REMÈDES CONTRE LES OPHTHALMIES. (P. 63S
1 . Émissions sanguines. — I. La sangsue artificielle de M. Heurteloup est une façon de ventouse à scarifications, dans laquelle une lame circulaire est chargée de ^ pratiquer une incision de même forme, d'où une^ pompe, dont le piston est mù par un pas de vis, fait sortir le sang. L'instrument se compose : \o d'une sorte de scarificateur (fig. 35) muni d'une petite lame D, sorte d'emporte-pièce A (fig. 36), mise en mouvement par le moyen d'une ficelle
(Fig. 35.) (Fig- 3G.) (Fig. 37.)
ou, d'après un perfectionnement récent, par un ressort analogue à celui qui fait mouvoir les lames des scarificateurs ordinaires ; 2° d'une pompe cylindrique de cristal (fig. 37).
(1) Archiv fur Ophthalm. i854-18;>5. D. I, Abth. i, S. 158.
(2) Id. 1860, B. VI, Abth. 2, S. 180.
(3) British M cil. .lourn. 1857, p. 981.
La sangsue de Heurleloup ne peut se poser que sur les parties pourvues de surfaces osseuses susceptibles de subir une pression assez forte; pour les maladies des yeux, le lieu deleclion est à la tempe ou aux apophyses mastoïdes, mais surtout à la tempe : avant de l'appliquer, il faut raser les cheveux sur une petite surface, afln que, plus tard, la cicatrice ne soit pas visible, puis procéder comme suit (1) : Après avoir fait saillir la petite lame D dans la coulisse du scarificateur, de 1 à 3 millimètres, selon l'épaisseur de la peau, on l'applique contre la tempe, et en tirant rapidement la ganse ou en faisant jouer le ressort qui fait tourner la coulisse , on pratique une incision circulaire très peu douloureuse, incision qui a à peu près 5 millimètres de diamètre. On se sera rendu compte de la direction des artères, afin de les éviter. La section faite, on applique le cylindre, qu'on aura eu soin de placer quelque temps à l'avance dans de l'eau tiède, pour faire gonfler le bouchon. De plus, on peut encore enduire la surface de ce dernier, qui doit être appliqué sur la petite plaie, d'une couche de savon; on rend ainsi son conlacl plus exact et l'on empêche plus sûrement l'entrée de l'air dans le cylindre. Les premiers temps du mouvement de la vis peuvent se suivre assez rapidement, jusqu'au moment où la peau fait saillie dans le cylindre. Une fois que le vide commence à se produire entre le bouchon et la peau, les tours ne doivent plus être faits que très lentement et à mesure que le vide produit est comblé par le sang. Alors surtout, il faut éviter de presser l'instrument contre la tempe; on doit le tenir légèrement entre les doigts, et même de temps en temps l'attirer un peu à soi, pour ne pas comprimer les vaisseaux. Une autre précaution à observer, est de ne faire jamais exécuter un second tour à la vis, avant d'avoir vu se remplir de sang le vide que le précédent mouvement avait produit. La bulle d'air qui surnage le sang contenu dans le cylindre doit toujours garder les mêmes dimensions et n'être que très petite. Souvent il faut beaucoup de patience pour parvenir à remplir un cylindre en entier, surtout si le malade a été effrayé par l'opération et que le sang afflue mal vers la petite plaie. Lorsqu'on a retiré la quantité voulue de sang (de 1 à 5 cylindres), on nettoie la plaie et l'on fait rentrer la petite hernie qui s'est produite à travers la plaie, à l'aide d'une légère pression avec le pouce. On doit recommander au malade de ne pas tirailler les cheveux qui, le lendemain, se sont collés sur la plaie, afin d'éviter de relarder la cicatrisation. La quantité de sang qu'on doit retirer chaque fois varie, selon les différents cas, de 50 à 100 grammes (c'est-à-dire de 1 à 5 cylindres).
M. de Graefe recommande de faire l'application le soir, et de tenir le sujet dans une demi-obscurité tout le jour suivant, pour faire dis-
(1) Wecketi. De la sangsue artificielle, etc. (Bulletin de thérapeutique, 18G2, p. 107, et Annules d'Oculistiquc, 18G2, t. XLVII, p. 13;).)