‹ Traité pratique des maladies de l'oeil [electronic resource]Chapitre 30 sur 251 · LXX1V · texte numérisé non relu

LXX1V

DIOPTRIQUE PATIIOLOCIQUE.

D'après cela, il est naturel de penser que les -spectres perlés ne sont autre chose que des corpuscules granuleux des membranes profondes, à des degrés différents d'altération, survenus soit par le fait de l'âge, soit à la suite de la lésion de la nutrition de quelques-unes de ces membranes. On les voit plus abondants qu'ailleurs chez les sujets atteints d'atrophie choroïdienne. Us s'accusent davantage dans les circonstances où quelque cause congeslive s'observe ou a été produite dans les régions supérieures.

b) On peut joindre encore à ces ombres mobiles les opacités plus considérables que des épanchements de sang laissent souvent à leur suite daus le corps vitré. Ces dernières ombres sont plus étendues, plus mobiles, affectent la forme de membranes voltigeantes, de toiles d'araignée, etc. Ces opacités sont très-nettement perceptibles à l'ophthalmoscope; on les nomme alors « corps flottants clans V humeur vitrée. »

Les spectres perlés, quand ils ont atteint une certaine teinte, ainsi que les apparitions plus larges dont nous venons de parler, ont reçu le nom de « mouches volantes. »

On peut ranger dans la même catégorie les spectres, beaucoup moins constants, que peuvent également dessiner sur la rétine les petits corps arrêtés sur la cornée par l'humidité de celte membrane, le mucus, les larmes, etc., et qui ont reçu le nom de « spectre mucolacrymal. »

Tels sont les traits généraux de cette série de phénomènes sur lesquels l'analyse ophlhalmoscopique, la lumière expérimentale et les recherches micrographiques ont jeté un jour si nouveau. On voit qu'ils ne sauraient avoir, dans la généralité des cas, ce caractère grave qu'on leur attribue généralement. Au point de vue de la tranquillité de la plupart des malades, leur analyse offrait donc un très haut intérêt. C'est un service considérable rendu à l'humanité que d'avoir démontré que les mouches volantes ne sont généralement qu'un phénomène de sénilité relative; ce sont les rides de l'œil.

Quelques ophthalmologues plus radicaux ont cru pouvoir donner à ces phénomènes le nom de physiologiques. Nous croyons que cette appellation est un peu exagérée : une « opacité» survenant dans un milieu qui doit de sa nature être essentiellement transparent, n'est pas une condition excessivement physiologique. Ajoutons qu'il est constant que les yeux myopes et ceux qui sont le siège d'une tension trop fréquente se montrent, bien plus souvent que l'œil emmétrope, sujets à cette infirmité.

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