TR1CHIÀSIS ET ENTU0P10N OU RENVERSEMENT DES PAUPIÈRES EN DEDANS
cils à détruire entre deux longues incisions verticales qui divergent un peu en haut (fîg. 9); puis, après avoir réséqué une partie (tig. 10) du lambeau cutané compris entre ces incisions, je l'attire en bas de manière à le faire excéder d'une demi-ligne environ le bord libre de la paupière, et je l'y attache par deux points de suture (fig. 1 1). En général, après 24 heures, les sutures étant enlevées, on trouve la perte de substance remplie par la peau ainsi glissée, de sorte qu'il ne reste aucun raccourcissement de la lèvre externe.
» II. Pour renverser impunément d'une manière permanente le bord de la paupière supérieure dans le cas de trichiasis général, on a trois indications à remplir, savoir: 1° La peau palpébrale doit être tendue d'une manière forte et durable ; 2° La tension doit se borner à la paupière et ne pas intéresser les parties environnantes ; 5° La tension doit partir d'un point solide situé dans la paupière elle-même.
» Premier temps : incision de la peau. — La paupière étant tendue sur une plaque d'ivoire, je pratique sur elle, avec un bistouri convexe, une incision parallèle au bord palpébral et à une distance de trois millimètres à peu près de ce bord : celte incision ne doit intéresser que la couche cutanée. Si la peau est trop abondante, au lieu d'une simple incision, je fais avec les ciseaux l'excision d'un pli transversal.
» Deuxième temps : excision des faisceaux musculaires. — L'aide tirant fortement en haut la lèvre supérieure de la plaie, de manière à mettre à nu le muscle orbiculaire, je saisis avec une pince les faisceaux de ce muscle qui recouvrent le segment supérieur du cartilage tarse, et je les excise avec les ciseaux, après les avoir soigneusement disséqués. Le tarse n'est plus alors recouvert, à la hauteur de celte seconde plaie, que par du tissu cellulaire et par une couche fibreuse qui provient à la fois de l'expansion aponévrotique du releveur de la paupière et du ligament large.
» Troisième temps : suture. — Je passe trois ou quatre fils à suture, d'abord par le bord inférieur de la plaie cutanée, puis à travers la couche fibro-cclluleuse qui recouvre la portion dénudée du cartilage, et je forme des nœuds séparément avec chacun de ces fils. (Fig. 12.) Ceux-ci peuvent èlre laissés à demeure jusqu'à ce qu'ils soient éliminés par la nature.
» Voici les résultais de celte opération: Sur la portion du tarse qui a été mise à nu se forme une cicatrice solide qui réunit le carti-
(Fig.If.)
°Z MALADIES DU SOURCIL ET DES PAUPIÈRES
lage au bord de la plaie cutanée. La portion supérieure de la peau, qui, du reste, ne larde pas à se réunir avec la plaie dans laquelle la suture ne Ta pas comprise, reste abondante et forme encore des plis pendant le clignement; tandis que la bandelette inférieure, attachée en haut au cartilage et soulevée par les faisceaux épargnés de For-
biculaire, qui font ici l'office d'une poulie, est tendue fortement et renverse d'une manière permanente le bord palpébraL La récidive ne peut avoir lieu que lorsque la bandelette cutanée est trop large pour exercer sur la portion de la paupière qu'elle embrasse une tension suffisante; or, il est évident que, dans ces cas, on tia qu'à en exciser plus lard un pelit pli transversal pour éloigner définitivement toute chance de récidive.
y> Cette méthode présente les avantages suivants :
» 1° La tension n'intéressant que la peau palpébrale, on peut opérer avec succès, lors même que le globe oculaire est profondément enfoncé dans l'orbite. » 2° Comme elle n'exige pas la moindre perte de substance de la peau, elle peut être appliquée non-seulement aux paupières les plus étroites, mais aussi à celles qui, ayant été mal opérées d'après la méthode ordinaire, ont subi la perle d'une grande partie de la peau, et où une nouvelle excision amènerait infailliblement le lagophthalmos. 3° Elle est efficace même dans les cas les plus graves, et dès lors, dispense le chirurgien de l'amputation totale du bord de la paupière, qui, de quelque façon qu'on s'y prenne, est pourlemoins une mauvaise opération, que Himly appelait opprobrium artis.
» Dans quelques cas moins graves, on peut opérer d'une manière beaucoup plus simple. Après avoir excisé un pli cutané transversal immédiatement au-dessus du bord palpébral, on excise quelques-uns des faisceaux musculaires sous-jacenls, et on laisse la plaie se cicatriser par suppuration ; quelquefois même on touche le fond de cetle plaie avec un crayon de nitrate d'argent. Il se forme ainsi une cicatrice solide et profonde qui renverse suffisamment le bord de la paupière.»
Le procédé de M. Anagnostakis nous a rendu les plus grands services, dans les cas moyens d'entropion ou de trichiasis, dans ceux où le renversement est modéré et où le cartilage larse n'a pas subi d'incurvation manifeste. Pour l'appliquer avec facilité et, on peut le dire, avec coquetterie, il faut s'aider de la pince que M. Warlomont a fait construire à celle intention (fig. 15), sur le modèle de celle de M. Desmarres, et qui a pour objet d'empêcher l'abord du sang, pendant toute la durée de l'opéralion, qui se fait ainsi sans au-