‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 209 sur 251 · VERRES A CATARACTE · texte numérisé non relu

VERRES A CATARACTE

On m'a montré des verres à cataracte que l'on avait essayé de préparer suivant la méthode que M. Donders vient d'indiquer ici; mais ces verres ne m'ont point paru conve nit aussi bien que ceux constitués par deux moitiés, se réunissant suivant une ligne droite au niveau de leur coupure. Lorsque l'on creuse les deux moitiés de foyer différent sur un même morceau de verre, la jonction des deux demi-lentilles s'effectue suivant une ligne courbe, et lorsque l'œil passe de l'une à l'autre, il est beaucoup plus troublé que lorsqu'il n'a qu'à franchir une ligne droite, comme dans l'arrangement de deux demi-lentilles, suivant le procédé de Franklin.

12. La* position à donner aux verres des lunettes à cataracte doit différer un peu suivant qu'il s'agit du n° 4 1/2 ou du 2 1/2. En regardant un objet éloigné à travers des lunettes, la tête étant maintenue droite, les verres doivent avoir une position presque verticale; mais lorsque, tout en maintenant la tête droite, on veut lire dans un livre tenu, par exemple^ à douze pouces des yeux et à six pouces au-dessous de leur niveau, les verres doivent êlre inclinés en bas, de façon à ce que leurs axes soient perpendiculaires au plan du livre. Ce résultat peut s'obtenir, soit en donnant à la partie antérieure du cadre de la lunette une inclinaison permanente correspondant à celle des yeux dans l'action de lire, soit (comme dans les lunettes fabriquées par Sullon, de Sheffleld) au moyen d'une articulation qui permet à la partie antérieure du cadre de s'incliner au degré voulu, de sorte qu'on peut à volonté porter en avant le bord supérieur des verres et leur bord inférieur cii bas, tandis que les brandies de la lunette restent immobiles. La ligne d'inclinaison, ou les axes des verres, doivent former un angle de 30° avec la direction horizontale que prennent les yeux pour regarder au loin. Les verres à cataracte destinés à lire doivent toujours êlre placés dans un cadre présentant celte inclinaison.

13. Lorsqu'on regarde au loin, les axes optiques sont supposés parallèles; lors donc qu'on fait usage de lunettes, il faut que les deux verres soient dans le même plan transversal; lorsqu'on lit, au contraire, les yeux convergent, et les verres dont on fait alors usage doivent aussi converger, afin que l'axe de chacun d'eux se continue en ligne droite avec l'axe optique correspondant, de façon que, s'il était plongé en arrière, il vînt rencontrer le sommet de la rétine. Les verres à cataracte, destinés à permettre la lecture à la dislance de douze pouces, doivent être placés sur leur monture, de manière que leurs axes inclinés en dedans forment, l'un par rapport à l'autre, un angle de 12°.

14. Après avoir pourvu son malade de verres convenables, il faut le prémunir contre l'inconvénient des rayures., qui, à cause de la proéminence des surfaces, sont très disposées à se produire. Les- opérés qui quittent l'hôpital sont pourvus de deux paires de lunetles à foyers ordinaires, mais les étuis dans lesquels ils doivent les renfermer sont généralement si grossiers et si remplis d'aspérités à leur face interne, qu'au bout de quelques mois, les centres des verres sont rayés, à tel point qu'il ne peuvent presque plus rendre de service. Plutôt que de laisser ainsi traiter les lunettes, il vaut mieux conseillera l'opéré de se fabriquer un petit sac de drap ou de velours pour y placer ses lunettes, eléviter qu'elles ne se rayent. Les étuis de lunetles à cataracte que fabriquent les marchands ne devraient pas s'ouvrir par une des extrémités, mais bien dans toute leur longueur avec une charnière comme des tabatières ; de cette façon on pourrait y déposer les lunettes à plat, et l'on ne serait pas obligé de les enfoncer par l'une des extrémités, manière de faire qui ne tarde pas à gâter les verres, à moins que l'étui ne soit partout soigneusement doublé de velours (1).

(!) Mackenzie. FTinlson Calnraet-Glasscs, Londou, 186?»-

PUPILLE ARTIFICIELLE

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