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1. L'hypermétropie étant un déficit de la réfraction statique, l'hypermétrope emploie une portion de la réfraction dynamique a combler ce déficit. Pour passer de la vision parallèle à une distance rapprochée, il commence donc la convergence progressive avec ce déficit sur sa réfraction dynamique. Comme tous les hommes du même âge, dans des conditions normales de santé, ont un pouvoir accommodatif ù peu près égal, quand ou arrivera du côté du punclum proximum, le déficit de l'hypermétrope se fera sentir, et ledit point sera plus éloigné chez lui que chez l'emmétrope. On pourra donc mesurer l'hypermétropie par le déficit éprouvé par l'accommodation du côté du point p. On le mesurera exactement comme celui de la presbytie. (Voir, correction de la presbyopie(85)). Seulement, on aura un écueil à éviter. Le presbyte arrivé à son point p ne nous induit pas en erreur : il reconnaît aisément, et à très peu près, le lieu où se trouve ce point p. Comme il n'a plus d'accommodation à mettre en jeu, il ne reçoit ni ne donne de renseignements trompeurs.
L'hypermétrope n'est pas dans ce cas; arrivé à son point p, il sait trouver encore des efforts à mettre en action, et il devient parfois difficile d'obtenir une réponse exacte. C'est donc moins la netteté de la vision qu'il faut interroger chez lui que la fatigue qu'il éprouve tôt ou lard à lire à une distance inférieure à son véritable point p.
Après avoir mesuré son acuité, au trou d'épingle, on le met devant l'échelle progressive, le faisant avancer lentement de pied en pied vers l'échelle, en fixant un caractère graduellement plus petit jusqu'à ce qu'il accuse un commencement de fatigue. On prendra alors cette distance pour punctum proximum, et par son moyen, on calculera la quantité de réfraction qui lui sera nécessaire pour lire à un pied le caractère en rapport avec son acuité, d'après les règles données (85).
Cependant, il est généralement plus simple et plus pratique, en même temps que suffisamment exact, de rechercher directement la dislance du punctum proximum. On mesure la dislance de ce point p, au moyen de l'optomètre de M. de Graefe, ou du n°l des échelles de caractères progressifs. Connaissant la distance de ce point p, ou la compare à celle donnée par la table (82) pour le même âge. Si le point p est à une distance plus grande que le tableau ne l'indique, il y a donc, relativement à l'âgé, déficit de la réfraction dynamique. Or, s'il n'y a pas de maladie générale débilitante, de lièvre grave antérieure à accuser, la grande probabilité est que le déficit de réfraction signalé n'est à rapporter qu'à l'hypermétropie.
causes d'erreur a évjter dans les épreuves diagnostiques exécutées au moyen
des verres convexes.
104.— Il ne suffit pas toujours, pour établir le diagnostic de l'hypermétropie, que le Mijel ail donné une réponse,en apparence concluante; dans les essais au moyen des verres convexes(hypermétropie manifeste), on éviteraencoredese prononcer. Il fauts'êtreauparavant mis en garde (par l'essai préalable au trou d'épingle) contre certaines formes d'amblyopie qu'améliore l'usage des verres convexes. Dans certains affaiblissements rétiniens, il arrive souvent que le sujet se déclare soulagé par des verres convexes qui n'ont eu, en somme, d'autre effet que d'agrandir sensiblement les images. Or, pour ces malades' il est quelquefois plus essentiel d'avoir de grandes images que des contours parfaitement définis.
On apportera d'autant plus de soin à la mesure de l'acuité de la vision, que la finesse de perception de la réline esl souvent plus ou moins diminuée dans l'hypermétropie. Cela lient sans doute aux effets de l'arrêt de développement, qui a dù porter sur les éléments nerveux comme sur les autres éléments de l'organe.
On devra se précaulionner encore contre la circonstance suivante, qui a longtemps conduit à confondre ('hypermétropie avec la myopie. Il n'est pas rare que l'hypermétropie soit accompagnée d'une amblyopie qui peut en imposer pour la myopie. Ainsi, les malades clignent quelquefois, mais surtout approchent de leurs yeux les petits objets, à la manière des myopes. Il faut donc ne pas se laisser abuser par les premières apparences.
Ces malades, en effet, voient mieux les petits objets de tout près que de quelque dislance. C'est là un véritable paradoxe apparent. M. de Graefe a donné de ce fait une raison très plausible. Il a calculé que, dans ces circonstances, la grandeur des images croissait m. 8
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OIOl'TliiyUE PATHOLOGIQUE.
beaucoup plus rapidement que la grandeur des cercles de diffusion (surtout quand la convergence est de la partie, par son action rétrécissante sur la pupille). Or, la grandeur des images est plus recherchée que leur netteté par les amblyopes. D'autre part, dans les mêmes circonstances, on observe les phénomènes connus sous le nom de « polyopie monoculaire » (95), et le cercle de diffusion étant remplacé par plusieurs images d'inégal éclat, l'une d'elles peut être plus perceptible.
§ IV. Traitement de l'asthénopie dans l'hypermétropie.
10o. — Jusqu'au moment où a élé caractérisée la véritable cause de l'asthénopie, tout son traitement a consisté dans le repos de la vue, le changement de profession, etc. Les plus hardis avaient conseillé parfois l'usage des verres convexes, mais, enchaînés par le préjugé, les verres conseillés étaient toujours insuffisants.
MM. Bôhm et Ruete y avaient joint des conserves bleu-cobalt. C'était un pas ; le bleu, étant plus réfrangible, agit comme verre convexe ; mais la mesure était encore au-dessous des nécessités.
Le vrai remède est dans le verre convexe ; mais le verre convenable. Or, quel est le verre convenable?