‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 132 sur 251 · III. XIII · texte numérisé non relu

III. XIII

MALADIES DE LA CAPSULE DE L'OEIL

n'indique qu'une hypérémie des veines de la réline, plus ondulées et plus volumineuses qu'à l'élat normal. La maladie est plus grave chez l'homme et s'y développe à un âge plus avancé que chez la femme. Le symptôme le plus opiniâtre est ordinairement l'altération qu'a subie l'action du cœur. Dans les neuf cas, signalés par M. Praël (1), il n'y a eu de trouble de la vision, au début de la maladie, que chez un seul sujet; l'affection a atteint tantôt les deux yeux, tantôt l'œil droit seul, mais pas l'œil gauche isolément. Dans deux cas, il n'y avait ni affection du cœur, ni goitre, mais une anémie bien prononcée. L'hypertrophie du corps thyroïde existait dans tous les autres cas; elle était compliquée d'affection organique du cœur dans quatre d'entre eux. Un seul malade appartenait au sexe masculin. Au fond de toutes les affections réunies, se trouvait une hydrohémie provenant de causes diverses. Chez une jeune fille, cette affection succéda à la guérison de la chorée. On a cité des cas, rares à la vérité, où la maladie avait débuté après une blessure de la téle : le plus souvent, elle succède à des émotions vives, des chagrins ou de longues privations.

6. En général, la maladie affecte une marche aiguë, avec paroxysmes fréquents, et dure de quelques mois à deux années : la forme chronique est plus rare et succède quelquefois à la forme franchement aiguë ; elle offre aussi des paroxysmes, mais ils sont moins violents et moins pénibles.

7. M. Trousseau considère le goitre exophthalmique comme une maladie spéciale, due peut-être à une excitation du grand sympathique, une névrose en un mot. Pour M. Beau, il est dû à un état cachectique, pour ainsi dire radical, dans la constitution de la malade (2); à une chloro-anémie, dans le développement de laquelle les causes morales joueraient un grand rôle. Enfin, M. Bouillaud (3) prétend que la maladie dite « goitre exophthalmique » ne saurait être considérée comme une entité spéciale, puisqu'elle n'est, pour lui, qu'une réunion de deux éléments morbides, le goitre et l'exophlhalmos, qui ne reconnaissent aucune cause spécifique.

8. Tous les auteurs s'accordent à reconnaître que les moyens hygiéniques, les voyages, les distractions, les bains de mer et surtout l'hydrothérapie doivent faire le fond du traitement. M. Trousseau a constaté que les préparations ferrugineuses et les toniques amers, non-seulement ne donnent pas de résultats satisfaisants, mais ont eu plusieurs fois pour effet d'accélérer les battements du cœur. L'iode a semblé, ajoute-l-il, exaspérer chacun des symptômes et déterminer des paroxysmes. Les préparations de digitale ont, au

(1) Archiv fur Ophtli. 1857, B. III, AbUÏ. 2, S. 199.

(2) Loc. cit.

(3) Ici.

EXOPHTIIALMOS OU HERNIE DE i/OEIL.

^■contraire, produit des effets très satisfaisants, mais c'est à la condition que l'on ait rétabli la fonction menstruelle. Les applications | dde glace sur le goitre contribuent puissamment à diminuer la luméffaclion du corps thyroïde.

M. de Graefe recommande l'emploi du fer, mais seulement au début de l'affection, quand la fréquence du pouls n'est pas trop grande; limais, comme M. Trousseau, il le trouve contre-indiqué quand la maladie est arrivée à un haut degré. Dans ce dernier cas, dit-il, tous les médicaments semblent être plus nuisibles qu'utiles : l'air pur, il'emploi du laitage, surtout du petit-lait, procurent seuls alors quelque soulagement aux malades.

La compression du bulbe est utile, pourvu que les paupières puisssent encore se fermer et que la compression ne soit pas trop forte. [L'électricité rend parfois l'occlusion palpébrale plus facile, ce qui est uun avantage. La tarsoraphie constitue pour M. de Graefe le meilleur nnoyen contre l'exophlhalmos, ou plutôt contre la désorganisation ride, la cornée, qui est toujours à redouter : elle doit être faite sur une ccertaine étendue pour être efficace; ainsi, l'on ne craindra pas de rréunir les paupières à leur angle externe, dans une étendue de trois, quatre à cinq lignes, d'après le degré de l'exorbitisme (1).

L'application du courant électrique au sympathique cervical a été rrecommandée (2). M. Willebrand (3) dit avoir retiré des avantages du seigle ergoté, à la dose de dix grains, quatre fois par jour. Il pense que ce médicament a la propriété de faire rétracter le cœur et les vvaisseaux jusqu'à leur rendre leur capacité normale (4).

Obs. 73 (5). — Une jeune dame, âgée de 25 ans, me consulta, le 5 octobre 1857, pour

uune proéminence des yeux avec augmentation de la thyroïde. L'exophtlialmos existait depuis deux ans. Six semaines avant qu'elle vint me consulter, la vue s'était affaiblie au

ppoint qu'elle ne pouvait plus lire. Les pupilles se dilataient complètement à l'obscurité.

limage renversée distincte. Règles absentes depuis deux mois. Elle avait employé le fer, l'huile de morue, etc. Je prescrivis le sirop d'iodure de fer à l'intérieur et des frictions sur la région thyroïdienne avec la pommade iodurée. Je n'entendis plus parler de cette

omalade jusqu'au 25 août 1861, époque à laquelle son frère vint me consulter pour une amaurose avec atrophie du nerf optique. 11 m'apprit que sa sœur avait récupéré sa santé et ses forces à un établissement d'hydrothérapie, et qu'elle avait regagné la faculté de lire.

Obs. 74 (6). — Homme brun, yeux bleus, âgé de 50 ans, marié, sans enfants, domes-

(1) De Graefe. Archiv fur Oplilh. 1857, B. III, Ablh. 2, S. 305.

(2) Brilish Mcd. Journ. 1864, Sept. 17, p. 34.

(5) Archiv fur Oplilh. 1858, B. IV, Ablh. I, S. 345.

(4) Voir aussi : Becbie. Contributions to practical Mcdicinc. Edinburgh 1862. p. 116. — Ciuncot. Brit. Med. Journ. 1862, Ocl. 11, p. 597.— Autopsies par Basedow et autres (Edinb. Mcd. . Journ. 18:H), p. 1127). — Witiiusen. Dublin Mcd. Press, 18K), July 6, p. 1.— Latcock. Edinb. Mcd. Journ. 1863, Fcb. pp. 681-760 et Med. Times and Gaz. 1861. Sept. 24, p. ,"23. — PAnnv. Recueils inédits, t. Il, p. 12ii. — W'AnnunTON Becbie. Edinb. Med. Journ. 1865, Scpl. p. 198. - Fietcher. Brit. Mcd. Journ. i 8G*>, Moy, 2o, p. 529. — Handfield Jones. Oplilh. Rcvicw,

(5) Mackenzie. Inédite.

(6) Praèl. Archiv fur Oplilh. 1857. B. III, Abth. 2, S. 199.

MALADIES DE LA CAPSLLE DE i/oEIL.

tique, atleint, depuis sa vingtième année, de palpitations. Pendant la convalescence d'une fièvre muqueuse, survint une saillie remarquable de l'œil droit, accompagnée d'une augmentation d'intensité des battements du cœur et de développement du corps thyroïde. La saillie de l'œil ne restait pas constamment la même, elle semblait être en rapport avec l'étal général de la santé. En décembre 1849, le malade maigrit; il se plaignit souvent de douleurs rhumatismales à l'œil et à la joue : il fut atteint, sur ces entrefaites, d'une bronchite catarrhale, pendant le cours de laquelle l'œil droit fut plus proéminent que jamais; l'œil gauche devint saillant à son tour, au point de ne plus pouvoir se fermer. Trois semaines avant la mort, la cornée de l'œil droit s'infiltra, à la suite d'une saignée que le malade avait demandée contre l'avis de son médecin. Au lieu de s'ulcérer et de se perforer, la cornée infiltrée se raccornilel devint sèche ; ce phénomène fut accompagné d'une sécrétion conjonctivale caséiforme, d'un gris jaunâtre. Les mêmes phénomènes survinrent à l'œil gauche ; le malade avait perdu complètement la vue quelques jours avant sa morl. — Autopsie. Hypertrophie du corps thyroïde s'étendanl jusque dans la cavité thoracique : le lobe droit enveloppait la trachée et présentait une dégénérescence cartilagineuse. Le thorax était aplati, surtout à sa région inférieure gauche. Hypertrophie du cœur gauche, transformation de la valvule bicuspideen un anneau résistant par dégénérescence alhéromaleuse. L'aorte était considérablement rélrécie, depuis son origine jusqu'à sa portion descendante, par suite de la même dégénérescence. L'intérieur des yeux ne présentait pas d'altérations : leur volume avait diminué, et la cornée ainsi que la sclérotique étaient raccornies, sèches. L'encéphale était ramolli en plusieurs endroits; son développement était au-dessous du développement normal.

Obs. 75 (1). — La malade a soixante ans, et c'est depuis 1856 qu'elle est atteinte de l'affection qui l'a conduite à l'Hôtel-Dieu, et dont les débuts ont été remarquables par leur soudaineté. Son père, qui paraît avoir été sujet à des accès d'épilepsie, étant mort subitement au milieu de la nuit dans une attaque convulsive, c'est dans celle nuit même que les yeux de celle femme se gonflèrent, que son corps thyroïde augmenta trèsnotablement de volume et devint le siège de battements insolites. En même temps survinrent des palpitations extrêmement pénibles, et comme conséquence immédiate de ces troubles circulatoires, des épislaxis qui persistèrent toute la nuit.

En 18S7, la malade était en Afrique, où le goîlre disparut avec une rapidilé qui surprit les médecins de l'hôpital où elle était entrée. Des fièvres paludéennes qu'elle contracta à cette époque lui donnèrent la teinte cachectique qu'elle a gardée depuis. Les palpitations et l'exophthalmos ont persisté et persistent encore. Il survint, dès les premiers jours de son arrivée à Alger, de l'œdème des membres inférieurs et de l'ascite. Celle hydropisie disparut après quelques jours, seulement de durée, et ne se reproduisit que quatre ans après. Celte année, la malade a eu encore, à quatre reprises, de Phydropisie, qui toujours n'a eu qu'une durée d'une remarquable brièveté. Peut-être n'est-il pas indifférent d'ajouler qu'au mois de janvier 1863, elle a eu lous les accidents de l'angine de poitrine, qui durèrent pendant quelques heures.

Au moment de l'entrée de la malade à l'hôpital, le cœur, mesuré par M. Peler, offrait treize centimètres dans son diamèlre longitudinal , el douze centimètres dans son diamètre transversal. L'impulsion de la pointe était énergique et se faisait sentir dans le sixième espace intercostal, à deux travers de doigt en dehors du mamelon. Les battements étaient tumultueux el présentaient une certaine irrégularité; mais on n'entendait aucun souffle dans aucun temps. Au cou, il n'y avait pas d'avantage de souffle vasculaire. Les battements artériels élaient plus énergiques au cou qu'à la radiale, et plus aussi au bras gauche qu'au bras droil. Celte espèce d'ataxie circulatoire nous paraît accuser manifestement l'atteinte porlée à certains groupes des nerfs vaso-moleurs, el l'accès d'angine de poitrine n'a peul-être été que l'expression exagérée des troubles de l'innervation cardiaque. Du reste, le tempérament nerveux de celle femme, qui s'est si bien manifesté dans la façon dont sont arrivés les premiers accidents, plaide aussi en faveur de l'idée d'une névrose, et il ne faut pas oublier non plus que le père de la malade avail la pire des névroses, l'épilepsie.

Pour beaucoup de médecins, l'élément nerveux ne se dessinerait pas seul dans les

(1) Trousseau. Gazette des Hôpitaux, 1865, p. 589.

EXOPIITHALMOS OU HERNIE DE i/OEIL.

antécédents pathologiques, car cette femme n'a été réglée qu'a vingt ans, et de quinze à vingt ans elle a été très-pâle et a éprouvé des palpitations; pâleur et palpitations ont cessé quand les règles ont paru. La chlorose intervient donc ici dans une certaine mesure ; mais, dans la chlorose, quelle est la part de la névrose, quelle est celle de l'aglobulie? Il ne nous paraît pas douteux que l'affection nerveuse, au moins primitivement, ne joue le rôle le plus important. Disons ici qu'aux accidents nerveux présentés par cette femme, il faut ajouter des névralgies des nerfs occipitaux et de la branche ophlhalmique de la cinquième paire. La nuit où les premiers symptômes de la cachexie exophthalmique se sont si rapidement développés, la malade avait ses règles, circonstance qui n'est pas indifférente, puisqu'elle devait amener une exagération momentanée de la susceptibilité nerveuse, et favoriser, dans une certaine limite, l'explosion des accidents. Depuis, ses règles se sont supprimées entièrement.

Pendant les premiers temps, les yeux ont été plus gros qu'ils ne l'étaient au moment du passage de la malade à l'Hôtel-Dieu. Ils l'étaient encore assez, même alors, pour que l'occlusion complète des paupières fût impossible. Aussi cette femme dormait-elle les yeux demi-ouverts. Elle n'a jamais eu toutefois la sensation de la sortie du globe de l'œil hors de l'orbite. Les paupières inférieures, au lieu d'être tangentes par leur bord supérieur à la cornée transparente, en sont éloignées de 4 millimètres, et le bord libre delà paupière supérieure, au lieu de cacher un segment de la cornée, en est distant de 2 millimètres. La vue est bonne, quoiqu'il y ait de la presbytie et non de la myopie, à laquelle on aurait pu s'attendre à cause de la convexité apparente des globes oculaires. Une lumière un peu vive détermine des éblouissemenls et comme une sorte d'ivresse. Dans la nuit de l'accident, la pholophobie était extrême; la lumière d'une bougie ne pouvait être supportée sans de très-violentes douleurs, et la vision même a été abolie un instant. Pendant toute l'année qui a suivi l'accident, la malade n'a pu ni lire ni coudre le soir.

Du côté des fonctions gastriques, le seul trouble a été de la boulimie, qui est survenue peu après le début de la maladie. Aujourd'hui la faim est encore assez prononcée et se fait sentir à des époques très-rapprochées. Pendant la première année, il y a eu de !a diarrhée et des selles décolorées. Le foie déborde un peu les côtfls. Lorsque la malade a quitté l'hôpital, où elle n'a été traitée que par la digitaline, les toniques, les gouttes amèresde Baumé, elle était un peu soulagée de ses battements de cœur, mais conservait son exophlbalmie.

Obs. 76 (1). — Jeune fille de vingt ans, présentant, avec un exophlhalmos très-prononcé et un goître volumineux, des battements violents du cœur et des artères du cou, des palpitations et de l'oppression. Fille d'une mère très-nerveuse, affectée elle-même pendant sept ans d'une maladie hyslériforme, avec suppression des règles, douée d'un tempérament lymphatique, cette jeune personne avait été bien portante jusqu'à l'âge de 12 ans, époque du premier établissement de ses règles, qui furent toujours assez peu abondantes et assez peu colorées. État de malaise depuis ce moment, syncopes fréquentes, petite toux sèche, éclatante; plus tard, respiration un peu courte, gêne dans la marche et pour monter les escaliers. Vers la lin de l'été de 1856, l'état de malaise augmente, la respiration devient plus fréquente et le pouls s'accélère. Au mois de novembre suivant, troubles nerveux, parole brève, tremblement dans les membres, faiblesse dans les membres inférieurs, irritabilité de caractère, et à très-peu de temps de là gonflement de la face et du cou, yeux saillants et hagards, palpitations plus fréquentes et plus répétées, malaise plus prononcé, oppression respiratoire. Considérés surtout comme chlorotiques, ces accidents sont traités sans succès par les préparations ferrugineuses et par un voyage dans les montagnes; l'iode ne réussit pas mieux.

Ce fut alors que M. Aran, appelé, reconnut chez celle jeune fille les signes de la maladie étrange décrite par Basedow, à savoir : un exophlhalmos double, avec conservation de la vue, le gonflement du corps thyroïde, des battements frémissants et visibles à l'œil dans les artères du cou et à la région cordiale, avec fréquence considérable du pouls, une respiration également précipitée, et de plus des signes plessimélriques et sléthoscopiques ne pouvant laisser aucun doute sur l'existence d'une dilatation avec hypertrophie du cœur, enfin les signes d'une chlorose.

(I) \n,\y. Bnlletifl dp l'Arml. i\c. Mi'mI i\o Pnris Ç/'.nnr>n Un l Ain «flp.n

MALADIES DE I,A CAPSULE DE L'OEIL

Application continuelle de glace sur la région précordiale, administration à doses croissantes de la vératrine et de la digitale jusqu'à intolérance, diminution dans la quantité des aliments et des boissons; plus tard, douches froides, et tous les moyens propres à congestionner l'utérus et à régulariser la fonction menstruelle; plus tard enfin, administration du perclilorure de fer à l'intérieur. Ce traitement fut suivi de la manière la plus scrupuleuse : pendant neuf mois, les applications de glace furent continuées sans interruption; pendant huit mois, la vératrine cl la digitale furent administrées' de temps en temps, et la malade prit un grand nombre de douches; pendant deux mois enfin, à partir du milieu de juin 1858, le perclilorure de fer fut administré sans interruption.

Sous l'influence de ce traitement, l'amélioration était déjà marquée en quelques jours ; la matilé précordiale avait diminué de 2 cent, dans tous les sens après huit jours : après deux mois surtout, l'amélioration générale était très-notable et la malité précordiale avait repris des proportions très-ordinaires : l'accélération des battements vasculaires ne disparut cependant qu'au mois de septembre, c'est-à-dire un ans après le commencement du traitement. Depuis ce moment, la guérison a pu être considérée comme définitive, toute trace de maladie ancienne a disparu, et il y a lieu de croire, après deux années écoulées sans accidents, que la maladie ne récidivera pas.

M. Aran termine son travail par les conclusions suivantes :

1° L'affection connue sous les noms de goitre exophthalmique, cachexie exophthalmique, maladie de Basedoiv, n'est essentiellement constituée ni par l'exophthalinos, ni par le gonflement du corps thyroïde, mais bien par un étal d'irritabilité du cœur et des artères du cou, auquel s'ajoute, dans un temps extrêmement rapproché, car il est impossible de préciser l'intervalle qui sépare la production de ces deux ordres de faits, une dilatation avec hypertrophie du cœur et des gros vaisseaux du cou.

2° Cette dilatation avec hypertrophie, non plus que l'augmentation d'irritabilité du système circulatoire qui paraît la régir, ne peut être considérée comme étant la base, le point de départ de la maladie.

3" Précédant ces symptômes ou coïncidant avec eux, il existe des troubles variés vers le système digestif, les appareils sécréteurs et le système nerveux, qui ne peuvent laisser aucun doute sur le lien commun qui les unit et qui les généralise ; ce lien paraît être un trouble du grand sympathique.

4° L'existence de ce trouble du grand sympathique est encore démontrée parle fait de la production de l'exophlhalmos qui, inexplicable par des dilatations vasculaires que l'anatomie pathologique n'a pas retrouvées, inexplicable également par l'hypothèse d'une hypertrophie du tissu cellulo-graisseux de l'orbite, hypothèse inconciliable elle-même avec la production rapide, dans certains cas, de ce phénomène, avec son absence dans d'autres, avec sa manifestation plus tranchée vers m œil que vers l'autre, s'explique au contraire très-bien par l'influence du grand sympathique, telle que l'ont montrée les belles recherches de M. Cl. Bernard, influence qui se traduit parla contraction du muscle orbitaire, que les recherches de Henri Millier ont montré exister chez l'homme connue chez les animaux, et dont l'action est bien certainement de porter le globe de l'œil en avant.

5° L'affection nerveuse appelée goitre exophthalmique, cachexie exophthalmique, etc., est une affection curable par un traitement suffisamment long et convenablement dirigé, ayant pour but à la fois de réveiller la conlraclilité des parois cardiaques el artérielles, de faire tomber l'irritabilité exagérée du cœur et des vaisseaux du cou, el de combattre l'état névropalbique général qui lui serl de base, en même temps que l'altération du sang lorsqu'elle existe. Parmi les moyens thérapeutiques, ceux sur lesquels on peut le plus compter sont les applications de glace sur la région du cou, l'administration a doses réfractées el croissantes de la digitale et de la vératrine, l'hydrothérapie, le séjour à la campagne, el, à une certaine époque de la maladie,, les préparations ferrugineuses, et plus particulièrement le perclilorure de fer.

TUMEURS SOLIDES DE L'INTÉRIEUR DE L'ORBITE

loi

Page 1