paupières fermées de l'autre œil ; la distance qui sépare : la suture du sourcil est de 1S millimètres, tandis que la paupière supérieure de l'autre 1 œil a 19 millimètres. Pour rompre la suture, on glisse une sonde cannelée par l'angle interne au-devant du globe oculaire, la cannelure dirigée en avant contre les cils, et, avec un bistouri étroit glissé dans la cannelure, on coupe graduellement jusqu'à l'angle
vu.
MALADIES DU SOURCIL ET DES PAUPIÈRES
externe, en lâchant de se tenir à égale distance des deux rangées de cils; car on ne pouvait plus se guider sur une ligne visible de cicatrice. Le globe oculaire était sain, non injecté; la face interne des paupières était rouge. Le malade vil très clairement loul de suite. La pupille était élargie. De la charpie fut placée enlre les deux paupières et l'œil recouvert d'un linge cératé. Après six jours de ce pansement, les bords étaient complètement cicatrisés. — Le 2 mai, le malade quitte l'hôpital dans l'étal suivant : Les paupières sont souples, molles, paraissent avoir une épaisseur normale; les cicatrices sont linéaires, plates et peu visibles. Les paupières s'ouvrent et se ferment activement pur abaissement delà supérieure; le globe oculaire est presque entièrement couvert; il reste seulement un léger intervalle, qui est de °2 millimètres dans l'occlusion modérée et ordinaire, et qui reste de 1 millimètre quand le malade fait effort pour fermer l'œil. La paupière supérieure s'enroule el se cache sous l'arcade orbitaire pendant l'élévation, et se déroule pour fermer l'œil qui se recouvre parfaitement. Le sourcil est un peu abaissé, et la ligne inler-ciliaire un peu plus élevée qu'à l'autre œil.
Il eût mieux valu maintenir l'occlusion pendant six mois, au lieu de trois; mais, dans le cas présent, il a été impossible de décider le malade à rester plus longtemps à l'hôpital. Toutefois, comme les paupières étaient souples, molles el semblables à des paupières ordinaires, il est probable qu'elles auront dû perdre très peu el peut-être pas du toul ultérieurement, d'autant que, pendant les quarante-neuf jours qui se sont écoulés enlre leur décollement et la sortie du malade, il ne s'est fait aucun changement dans leur état. Il demeure certain, néanmoins, que l'on a prévenu l'ectropion qui succède à la gangrène des paupières, et que l'on s'est opposé à l'adhérence du bord ciliaire au sourcil pour la paupière supérieure, et à celle du bord ciliaire à la joue pour la paupière inférieure; les eclropions ont été nuls, la paupière supérieure est restée seulement un peu courte.
Pour pratiquer la suture du bord libre des paupières, ou se sert d'une fine aiguille à coudre ordinaire, qu'on chauffe à la bougie pour la détremper, et qu'on peut alors courber un peu. On enfile dans le chas de cetle aiguille, ainsi préparée, un fil de soie très-mince qu'on obtient en dédoublant le cordonnet ordinaire. Pour aviver, on incise le bord libre de la paupière avec une lancette bien tranchante, et l'on excise, avec de bons petits ciseaux courbes très coupants le petit lambeau qu'on vient de tailler.
En faisant cette opération, il faut ne prendre que le bord libre, et avoir soin surtout de ne pas intéresser la peau : il vaut mieux empiéter sur la muqueuse, comme l'a fait M. Richard, dans un cas où il pratiqua la suture des paupières pour prévenir l'ectropion, qui eût sans doute succédé à l'ablation d'une tumeur éreclile située près du bord adhérent de la paupière supérieure: on peut enlever sans inconvénient, sur la face muqueuse des paupières, un lambeau de 4 millimètres de haut. Un avivemenl aussi large peut mèmeètreavaulageux, si la muqueuse palpébrale est boursouflée.
Tout récemment, M. Furnari a fait, sur le meilleur mode de blépharoplastie par la fusion temporaire des paupières, des recherches qui le portent à considérer cette méthode comme préférable à toutes les autres. « Dans cette méthode, dit-il, on diminue d'autant plus les chances de rétraction cicatricielle, que les attaches provisoires sont plus nombreuses; aussi, au lieu de réunir les surfaces cutanées par deux ou trois petites portions de peau, qu'on soude dans de petites plaies produites artificiellement sur le lambeau correspon-