SCOTOMES
On ne confondra pas la mouche volanle'avec le scotome, improprement appelé « mouche fixe. »
Le scotome est « fixe » ; mais il n'est pas « mouche» ;il ne porte pas
OEIL EMMÉTROPE.
ombre. Il se caractérise par l'absence de loule sensation lumineuse et par conséquent par l'absence de la sensation opposée, l'ombre, en un point donné de la rétine.
Le point occupé par un scotome n'existe plus au point de vue de la sensibilité spéciale. Les images y sont « interrompues, » supprimées, comme on le voit dans l'expérience du « punclum cœcum » de Mariotle ; elles n'y passent pas du clair au noir.
2. SPECTRE ÉTOILE DU CRISTALLIN PHÉNOMÈNES DE LA POLYOPIE L'NIOCULAIRE.
9o. — Quand on rapproche de soi, en deçà du punctum proxiniuin l'optomètre à cheveux ou à soies de M. de Graefe, on cesse de voir distinctement chaque fil. D'après la théorie, rien à cela de surprenant, chaque point focal étant remplacé par un cercle de diffusion. Mais ce qui surprend au premier abord, si l'on examine bien attentivement cette image confuse du fil, c'est qu'elle n'est pas simplement confuse, elle est double, triple, ou multiple en un mot. Au lieu d'un fil, mal défini, grossi, on voit sur une ombre vague, se dessiner un certain nombre de fils inégalement perceptibles, mais incontestables.
Si, au lieu d'un fil, on prend un point, de moins d'un millimètre d'étendue, se détachant en noir sur fond blanc, ou en blanc sur fond noir, et qu'on fasse sur lui la même expérience, dès qu'on l'apporte en deçà du punctum proximum le même phénomène apparaît : au lieu d'un point plus large, plus confus, on aperçoit distinctement, autour d'un point central, une petite couronne de points semblables qui l'enveloppe.
Le phénomène est très net si l'on fait l'expérience avec le trou d'épingle placé contre le jour, et se détachant sur le fond éclairé du ciel ou sur uue muraille blanche.
Après avoir constaté ce phénomène, rapprochons encore le trou d'épingle de nous, ou plutôt, rendons-nous, pour la dislance à laquelle nous le tenons, un pied, je suppose, très myope ou très hypermétrope, en plaçant devantnotre œil un verre positif ou négatif de 5 à 4 pouces ; alors, au lieu de la couronne de points entourant le point central, nous voyons devant nous un cercle lumineux pâle, plus ou moins grand, étoilé, c'est-à-dire divisé en segments réguliers appartenant au type hexagonal. Dans cette situation relative, éloigne-t-on ou rapproche- t-on l'écran percé du trou d'épingle, on constate que chacun de ces segments de cercle correspond à l'un des points de la première expérience; qu'en éloignant l'écran, chaque petit point de la couronne devient un segment, et réciproquement dans le mouvement inverse. Ajoutons que tous ces phénomènes disparaissent et font place à la vision nette d'un seul point, dès que l'écran rentre dans le champ de la vision distincte.
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les rayons extrêmes du spectre ou du moins en diminuent plus particulièrement la quantité. Leur coefficient de réfraction se rapproche le plus de celui du la lumière blanche ou composée : ils n'ont donc, par le fait de la couleur, que peu ou pointd'action réfringente; mais, augmentant relativement la quantité de lumière jaune, en excluant le rouge et le bleu, ils laissent pénétrer les rayons les moins agréables, les moins doux à la rétine, les plus irritants, les rayons jaunes. Cette couleur(le vert) est donc plutôt à éviter,dans les circonstances mêmes qui exigent l'emploi des conserves.
La teinte bleue est aujourd'hui reconnue très-prérérable, particulièrement lebleu-coball de Berlin (verre très-pur et très-bien fabriqué). Cette couleur exclut particulièrement l'orangé; en outre c'est, par son rangdans le spectre, le moins riche en rayons calorifiques ; elle est donc, à tous égards, la mieux tolérée par des membranes plus ou moins irritables. Enfin, disons encore qu'elle agit un peu à la façon d'un verre collectif, le bleu étant la nuance la plus réfrangible du spectre. Quant au gris-fumée, tendant jusqu'au noir, son emploi n'est indiqué qu'à titre d'écran ou de voile, quand on veut garantir l'œil de la lumière elle-même, sans, pour ainsi dire, en laisser entrer dans l'œil. Or, ce n'est pas le cas en général. Les conserves ont pour effet, non d'exclure, mais de modifier la lumière. Elles doivent permettre l'exercice de la vision, laisser par conséquent entrer toute la lumière utile, en excluant seulement celle qui, par sa qualité, peut nuire. Or, le bleu, en excluant la lumière jaune orange irritante, laisse la faculté visuelle presque complète.