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OPACITÉS OU TACHES DE LA CORNÉE, NUAGES, ALBUGO, LEUCOMES. (P

On rencontre parfois une forme particulière d'albugo chez les sujets dont les paupières sécrètent une écume blanchâtre, symptôme que l'on a considéré comme arthritique : l'opacité forme alors une ligne qui coupe transversalement la cornée ; elle est sujette à s'ulcérer.

M. Donders a inventé, pour l'amélioration de la vision des personnes atteintes d'opacités des cornées, des lunettes qu'il a appelées sténopœïques (y. p. lxxyii).

Il est une forme de leucome, compliqué de synéchie antérieure, et faisant une saillie plus ou moins prononcée en avant (leucoma proeminens). Dans ces cas, le tiraillement que subit l'iris détermine une hypersécrétion des humeurs de l'œil et, consécutivement, l'excavation de la papille, la dilatation pupillaire, et une altération grave de la vision, signes ordinaires de l'exagération de la pression intra-oculaire. L'iridectomie est formellement indiquée dans ces circonstances (1).

SECTION VIII

AMCHYLOBLÉPHARON ET SYMBLÉPHARON. (P. 178.)

iMalgré les nombreux moyens chirurgicaux proposés contre ces étals, il est rare qu'on les voie disparaître complètement, même à la suite des opérations les mieux entendues. Dans un cas cependant où,

(1) De Gbaefe. Archiv fur Oplith. !8j8, B. IV. Ablh. 2, S. 1SG.

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à la suite d'une ophlhalmie calarrhale traitée par les cautérisations lunaires, des adhérences avaient oblitéré la partie inférieure des sinus des paupières inférieures, de manière à relier la paupièreà l'œil, près de la cornée, au moyen d'une mince membrane bleuâtre, M. Mackenzie réussit, en divisant simplement les adhérences morbides, d'abord à l'œil droit et quelques jours après au gauche, à amener un soulagement permanent, qui ne fut pas suivi de récidive. Les chances, à tout prendre, sont toujours meilleures quand la cornée n'est pas atteinte.

Quand l'adhérence ne forme qu'une bande étroite, on peut choisir entre plusieurs opérations. En règle générale, l'opération proposée par Wilde (t. II, p. 184) est la meilleure; mais quand l'adhérence est étendue, elle est insuffisante ou impossible. C'est à ces cas désespérés que convient l'opération de Blandin, que l'on trouvera décrite dans l'observation suivante.

Obs. 228 (1). — Un jeune garçon de 15 ans se présente à la consultation dans les circonstances suivantes: Il y a seize mois environ, il a eu les deux yeux attaqués par la chaux vive. A droite, le globe oculaire et la paupière sont réunis par une cicatrice dense et ferme, s'étendant à presque toute la longueur de la fente palpébrale, et reportant la cornéeen haut jusqu'au point de masquer presque toute la pupille, à l'exception d'une fente étroite. Chaque fois qu'il essayait de mouvoir cet œil, il éprouvait une sensation des plus désagréables de conslriclion et la vue était tellement affaiblie qu'il ne pouvait lire les plus gros caractères. A gauche, les suites de la lésion étaient si peu importantes, qu'aucune intervention chirurgicale n'était requise.

On disséqua avec soin, du côté droit, d'avec la cornée et la sclérotique, toute la cicatrice, jusqu'à ce que l'œil fût complètement libre, c'est-à-dire jusqu'au fond du sinus palpébral, de façon à pouvoir sentir avec le doigt le contour osseux de l'orbite. On se trouva ainsi avoir un large lambeau cicatriciel adhérant au bord larsal de la paupière. On le replia alors en dedans comme un ourlet, de sorte que sa surface unie, qui avait d'abord été externe, se trouva en contact avec la surface dénudée du globe oculaire, et la paupière pourvue d'une doublure jusqu'au fond du sinus palpébral. Le lambeau fut maintenu en place à l'aide de deux points de suture traversant toute l'épaisseur de la paupière et dont les fils furent noués du côté de la peau de la face. Une des sutures fut malheureusement détachée par le malade, qui n'en comprenait point l'importance; la seconde, enlevée le cinquième jour. Les trois quarts externes du lambeau avaient contracté des adhérences dans la nouvelle position, reconstituant un sinus de profondeur normale. Au côté interne, il y avait encore une bande élastique étroite entre la paupière et la parlie inférieure et interne de la cornée; toutefois, elle ne gênait pas les mouvements de l'œil. Une nouvelle tentative que l'on fit pour obtenir la disparition de cette bande échoua. L'opération détermina si peu d'irritation que le jeune opéré put retourner à son travail le lendemain du jour où l'on eut fait l'extraction du second fil. L'opacité qui recouvrait la cornée disparut, partie par l'effet immédiat de l'opération, parlie par absorption, dans une étendue telle que les trois quarts de la pupille correspondirent ;i une parlie transparente, cl que la vision redevint presque aussi bonne que de l'autre côté.

Obs. 229(2). — Chez C. N., âgé de 23 ans, les bords des paupières supérieure et inférieure adhéraient entre eux dans leurs deux tiers externes ; le tiers interne élail libre; par un violent effort, elles pouvaient être écartées dans ce point dans l'étendue d'un

(I) TAvi.on. Brit. Méd. Journ. 18;i7, Jun. 15, p. 498.

(•2) Hui-ke. Mcd. Times and Gnzetlp, 18G2, July 12, p. 53.

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huitième de ponce. A L'aide d'une sonde introduite p.'ir cette ouverture, on put s'assurer que, dans le lieu où elles adhéraient par leurs hords, les paupières étaient aussi fixées au globe oculaire; mais celle soudure était étroite et correspondait seulement à la fissure palpébrale, sans comprendre les sinus supérieur et inférieur de la conjonctive, qui étaient intacts. Le globe oculaire était fort affaissé, el la cornée remplacée par un tissu de cicatrice. Cedégât avait été produit par une fusée lancée dans les yeux quelques mois avant. M. Hulke incisa les paupières à l'aide d'un scalpel, le long de la cicatrice linéaire qui indiquait leur point de jonction ; il les sépara aussi l'une et l'autre d'avec le globe oculaire, rendant à la fente palpébrale son étendue normale ; puis, à l'aide de soie irès fine, il se mit à coudre la conjonctive palpébrale à la peau de la paupière en plusieurs points. On laissa, pour s'en occuper plus lard, une large bande de conjonctive qui se portait du côté externe de l'œil au canthus interne, el l'on introduisit entre les paupières un œil de verre, pour les maintenir écartées de l'œil. La peau et la conjonctive se réunirent, et la fissure palpébrale se trouvant rétablie, on sectionna l'espèce de frein qui aurait gêné les mouvements en dehors d'un œil artificiel ; la surface dénudée qui en résulta fui recouverte en empruntant par glissement deux lambeaux à la conjonctive bulbaire. Celte seconde opération réussit en grande partie, el lorsque la cicatrisation fut complète, on adapta un œil artificiel, qui suivit parfaitement tous les mouvements de l'œil gauche en haul, en bas, en dedans : les mouvements en dehors étaient moins étendus. Les paupières s'ouvraient aussi facilement que celles de l'œil gauche.

M. Pridgin Teale a imaginé, pour l'amélioration du symblépharon, un procédé qu'il appelle « par transplantation de la conjonctive » (1). L'auteur incise d'abord la paupière adhérente suivant une ligne qui correspond à la circonférence de la cornée (fig. 58 A). Puis il sépare la paupière incisée, en la disséquant, du globe oculaire jusqu'à ce que celui-ci se meuve aussi facilement qu'avant lit formation des adhérences. Ainsi, le sommet du symblépharon constitué par une portion de la peau de la paupière, a été laissé adhérent à la cornée A. Ce premier temps terminé, M. Pridgin Tealc forme deux lambeaux de conjonctive, l'un B aux dépens de la portion de conjonctive avoisinanl l'extrémité interne de la surface mise à nu D lors de la première incision, et le second C aux dépens de la conjonctive avoisinanl l'extrémité externe de la même surface. D'abord, à l'aide du couteau de Beer, il laille en dedans un lambeau de conjonctive large de près d'un quart de pouce, et long de près de deux tiers de pouce, avec sa base correspondant à la conjonctive saine, et limitant l'extrémité interne, de la surface dénudée dans le premier temps de l'opération, et son sommet dirigé vers le haut du globe oculaire. Ce lambeau est ensuite soigneusement disséqué jusqu'à ce qu'il devienne libre et

(I) Ophlhalinic llospilal Reports, 1800-1861, vol. III, p. 253, avec figures.

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puisse être porté sans grand tiraillement sur la brèche à combler; on a soin qu'il reste à sa base une suffisante épaisseur de tissu. Un semblable lambeau est ensuite taillé au côté externe. Les lambeaux ne doivent comprendre que la conjonctive, à l'exclusion du fascia sousconjonclival. 11 s'agit alors d'ajuster les lambeaux; l'interne est appliqué transversalement sur la surface dénudée de la paupière, et l'on fixe son sommet à la conjonctive saine du côté externe de la plaie primitive (fig. 59). Le lambeau externe est porté fcn travers de la surface dénudée du globe oculaire et son sommet fixé par un point de suture à la conjonctive située près de la base du lambeau interne. Les deux lambeaux s'entre-croisent ainsi dans la plaie. Ils sont maintenus en place par divers points de suture, et l'on incise vers leur base tous les points qui paraissent trop tendus. On rapproche aussi à l'aide de points de suture les plaies qui résultent delà formation des lambeaux.

Obs. 230 (t). — 1er août 1860. Joseph Jessop, 40 ans, a eu, il y a un an, l'œil droit brûlé dans une fonderie; il en est résulté un symblépharon. La partie moyenne de la paupière inférieure adhère à la cornée dans l'étendue d'un tiers de pouce, et cache le bord inférieur de la pupille. Les mouvements de l'oeil sont gênés au point que le sujet ne peut voir de côté sans tourner la tête; de plus, les larmes ne pouvant cheminer vers les points lacrymaux, il y a épiphora. — 7 août 1861. On pratique l'opération ci-dessus décrite.— 27 août 1861. Il est actuellement difficile de reconnaître l'œil qui a été opéré; tous ses mouvements sont libres. La bande de conjonctive transplantée est large de trois huitièmes de pouce, s'étend du bord libre de la paupière à la circonférence de la cornée, et se porte entre la paupière et le globe oculaire. L'épiphora a cessé. La portion de peau laissée sur la cornée est devenue transparente; on ne peut la découvrir qu'à une vive lumière. La vision est aussi beaucoup améliorée.

SECTION XII

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