DE LA VISION DES M VOTES
118. — La myopie légère passe souvent inaperçue ; elle est même, en quelque mesure, pour les classes civilisées, un certain avantage.
S'il y a moins de netteté parfaite pour les objets distants, comme l'étendue de l'accommodation est en somme la même, le sujet ne devient presbyte, ou du moins ne s'aperçoit de sa presbytie, que fort lard, et peut, par conséquent, se priver plus longtemps de lunettes.
La vision du myope paraît bonne, parce qu'il lit de plus fins caractères que l'œil normal. Qu'on ne s'y trompe pas : le rapprochement de l'objet agrandit son image et, en résultat, l'acuité est à l'avantage de l'œil normal, et même, d'autant plus que l'œil considéré est plus myope.
Plus est élevé le degré de la myopie, plus on voit les individus choisir de petits caractères, éviter les lignes longues, se courber sur leur ouvrage. Est-ce pour éviter les mouvements de la tète?
Le myope cligne. Celle circonstance a pour efljel de diminuer l'étendue des cercles de diffusion (dans le sens vertical), le clignement faisant l'effet de la fente horizontale de la lunette sténopéïquc.
L'acuité de la vision, dans une myopie de 1/5 environ, est gêné-
MYOPIE
ralement, chez le sujet jeune, inférieure à l'unité (1). Par le progrès des années et l'extension de la myopie, elle diminue plus vite que dans l'œil emmétrope.
i. btendie de l'accommodation chez le myope.
119. — Le myope a la même étendue du pouvoir accommoda lif que l'œil normal; cela est rendu évident chez un jeune myope dont on neutralise la myopie au moyen d'un verre concave ; il voit nettement depuis l'horizon jusqu'à quelques pouces. Cette faculté ne s'éteint que par les progrès de l'âge ou par ceux de l'atrophie, si elle arrive (tard, ordinairement) à comprendre dans ses ravages le muscle ciliaire, organe de l'accommodation.