TIUCH1AS1S ET ENTROPION OU RENVERSEMENT DES PAUPIÈRES EN DEDANS
: palpébrale de 2 à 4 millimètres; 2° A produire un ectropion modéré occupant un espace de 2 à 4 millimètres; 3° Par l'interposition de lia muqueuse entre les fibres du muscle orbiculaire, on diminue ! l'énergie de ce muscle, surtout quant à la partie interne de ce dernier.
» Il est facile de se convaincre que, detoute manière, nous combattions ainsi l'influence nuisible que la paupière malade exerçait sur le ;globe. Sur ces paupières, légèrement renversées en dehors, nous plaçons les ligatures, en ayant soin toutefois de les introduire en regard ides points où la direction des cils est la plus vicieuse. On soulève navec une pince à béquilles la peau de la paupière, qui est devenue ] plus lâche, de manière à avoir, dans un pli parallèle au bord palpé- Ibral, un grand nombre de fibres du muscle orbiculaire. Une aiguille imunie d'un fil bien ciré est enfoncée à la base de ce pli. Introduite [parle bord orbiculaire, on la fait glisser tout près du tarse, et on la f fait sortir en dehors des orifices des glandes de Méïbomius. Le fil est .alors fortement serré, et on le laisse s'éliminer par la suppuration, ce i qui a lieu dans l'espace de six à dix jours. Dans la plupart des cas, vi2 ou o ligatures suffisent pour faire dévier le bord de la paupière : ;aussi peut-on se rendre compte d'avance de l'effet que produira chaique ligature en soutenant le pli qu'elle doit traverser.
» Voici les avantages obtenus par ce procédé opératoire : 1° La [pression que la paupière exerce sur le globe est diminuée par l'élargissement de la fente palpébrale et l'affaiblissement que subit la partie linterne du muscle orbiculaire; 2° On remédie au frottement des cils i contre la cornée; 5° On conserve les cils et l'on en favorise la croissance normale. Ainsi, cette opération a même un avantage au point de vue plastique, car les cicatrices produites par les ligatures disparaissent ) presque complètement après quelque temps. Notre procédé, en écartant des inconvénients que d'autres manières d'opérer nous ont montrés, i réunit un certain nombre d'avantages que l'expérience a bien prouwés. Comme nous avons eu l'occasion de le dire, il a été imaginé [principalement pour combattre les suites de l'ophthalmie granuleuse; i mais, dans les derniers temps, nous l'avons même exécuté dans des :cas où la maladie n'était pas encore venue à son terme, où nous supposions une tendance à des r'echules, que devait amener l'irritation ià laquelle la conjonctive bulbaire était exposée par le frottement des paupières malades. Nous avons eu la satisfaction de voir, après celle "opération, les granulations céder à un traitement légèrement astringent et des plus simples. La tendance aux récidives, à une poussée • nouvelle de granulations, avait disparu. »
4. Procédé de M. Snellen (I). — Dans les cas d'cntropion de la
(1) Id., p. 236.
MALADIES DU SOURCIL ET DES PAUPIÈRES
paupière supérieure qui ne sonl pas très développés, l'auteur se borne à sa suture, dont il dit obtenir des résultats très avantageux. « Nous nous servons, dit-il, d'un iil muni de deux aiguilles, et nous les passons de l'intérieur à l'extérieur, à travers toute l'épaisseur de la paupière, en faisant en sorte que l'une d'elles traverse le tarse vers son bord supérieur, et que l'autre passe un peu au-dessus de ce bord. Ensuite, ces mêmes aiguilles sont conduites, en repassant par leur ouverture de sortie, le long de la face externe du tarse, entre celui-ci et la couche musculaire, pour venir sortir dans le bord ciliaire, l'une à côté de l'autre, à une dislance de deux millimètres environ. On parvient facilement à faire parcourir celte direction aux aiguilles courbes en renversant fortement la paupière. Le bord supérieur du tarse se trouve ainsi entouré d'une anse, et en liant alors extérieurement le fil au bord ciliaire, ce dernier est attiré vers le haut.
11 y a deux choses à observer dans l'application de la ligature : la première, qu'on ait soin de perforer la conjonctive à un point assez élevé pour qu'il y ait entre l'endroit où elle a été traversée par l'aiguille et le bord libre de la paupière, une portion aussi étendue que possible de celte muqueuse. Et ceci s'obtient naturellement en renversant fortement la paupière. En second lieu, le fil ne doit pas venir à jour au-dessous du bord ciliaire, car la petite plaie, qui sera ensuite cicatrice, pourrait occasionner plus tard delà difformité dans la rangée ciliaire de cet endroit. Nous enlevons généralement le 0 1 après trois jours. Il y a à veiller à ce que ce dernier soit retiré dans son intégrité. Dans un cas où, par négligence, un pelit bout de fil était resté engagé dans le tarse, il se produisit une suppuration de très longue durée, qui ne fut tarie que lorsque, les trajets listuleux qui s'étaient formés étant mis à nu, le bout de fil fut tlécouvert et extrait.
S. Dans le trichiasis partiel, où de simples cils seulement sont renversés en dedans, nous avons essayé de leur rendre leur direction normale par redressement (repositio ciliorum, remplacement). Nous y avons parfaitement réussi, au moyen d'une aiguille très fine dont le chas était traversé par les deux bouts du fil, qui formait ainsi une anse. Celle aiguille, poussée à travers le bord palpébral, immédia- 1 tement au-dessus de l'insertion du cil dévié, doit venir sortir par le ! bord ciliaire normal, tandis que le cil est saisi par l'anse. Ceci | s'obtient facilement à l'aide d'une pince qui, passant par l'anse, a d'abord été saisir ce cil. En attirant alors lentement le fil, le cil emprisonné se dégage et vient figurer extérieurement. Ce replacement des cils paraît, en effet, devoir être préféré de beaucoup à leur arrachement (avulsio ciliorum), parce que le cil arraché repullule ordinairement.