‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 3 sur 251 · DE L'ŒIL HUMAIN · texte numérisé non relu

DE L'ŒIL HUMAIN

Diamètre ou axe antero-postéricur 24ralI>

Le même, diminué de l'épaisseur de la sclérotique 25

Rayon de la sphère rétinienne 11.50

Rayon de courbure de la cornée 8

Dislance de la cornée a la face antérieure du cristallin .... 4

Epaisseur moyenne du cristallin 4

Rayon de courbure de sa face antérieure 10

— de sa face postérieure 6

Indice de réfraction de là cornée \

de l'humeur aqueuse [ 1.3i = — —

de l'humeur vitrée

moyen du cristallin 1.45

Longueur focale de la cornée dans le milieu d'indice 1.54, (G ?' de ln fig. m)

— à partir de sa surface antérieure 3 1 . 69

— à partir de la surface antérieure du cristallin (L <?') . . . . 27.69

Les nombres qui précèdent ( S, 6, 7 ) cl que nous avons empruntés à l'école Allemande, ont élé calculés au point de vue des seuls éléments physiques de la question, eu considérant les milieux transparents comme constitués, non par des corps homogènes, mais par des couches sphériques centrées homogènes. Les bases du calcul oui élé, dès lors, les seuls rayons de courbure des surfaces de séparation des milieux. Pour ces auteurs, le deuxième point nodal qui joue dans leurs théories le rôle de noire centre oplique, a donc été calculé d'après ces mêmes rayons de courbure. Nous avons donné, dans un autre travail (i), les motifs qui nous oui conduit à fixer sur d'autres données, des données physiologiques, la position de ce même centre optique, el, par suite, les constantes du système dioplriquc oculaire de l'œil schématique.

(1) Annales d'Oculislique. Juin 1864.

RÉFRACTION STATIQUE E7 RÉFRACTION DYNAMIQUE. VII

g III. Du centre optique.

g. — j\ous appelons centre optique de l'œil, comme de tout système dioplrique, le point géométrique où se coupent toutes les lignes droites menées d'un point quelconqne de l'objet à son homologue dans l'image.

Ce point existe nécessairement, puisque l'image est géométriquement semblable à l'objet : il y a donc un sommet commun à tous ces triangles; sans cela, les images des corps réguliers seraient déformées. (Voir le point o de la ligure r.)

Nous avons vu (1, 2) que les corps de la nature se peignent renversés sur la face postérieure de la réline; d'autre part, nous n'apprenons rien à personne en énonçant que nous les voyons droits et devant nous, hors de nous.

Notre sensation, et l'objet lui-même, son't ainsi renversés par rapport à l'image rétinienne. Si donc il existe un point commun où se coupent toutes les droites menées d'un point quelconque de l'objet à son image rétinienne, il est évident également qu'il existe un point semblable et unique où se coupent toutes les droites menées d'un point quelconque de l'image rétinienne au point correspondant de notre projection sensorielle.

9. — S'il y a dans l'œil un centre optique dioptrique ou de réfraction, il existe donc aussi dans l'appareil un centre optique physiologique. En d'autres termes, tous les points de l'image rétinienne sont projetés sensoriellemenl en dehors de nous, chacun sur une ligne droite, et toutes ces droites se coupent en un même point.

La rétinoscopie phospbénienne nous fait voir, d'autre part, que chaque élément nerveux rétinien sollicité, de dehors en dedans, par le loucher, a celte propriété de reporter, en dehors de notes, et même sur la normale a la surface au point louché, l'origine ou la cause de la sensation qu'il éprouve. (Serres d'Uzès.)

Cela posé, si nous considérons que, lorsque nous appelons à noire aide le loucher, ou bien lorsqu'au moyen d'un instrument directeur, nous lançons un projectile en un point déterminé d'un objet silué devant nous, nous ne commettons point d'erreur sur la direction réelle du point visé, pourvu que la dislance ne soit pas trop considérable, nous sommes conduits à reconnaître que la projection de notre image rétinienne coïncide avec l'objet lui-même.

10. — Il suit de là que le centre optique dioplrique coïncide avec le centre physiologique ou de projection sensorielle. En résumé :

11. — Chaque clément nerveux rétinien, sollicité par le sommet du cône intérieur de rayons réfractés partant en divergence d'un point lumineux extérieur, a la propriété de reporter en dehors de lui, de projeter à l'extérieur le point de départ de la sensation qu'il éprouve. Il la reporte, en direction, sur la normale à la surface au point sollicité, c'est-à-dire sur l'axe même du cône (ligne qui a reçu le nom de ligne de direction visuelle); enfin, toutes ces directions se coupent en un même point, qui est le centre de réfraction (optique) de l'appareil dioptrique.

Il est inutile, quand on a compris la porléc de cette proposition physiologique, de

DIOPTIUQL'E PHYSIOLOGIQUE.

se demander comment nous voyons droits les objets dont les images sont peintes renversées sur nos rétines.

L'image rétinienne est un effet, comme est aussi la sensation; ces deux effets sont distincts par leur nature : le premier est un fait physique, le second un fait physiologique. La physique dessine l'image; la physiologie voit non l'image, mais l'objet; la réline rapporte en effet la sensation qu'elle éprouve, non à sa propre surface, niais à une cause située en dehors du moi, sur la normale à celte surface. (Voir, pour plus de développements, noire Traité de la vision binoculaire, %% 54, 55, 56 et 95.)— Voir aussi !e ( 161 ) du présent travail.

Si le centre optique est en même temps le centre où se croisent toutes les projetions sensorielles rectilignes, la constance de la sensation de grandeur ou de dimension des ohjels visibles, pendant les mouvements de l'œil, doit nous faire penser que les images elles-mêmes de ces ohjels ne varient pas de grandeur pendant ces mouvements. Il est donc « à croire » que le centre optique ou de réfraction coïncide avec le centre de mouvement ou de rotation du globe.

Dans notre Mémoire sur la dioplrique oculaire {Ann. d'Ocul., juin 1864), nous avons en effet démontré, après Wolkmann et Vallée : 1° que le centre de croisement de ions les rayons non déviés, dans un œil de lapin albinos, était postérieur au cristallin et coïncidait avec le centre de rotation du globe, suspendu sur un fil vertical passant par ce même centre. (Voyez la fig. n, 1 et 1.)

2° Observant, au moyen de l'ophllialmoscope fixe, l'image très nette d'une flamme de lampe projetée par le miroir sur la choroïde, et dont les deux limites latérales coïncidaient avec deux divisions verticales d'un micromètre, nous avons constaté que, pendant le mouvement de l'œil observé d'un angle de l'orbite à l'autre, l'image de la flamme ne variait ni de grandeur, ni de netteté, ni de position par rapport à l'observateur.

Il résulte de ces deux expériences que:

12. — Le centre optique ou de réfraction de l'œil coïncide avec le centre de mouvement de l'organe, comme il coïncide avec le centre optique sensoriel. Cela posé :

15. — La longueur focale principale de l'appareil dioplrique,

comptée à partir de ce centre de croisement des rayons non déviés, est

exactement égale au demi-diamètre de la sphère sensible. Pour une

moyenne longueur de ce diamètre, estimée à 25 millim., la longueur

focale principale serait donc de lln,m50.

D'après cette vue nouvelle, une des formes les plus simples que l'on puisse adopter pour le schéma de l'œil est celle même de l'œil naturel, à savoir :

\i. Troisième œil schématique. — Une sphère de 25 millimètres BnnnB^^^HM de diamètre,

I son intérieur et sur sa face I antérieure, et séparant de l'air Wmk glQ un milieu d'un indice de réfracfiS S2âft& I """ double, c'est-à dire égal

Hflj La ligure v reproduit ce schéma-

|Q f c'est l'analogue de l'œil réduit de Listing. A et l> y sont censés à l'infini. F,g- v" Dans ce système, le centre optique

élrnl en même temps le cenlre du globe, les images au raient les dimensions mêmes qu'elles ont dans notre œil, et le glol e ocu aire, dans tous ses mouvements angulaires.

RÉFRACTION STATIQUE ET RÉFRACTION DYNAMIQUE

satisferait à toutes 1rs lois physiologiques. (Nous verrons seulement, plus loin, que l'accommodation n'y serait point représentée.)

\o. Quatrième œil schématique. — On aurait encore un schéma très simple en supposant tout l'appareil réfringent concentré au centre optique ou de figure du globe, et représenté par une lentille sphérique infiniment mince et ayant une longueur focale de 1lmmo0.

Dans un tel cas, les deux milieux situés en avant et en arrière de celle lentille seraient supposés avoir un indice de réfraction égal Fig. vi.

à t. La ligure vi représente cet œil schématique qui répondrait à toutes les nécessités physiologiques (1).

§ IV. De la correction physiologique de l'aberration de parallaxe oculaire,

ou accommodation.

L'œil, pouvant être assimilé ( -15 ), dans son résultat dioplrique, à une lentille collective, se trouve en présence de trois sortes d'aberrations ou défectuosités possibles, deux propres à cette sorte de lentilles, l 'aberration de courbure ou de sphéricité et l'aberration de chrômatisme ou de réfrangibilité ; la troisième, dépendant de sa construction même, et qui a reçu le nom d'aberration de parallaxe.

El d'abord, qu'enlend-on en optique physiologique par aberration de parallaxe?

Chacun sait qu'une image réelle étant formée par un objet au foyer d'une lentille collective, à mesure que l'objet se rapproche de la lentille, l'image, au contraire, s'en éloigne. Or, dans l'œil, la lentille paraît constante de forme el fixe dans sa position ; d'autre part, l'écran destiné à l'image ne paraît pas moins invariable dans sa distance à la lentille. Comment l'œil réalisc-l-il donc cette condition de procurer des images nettes aux distances les plus diverses. Car enfin,

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