‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 24 sur 251 · III. (j · texte numérisé non relu

III. (j

dant présenter des troubles fonctionnels, desquels n'altèrent point sa qualité d'emmétrope, tant qu'ils ne mettent point en question l'état de la réfraction fixe.

L'affaiblissement régulier et progressif de son pouvoir accommodatif, la diminution également progressive de l'acuité de la vision, de la transparence des milieux (images entoptiques et polyopie monoculaire), par les progrès de l'âge, sont autant de questions à étudier sous le litre de l'emmétropie.

Commençons par la plus saillante de ces lésions fonctionnelles fatales et prévues, la presbyopie.

§ I. Presbyopie. — Développement de la presbyopie. — Ses causes.

82. — La fonction qui, dans l'œil, témoigne la première de l'influence des -années sur son étendue, c'est l'accommodation. Cette étendue commence à diminuer dès le très jeune âge.

Les observations statistiques les plus scrupuleuses indiquent que, de 10 à 75 ans, le punctum proximum (p) suit une loi d'éloignement progressif, très rapide au début; ce que l'on n'imaginait pas avant les mesures relevées.

On en jugera par le tableau suivant :

TABLEAU PRÉSENTANT, EN NOMBRES RONDS, L'ÉLOIGNEMENT GRADUEL DU POINT p AVEC LES ANNÉES, D'APRÈS LA COURBE GÉOMÉTRIQUE RELEVÉE PAR M. DONDERS.

5 dixièmes de l'étendue accommodative.

5 dixièmes de l'étendue accomniodalive.

5 dixièmes de l'étendue accommodative.

2 dixièmes de l'étendue accommodative.

| 1 dixième.

[ 1 dixième.

Ce tableau est digne d'attention : on y remarquera qu'en prenant pour moyenne générale de l'étendue accommodative, celle dont jouit un sujet emmétrope de 20 ans, celle étendue totale embrasse l'espace compris entre 3 " 1/2 et L'infini.

Cette étendue correspond (voir la lable (45) ) à 60 unités de réfraction dynamique ou facultative.

D'après cela, divisant la table ci-dessus (voir les accolades) en espaces de 10 années, on remarque : 1» qu'à 10 ans, l'enfant possède 3/10 d'accommodation de plus que l'adulte (20 ans); en d'autres termes, que de 10 à 20 ans, l'homme perd 3/10 de son pouvoir a.ccommodatif normal.

2» Qu'il subit encore cette même déperdition de 3/10, entre 20 et 30 ans, de même encore entre 30 et 40 ; C'est-à-dire que, de 10 à 40 ans, l'homme perd 3/10 par chaque période décennale.

Age.

Distance du point/)

10 ans.

pouces.

OEll. EMMÉTROPE.

De 40 à 50, cette perte n'est plus que de deux dixièmes.

De 50 ù 60, de 1 seul dixième.

De 60 à 75 ou 80, du dernier dixième.

Il résulte encore de l'inspection de la courbe de M. Donders qu'à ce dernier âge (75 ans) et même quelquefois dès la 50e année, le punclum remotissimum (r) lui-même rétrograde quelque peu (d'un vingt-quatrième environ) ; l'œil est donc devenu quelque peu hypermétrope ; c'est {'hypermétropie acqtiise de M. Donders.

Si, clans son ensemble, cette altération fonctionnelle doit être rapportée à la diminution d'énergie du muscle ciliaire avec l'âge, il y a nécessairement une autre cause qui fait commencer d'aussi bonne heure que de 15 à 20 ans le recul du point p. Les muscles ne perdent point si jeunes leur énergie. Dans le recul du point p dès le jeune âge, il faut voir l'action d'un second facteur : l'augmentation de la densité du cristallin, particulièrement dans des couches corticales. M. Helmholtz a fait voir qu'une lentille de même forme que le cristallin et dont les couches corticales auraient la même densité que le noyau, aurait un foyer plus long que n'a le cristallin normal. Ajoutons qu'à un cristallin plus ferme doit correspondre, pour produire les mêmes changements de forme, dans l'accommodation, un développement de force musculaire plus énergique.

En voyant fuir également un peu le point r, on s'est demandé si la raison n'en était point que l'œil est primitivement hypermétrope? Mais le point r s'éloigne aussi un peu chez le myope, dans la vieillesse.

Celle diminution de réfraction propre de l'œil, dans la vieillesse, tient donc aussi à une autre cause que la seule déperdition de force accommodalrice. D'après la loi ci-dessus rappelée de M. Helmholtz, il y a lieu de penser que la sclérose progressive du cristallin y joue un rôle. Ajoutons, d'après les mesures relevées par MM. Donders, Knapp et autres, que cet organe s'aplatit un peu en vieillissant.

On a voulu voir dans la preshyopie un effet de l'aplatissement de la cornée : Mais la cornée ne change point de courbure. La lentille s'avance un peu dans la chambre antérieure avec l'iris ; et cela fait paraître la cornée plus aplatie. Mais ce fait aurait sur l'état de la réfraction de l'œil une influence opposée à celle qu'on avait attribuée à tort à une variation de courbure de la cornée, qui ne s'observe pas.

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