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TRICHIASIS ET ENTR0PI0N OU RENVERSEMENT DES PAUPIÈRES EN DEDANS

libre de la paupière, il en résulte que la portion marginale de l'orbiculaire se trouve isolée et englobée dans la cicatrice, ce qui détruit -son action anormale.

» Ce qui caractérise surtout cette opération, c'est que Ton conserve les cils et qu'on les oblige à prendre une direction convenable; le point le plus important, c'est l'incision du cartilage tarse, qui, à l'état • normal, donne à la paupière la forme qu'elle a, ce qui m'a fait penser i que sa forme doit avoir éprouvé un changement, lorsqu'il a subi une i distorsion telle, que les cils viennent compromettre l'œil qu'ils ont 1 mission de protéger.

» Précautions à prendre en opérant. — Il ne faut serrer les pinices à anneaux qu'au degré nécessaire pour interrompre la circulation, :sans quoi l'on verrait survenir une bouffissure après la cessation de I l'écoulement du sang. Dans quelques cas d'enlropion simple, il faut i manier le scalpel légèrement en pratiquant l'évidement, afin de ne pas inciser les canaux des follicules de Méïbomius, ni traverser la pau- ; pière de part en part.

» Variations à faire subir à V opération. — La première incision doit être faite près du bord libre de la paupière, mais point assez pour diviser les bulbes des cils ; la dislance à laquelle peuvent se trouver ceux-ci, dans les diverses affections qui exigent l'opération, varie beaucoup; néanmoins la largeur de la portion de peau à laisser au voisinage des bulbes doit être calculée d'après l'état de la peau du bord de la paupière : ainsi, lorsqu'elle est épaisse, on peut donner à cette peau une ligne de largeur, mais on doit en laisser beaucoup moins lorsque la paupière est mince. La seconde incision mesure l'étendue de la portion de la peau à enlever; lorsqu'il y a épaississement, cette étendue doit être plus considérable, afin de dénuder une portion proportionnelle du cartilage. Le point le plus important est la détermination de la portion de cartilage à retrancher. Les i dimensions extérieures de celle-ci doivent être proportionnées à l'épaisseur du cartilage : plus celui-ci est épais, plus le sillon doit i être profond.

n Cas pour lesquels l'opération ne convient pas. — L'évidement i du fibro-cartilage convient pour les cas ordinaires d'entropion et de trichiasis, dans lesquels les cils ont conservé leur forme naturelle, de sorte qu'il y a intérêt à les ménager; mais il ne convient plus lorsque les cils sont déformés, leur perte étant alors de peu d'importance; si, en pareil cas, on rectifiait leur position, ils ne rempliraient plus aucun des usages auxquels la nature les destinait; s'ils sont fins, incolores et enroulés, la guérison de la maladie exige l'exlir- | pation de ces faux cils. Je pense aussi que celle opération n'est point applicable lorsque la direction des cils est normale, à part trois ou quatre, qui sont déviés en dedans; on peut avoir recours à l'évidement

MALADIES DU SOUttCIL ET DES PAUPIÈRES.

pour un enlropion ou un Irichiasis partiel, mais non pour la déviation de deux ou trois cils seulement. Chez un de mes malades, tous les cils étaient déviés en dedans, mais il n'y en avait qu'un petit nombre qui se trouvassent en contact avec l'œil; je pratiquai un étroit sillon dans toute la longueur du cartilage, et je plaçai une suture sur le point du bord libre de la paupière qui exigeait un plus grand renversement en dehors; le résultat fut satisfaisant, tous les cils furent entraînés en dehors, et il resta une encochure dans le point du bord libre où la suture avait été placée. Il serait irrationnel de recou- I; rir à l'opération lorsque l'enlropion est dû à une tumeur des pau- 1, pières; je crois qu'elle ne convient pas non plus lorsque le Irichiasis h est la conséquence d'une cicatrice irrégulière, à la suite de l'ablation de quelqu'une de ces tumeurs; d'un séquestre, de plaies, de brù- h lures, etc. L'évidement du fibro-carlilage convient surtout dans l'en- r tropion chronique confirmé, ou le Irichiasis avec épaississement du L bord de la paupière. Il n'exclut pas les autres procédés opératoires; |j dans l'entropion sénile et dans quelques autres cas, l'ablation d'un y pli de la peau et d'une portion du muscle peut suffire; en tout cas, on peut ensuite recourir à mon procédé et attaquer le tarse, si la première opération n'a pas suffi. »

5. Procédé de M M. Williams et Pagenstccher (1). — Le procédé recommandé par M. Williams (de Cincinnati) n'est, comme il a eu soin de le dire lui-même, que la méthode par ligature, imaginée par M. Gaillard, de Poitiers (v. t.I,p. 315), avec cette différence qu'avant d'appliquer les ligatures (il en met ordinairement plusieurs), il divise I l'angle externe des paupières horizontalement avec un bistouri en évitant d'inciser la conjonctive. L'incision horizontale est convertie I en une verticale par un aide, qui tire la peau en haut et en bas, des deux côtés de la plaie, et la peau de l'extrémité externe de l'incision est unie à la conjonctive par un point de suture.

M. Pagenstecher décrit son procédé comme il suit: «Nous fendons la commissure externe des paupières dans toute son épaisseur, dans la direction du soi-disant ligament palpébral externe. Cette plaie, qui comprend la conjonctive, a en dedans l'étendue de 4 à 6 millimètres, en dehors celle de 6 à 8. En faisant subir aux lèvres de la plaie horizontale une traction modérée, on parvient à la transformer en une plaie verticale, et il est alors bien facile de réunir les bords correspondants de celte plaie, de manière à mettre la muqueuse en rapport direct avec la peau, et de rendre ainsi impossible, par l'interposition de la conjonctive, une réunion des lèvres de la plaie.

» En procédant de celle façon, on parvient : 1° A allonger la fente

(1) Compte rendu du Congrès d'ophlhalmologie de Paris. 1862, pp. 140 el M.

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