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CHAPITRE XII

LÉSIONS TRAUMATIQUES DU GLOBE DE l'OEIL.

(T. I, pp. b77-624.)

Depuis que l'ophlnalmoscope a permis de pénétrer le mystère d'une foule d'altérations de la vision , jusque-là considérées comme essentiellement fonctionnelles, on constate chaque jour que les prétendues amauroses, suite de violences extérieures, ne sont souvent autre chose que des hémorrhagies inlra-oculaires, des décollements ou des déchirures des membranes profondes et surtout de la rétine. Celte constatation, le plus souvent facile, donne au traitement une direction déterminée et au pronostic une précision bien précieuse dans la pratique.

Le repos de l'œil blessé constitue une des conditions essentielles du traitement des lésions traumatiques de cet organe : C'est une bonne pratique que celle qui consiste à maintenir l'occlusion palpébrale aux deux yeux, à l'aide d'une bandelette adhésive, et à les recouvrir d'une couche de coton cardé maintenue en place à l'aide d'une bande.

Les effets d'une blessure ne se manifestent pas immédiatement; le premier jour, et plusieurs même de ceux qui le suivent, il peut n'y avoir ni épanchement de lymphe, ni formation de pus ; l'un et l'autre ne se produisent que sous l'influence d'un travail inflammatoire qu'il faut combattre, si l'on n'a su le prévenir par un traitement antiphlogistique proportionné à la gravité des accidents ou à leur imminence. Le praticien qui se bornerait à conseiller le repos, sans se préoccuper des symptômes de réaction inflammatoire, compromettrait de la façon la plus grave la vue de son malade : la saignée et le mercure sont indiqués dans ces circonstances, non pas évidemment comme moyens propres à favoriser la cicatrisation des plaies de l'œil, mais pour faire tomber l'inflammation qui en est la conséquence; peut-être même le mercure aurait-il de la tendance à empêcher la réunion de ces blessures. L'emploi du froid, sous forme de glace contenue dans des sacs de caoutchouc, est un moyen de traitement très-utile dans les plaies de l'œil (1).

(I) Esmarcii. Sur l'emploi du froid dans la pratique chirurgicale (New Sydculinm Society V Publications, 1861, Vol. IX, p. 318. — Voir, sur les lésions traumatiques de l'œil: Wai.ton, Ued. Times and Gai. 1859, Mars 12, p. 262; White Coopkr, Ophlh. Hosp. Rcp. 18:>9-60, Vol. Il, p. 188.

LÉSIONS TIUUMATIQUES DU GLOBE DE l'oEIL.

Les contusions de l'œil peuvent s'accompagner de brûlures de ses diverses membranes, quand l'agent contondant est un corps en ignilion, comme un morceau de fer rouge, par exemple. M. Hutcbinson (1) rapporte le fait d'un ouvrier dans une fonderie, dans l'œil gauche duquel du fer fondu passé au rouge blanc avait été projeté; le bord inférieur de la cornée et les parties avoisinantes de la sclérotique avaient été atteints par le métal qui, en se refroidissant, s'était comme moulé sur la surface de l'œil et le bord de la paupière inférieure : il n'y eut pas de perforation et la vue ne fut pas perdue. Il faut s'attacher, dans ces cas, à diriger les adhérences si, ce qui est l'ordinaire, on ne peut les empêcher de se produire.

SECTION I"

LÉSIONS TRAUMATIQUES DE LA CORNÉE. (P. 577.) § I. Contusion de la cornée.

Il n'est pas rare qu'à la suite de contusions de la cornée par le choc de petits copeaux de fer ou de cuivre, qui n'en ont pas entamé le tissu, les accidents n'arrivent que tardivement. Il peut alors survenir une kératite ulcéreuse étendue, qui compromette la vision par la perte de transparence qu'elle fait subir à la cornée : l'inflammation peut s'étendre à la lame postérieure de cette membrane et même à l'iris. Il faut donc surveiller attentivement les malades qui ont eu à essuyer une contusion, fût-elle légère, de la cornée et, pour peu qu'il s'ensuive d'inflammation, leur conseiller de grandes précautions et leur défendre surtout l'exercice de l'œil sain.

§ II. Corps étrangers logés dans la cornée. (P. 578.)

Leur enlèvement immédiat est le meilleur moyen de faire tomber l'inflammation que leur présence provoque et, si l'on s'y prend bien, cet enlèvement se fait toujours le plus facilement du monde : le malade étant assis sur une chaise, en face du jour, la tète appuyée sur la poitrine d'un aide ou contre un meuble qui l'empêche de la reculer, on lui tient les paupières largement ouvertes au moyen du spéculum à ressort : cela fait, le chirurgien saisissant, au moyen d'une pince à griffes tenue de la main gauche, un large pli de la conjonctive dont il se sert pour fixer l'œil, enlève le corps étranger au moyen d'une forte aigûille à cataracte tenue de la main droite : toute cette manœuvre de-

(1) Oplilh. Hosp. Rcp. 18î)7-li9, Vol. I, p. 217.

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