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PTOSIS OU CHUTE DE LA PAUPIÈRE SUPÉRIEURE

Le ptosis congénital s'accompagne parfois d'un défaut de courbure i du sourcil et d'un excès d'aplatissement de l'arcade surcilière, ce qui indique une altération plus étendue que celle dont la paupière supérieure est le siège.

La paralysie des muscles de l'œil est assez souvent due à la syphilis (I). M. Tùrck a vu celle des deux ocuio-moteurs déterminée I par leur compression par les petites branches de l'artère postérieure ,du cerveau, qui les entouraient de leurs anses (2). Parfois le sphincter de la pupille et le muscle ciliaire participent à la maladie; la i faculté d'accommodation est alors paralysée.

Dans la variété atonique ou paralytique, lebadigeonnagede la paujpière avec la teinture d'iode peut être utilement employé (3). Dans lies cas dus au rhumatisme, un émétique, le tartre stibié à dose nauséeuse, le colchique, le bain de vapeur russe, sont utiles. Chez un des [malades de M. Mackenzie, où les purgatifs; le calomel avec l'opium [paraissent n'avoir amené aucun résultat, l'application d'un vésicaloire à la tempe amena une telle amélioration qu'en quelques jours les deux l tiers de la pupille se trouvèrent à découvert. Le moyen qui nous a [paru réussir le mieux dans les cas récents, quelle qu'en fût la cause, test la pommade à la vératrine (4 grains par once d'axonge) appliquée à la tempe, aux sourcils et sur les paupières, en frictions prolongées et répétées trois ou quatre fois par jour.

Indépendamment de l'excision simple d'un pli du tégument palpéibral, qui, outre qu'il est insuffisant, a encore le désavantage d'effacer I le repli naturel entre le bord orbitraie et le globe de l'œil, ou du Iam- Lbeau plus vaste enlevé dans le procédé de Hunt, d'autres opérations ont encore été proposées. Ainsi, M. Bowman voulant tirer parti des données fournies par la thérapeutique du strabisme, s'est efforcé de fournir au muscle releveur de la paupière supérieure une insertion plus favorable au développement de sa puissance : dans ce but, il a appliqué le procédé que voici (4) : il retourna la paupière et excisa Me bord postérieur ou supérieur du cartilage palpébral, y compris ■ environ un demi-pouce du tendon de l'élévateur de la paupière, inséré ' à ce cartilage. Avant d'enlever ce lambeau, il avait placé des fils très

(1) Dixoît Obs. de paralysie du nerf facial et de la 5e paire, par suite de névromes syphilitiques. Deux cas intéressants. (Mcd. Times and Gazelle, 18a8, Oct. 23, p. 419.)

(2) Ophth. Hosp. Reports, 1860-GI, Vol. III, p. 25. (5) Lancet, 1838, Sept, 4, p. 254.

(4) OpLlh. IIosp. Rep. 1857-59, Vol. I, p. 34.

MALADIES DU SOURCIL ET DES PAUPIÈRES

fins, de façon à réunir les lèvres de la plaie et à assurer ainsi le raccourcissement du tendon de l'élévateur dans une étendue de trois quarts de pouce. On peut s'attendre à voir le tendon, raccourci d'une manière permanente, contribuer pour sa part à l'élévation de la paupière. Le cul-de-sac supérieur de la conjonctive est exposé à peu de de mouvements et les plaies y guérissent facilement. La paupière fut ramenée dans sa position naturelle. Malheureusement, ces tentatives ont échoué, à cause des particularités anatomiques propres au muscle releveur. Il a eu recours, sur un autre malade, à une nouvelle opéralion (1) ayant pour objet de déplacer le bord inférieur dumuscleorbiculaire des deux paupières supérieures. Il commença par enlever un étroit lambeau ovalaire à la peau, qui mit à découvert le bord inférieur de l'orbiculaire, et au moyen d'un couteau à cataracte, il disséqua la peau de la face antérieure du tiers inférieur de ce muscle. Un fil de soie très fin fut alors passé à travers la peau, au-dessous et tout près du bord orbitaire, au-dessus des angles externe et interne de l'incision cutanée ovalaire ; le fil lut ensuite amené entre la peau et le muscle orbiculaire vers le bord inférieur du muscle, où il fut poussé à travers ce bord, de façon à embrasser quelques fibres musculaires. Cela fait, le fil fut ramené entre le fibro-cartilage et la face postérieure de l'orbiculaire, de manière à ressortir de la peau à un point situé à environ quatre lignes du point d'introduction. Chaque muscle orbiculaire se trouva ainsi suspendu par deux anses de soie, et les extrémités des fils furent nouées au-dessus d'un morceau d'emplâtre, de manière à relever la paupière et le muscle orbiculaire derrière la peau détachée. M. Bowman suppose que le muscle orbiculaire doit contracter ainsi des adhérences et occuper, par rapport au bord de la paupière, une position plus élevée que primitivement.

M. de Graefe, voyant l'impossibilité de développer dans le muscle releveur une puissance suffisante, s'est efforcé d'affaiblir son antagoniste, le muscleorbiculaire. Voici son procédé (2). On incise, à 5 millimètres de son bord libre, le tégument de la paupière supérieure dans toute sa longueur; en exerçant ensuite des tractions verticales sur les lèvres de la plaie, on les écarte assez fortement, surtout si l'on a pris le soin de disséquer légèrement le lissu sous-cutané. Cela fait, on saisit avec des pinces à crochet une portion du muscle orbiculaire, large de 8 à 10 millimètres, qu'on excise avec des ciseaux, en laissant l'aponévrose orbitaire intacte4'. Si, par hasard, on intéressait celte aponévrose et qu'il eu résultai une hernie du lissu graisseux de l'orbite capable d'entraver la réunion de la plaie, il faudrait en enlever une partie. Deux ou trois points de suture suffisent : ils doivent comprendre les bonls de la plaie musculaire aussi bien que ceux de la plaie cutanée. Comme

(1) Lancct, 18.'i7, Oct. 17, p. 591, cl Ophtb. Hosp, Reports, 18j9-60, Vol. Il, p. IH.

(2) Archiv. fur Oplith. 1865, 15. IX, Abih. 2, S. 59.

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