LEÇON PRATIQUE POUR L'ÉTABLISSEMENT DU DIAGNOSTIC. CXLVII
L'insuffisance est dès lors évidente; il ne reste plus qu'à la mesurer et à la traiter suivant les principes du (126). (Verres concaves — prismes — lénolomie.)
§ IV. Hypermétropie.
\ . — Hypermétropie manifeste. — Mais le malade mis en présence des échelles à la distance de 15 pieds, et dont l'acuité est de ||, n'est pas soulagé ni secouru par les verres concaves, surtout les verres forts. Au contraire, le verre convexe -j- 30 lui paraît agréable, et il lit aussi bien de loin avec ce verre qu'à l'œil nu. La conséquence est simple, le malade est hypermétrope, et c'est même une hypermétropie manifeste à laquelle on a affaire. (97)
2. — Hypermétropie latente. — Mais l'hypermétropie ne se présente pas toujours aussi simplement, et, dans bien des cas, aucun verre convexe ne rendra à notre malade la vision plus nette, ni même aussi nette que son œil nu, à distance. On en a vu (97) la raison.
Que faire alors? Car voici un malade qui n'est pas amblyope, et qu'aucun verre ne satisfait dans la vision à distance.
On peut sortir d'embarras par l'atropine à forte dose ( une goutte); après paralysie de l'accommodation, qui a lieu environ 1 h. 1/2 après celte instillation, on recommence les épreuves, et le résultat ne se fait pas attendre. (103-104.)
Mais on ne peut pas toujours employer l'atropine; il est même nombre de circonstances dans lesquelles il est au moins inutile de recourir aux mydriatiques. Ne pouvant donc interroger la vision à l'aide de la position du point r, cherchons à déterminer celle du point p.
Le sujet, supposerons-nous, a 25 ans ; à cet âge un œil emmétrope a son point proximum à 4 pouces 1/2. (81) Présentons alors au sujet le n° 1 des échelles, et rapprochons-le de son œil jusqu'au point précis où il devient confus. On trouve, par exemple, que la confusion naît exactement à 5 pouces 1/2. Le point p chez ce sujet est donc plus éloigné que dans l'œil type. Or, pour passer de 5" 1/2 à 4" 1/2, l'accommodation déploie une force qui mesure (40 — 50), soit 10 unités de réfraction dynamique. (Table 45.)
Il manque donc audit sujet (40 — 30) = 10 unités de réfraction dynamique nécessaires pour passer de 5" 1/2 à 4" 1/2.
Ces dix unités manquent donc aussi du côté opposé du champ de la vision, et mesurent l'hypermétropie latente du sujet. Cette hypermétropie serait donc de-^, car dix unités de réfraction mesurent la force d'une lentille de 21 pouces. Le diagnostic est par conséquent complet. Ajoutons que l'ophthalmoscope peut, comme dans le cas qui précède (myopie), être employé à le vérifier. (79 et 80.)
D10PTRIQUE PATHOLOGIQUE.
Mais, dans la plupart des cas, le diagnostic trouvera un élément important dans les symptômes fonctionnels accusés par le malade. Pour peu que la profession du sujet exige une tension un peu soutenue de l'attention, l'hypermétropie sera d'abord dénoncée par les symptômes de l'aslliénopie accommodative. (Voir (100) et (101), ainsi que par la symplomatologie générale (99).
§ V. Asthénopie.
Diagnostic différentiel des deux genres d"1 asthénopie. — Dans ces circonstances, ce n'est pas une diminution plus ou moins notable de la vision que les malades accusent, c'est la fatigue, l'impossibilité de tout travail prolongé. Le malade offre ce cortège, aujourd'hui si bien connu, de symptômes, que nous avons décrit (100) sous le nom d1 asthénopie accommodative. Les plus saillants sont la suspension obligée de l'occupation au bout d'un temps plus ou moins long; le recul du livre ou de l'ouvrage, en même temps qu'un nuage, passe devant les yeux avec douleur au front, etc.
Cet ensemble symplomatique exige exactement la même série d'épreuves que le soupçon primitif de l'hypermétropie, leur cause constante. Nous ne les répéterons pas. L'astliénopie, nous l'avons vu, se présente sous deux formes. Celle d'origine accommodative, généralement la conséquence de l'hypermétropie ou de l'astigmatisme. Nous venons d'en rappeler sommairement les principaux traits. La seconde forme, Yasthénopie musculaire symplomatique de l'insuffisance des muscles droits internes, devra être soigneusement distinguée de la précédente.
L'astliénopie musculaire, qui peut s'observer pour toutes les distances, est cependant plus particulière aux perturbations de la vue rapprochée. Les signes différentiels seront à noter dans le siège de la douleur, qui est fixé dans l'angle interne de l'orbite, et non plus sur le front; dans le genre de trouble de la vision, qui n'est pas un voile comme dans l'aslliénopie accommodative : ici les leltres sautillent, les lignes s'entrecoupent. Il y a un pelit phénomène local de vision double, instanlanément réduite, et reparaissant bientôt.
Le problème est bientôt résolu par les épreuves (121,) comparées aux résultats donnés par la recherche de l'hypermétropie.
§ VI. Presbyopïe.
Le plus simple des cas serait le suivant :
Un malade a toujours bien vu de loin ; mais il se fait vieux, il a 55 ans. Il n'y voit plus le soir, à moins d'une très-vive lumière. Les miniatures, les gravures, les photographies n'onl plus la netteté d'autre-