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g IV. Du mode d'action des mydriatîques.

134. — Si Ton suit pas à pas les phénomènes que nous venons de résumer, on observe :

1° Que le sphincter de l'iris est graduellement paralysé. Bientôt, mais plus lentement, le même fait se constate dans le muscle ciliaire. 11 y a donc premièrement effet stupéfiant produit sur les fibres nerveuses de l'oculo-moteur.

2° Le muscle dilatateur de l'iris se contracte puissamment. (M. Ruete a démontré, en effet, que, dans les paralysies morbides de l'oculo-moteur, l'atropine manifestait une énergique action dilatatrice, qui ne pouvait évidemment être produite que par la contraction des fibres radiées.)

Il faut, pour se rendre compte de ce résultat, admettre que l'atropine exerce sur le nerf sympathique une action stimulante. Mais il faut encore admettre que cette action s'exerce par l'intermédiaire des cellules ganglionnaires.

L'effet observé, en effet, est constant, permanent, et c'est le propre des cellules ganglionnaires que le maintien d'une action constante.

D'autre part, pendant l'action maxima de l'atropine, le sympathique (physiologie expérimentale) peut encore être artificiellement excité, et produire ainsi un accroissement de dilatation. Son action est donc encore susceptible de plus et de moins. Nous devons en conclure qu'assurément l'atropine stimule le nerf sympathique et que probablement elle étend son action sur les cellules ganglionnaires (Donders).

Action sur le trijumeau. — L'action de l'atropine sur le trijui meau est, sans doute, narcotisante. Cependant aucun effet direct n'a pu être constaté. Après la division de ce nerf ou sa paralysie d'un • côté, les mêmes différences s'observent à droite et à gauche après i l'action de l'atropine. Ajoutons, pour terminer, que M. de Graefe : attribue à l'atropine une action par diminution sur la tension ocu- I laire. L'effet de l'atropine, dans certaines tensions oculaires patholo- : giques, semble conduire à cette conclusion.

Cependant, d'autre part, M. Donders a montré que: si, dans le cours d'une heure et demie, l'instillation esl suivie de douleurs et d'injection dans les vaisseaux, la prépara- I tion ne convient pas et amène, par son usage répété, une inflammation spéciale. Celte in- ' flammation, au bout de quelques mois d'usage, se montre aussi chez certains sujets. I L'usage de l'atropine doit alors être suspendu. Il est rare que, dans de tels cas, d'autres I mydrialiques soient mieux supportés. Nous avons tous observé de ces faits; il y a donc encore ici quelque chose d'inconnu et qui doit être étudié: à savoir l'action des mydriati- " ques et des myoliques sur les vaisseaux. Contrairement aux prévisions les plus logiques, on observe souvent des cas où la tension vasculaire semble diminuée dans l'œil par l'usage des myoliques, ou s'accroître, au contraire, par l'emploi des mydrialiques.

DIOI'TRIQL'E PATHOLOGIQUE.

Quant au mode de pénétration de l'atropine dans l'économie, après son application entre les paupières, les expériences de MM. de Graefe et Donders ont surabondamment démontré qu'elle a lieu par absorption directe opérée par la cornée. Chacun connaît ces belles expériences dans lesquelles l'humeur aqueuse d'un lapin, soumis à l'instillation d'atropine, a pu, au bout d'un quart d'heure, servir de collyre mydriatique pour d'autres animaux.

Plus la cornée est mince, plus l'aclion est rapide. Quand, à la suite d'une friction sur le front, la dilatation s'observe, il y a lieu de soupçonner qu'un peu de la substance a touché la conjonclive. Ajoutons que, lorsque l'absorption a lieu par méthode hypodermique, en général les deux yeux en subissent l'influence.

§ V. Effet des solutions à divers titres.

15b.— Une solution de (25 centigr. sur 30 gr.) produit, comme nous l'avons vu, à la dose de 1 goutte, tous les effets qu'on peut attendre de l'atropine sur i'iris et sur l'accommodation. Celle dose de 1 goutte (1) représente 0 milligr., 3 de sulfate d'atropine.

— La solution de produit une bonne dilatation dans les 30 minutes; l'accommodation est à peu près complètement paralysée en 45 à 60 minutes; après quelques jours, tout est réparé. Une goutte de celle solution représente 0 milligr., 02 (deux centièmes de milligramme du sel). — La solution de j~ produit la dilatation en 25 à 33 minutes: celle solution ne détruit pas entièrement l'accommodation. Au boul de quelques heures, l'effet produit sur l'iris est déjà en voie de diminution, mais il n'a complètement disparu que le quatrième jour environ. Une goutte de cette solution correspond à 0nim,0J5.

— La solution de lt\00 commence à agir sur la pupille, après 40 minutes environ ; de deux à qualre heures après, le diamètre de la pupille s'esl accru de 2 millimètres. La contraction reparaît après sepl heures, et, le lendemain, il ne reste plus trace de l'effet mydriatique. Une goutte de cette dernière solution contient 0mm,00009 de sulfate d'atropine (Dr Kuyper) ou, en nombres ronds, = 0mm,0001.

On l'obtient très simplement en laissant tomber dans 120 grammes d'eau distillée, une goutte de la première solution. De cetle façon, la première solution peut servir à la fois à obtenir ad libitum soil l'effet complet du mydriatique, soit une simple action déterminée delà pupille pour une observation expérimentale.

Les expériences de M. Follin l'ont conduit, sur la valeur relative des solutions faibles d'atropine, à des résultais très analogues.

Les collyres secs à la gélatine de M. E. Harl, de Londres, présentent des divisions analogues. Le disque coté (20oo0 de grain) représente une goulle conlcnant elle-même 0mm 0025 de Sei. Celui coté — ! — de grain équivaut à 0,nm,0010. Enfin le plus faible, marqué 1 00000, représente 0ram,ÔU05. Le papier atrophié deM.Strealfeild contient, par division de un cinquième de pouce au carré, 0mu,,15 de sel.

On emploie encore, à litre de mydriatiques, l'extrait de Datura stramonhim ou son alcaloïde la dalurine, et l'extrait de jusquiame. Ce dernier extrait, à la dose de 25 centigrammes dans 4 grammes d'eau, produit tous les effets des solutions faibles citées ci-dessus, celle de ii\00 en particulier (Coccius). Nous l'avons vérifié également.

(1) Nous supposons que vingt gouttes pèsent 0,70 gr.

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