PROCEDES POUR SONDER LA TROMPE D EUSTACHE
Procédé de l'auteur. — Lej[malade est assis comme à l'ordinaire, la tête appuyée contre un plan solide. Le chirurgien doit se placer en face du malade, quel que soit le côté sur lequel il opère.
Premier temps. — Le chirurgien, tenant la sonde de la main droite (1) comme une plume à écrire , la présente à l'orifice de la fosse nasale (fig. 9), la concavité tournée en bas et la convexité en haut. La courbure du bec est très-petite, comme on peut le voir, afin de pouvoir passer librement sous le cornet.
Deuxième temps.
— Lorsque la sonde est arrivée vers le point F, on lui fait exécuter un mouvement de rotation complet (fig. io, G), de façon que la convexité regarde en dehors et en haut, et la convexité en bas et en dedans. Si l'on exécutait plus tôt ce mouvement, le bec de la sonde pourrait se heurter (en E) contre le repli muqueux qui obture inférieurement le canal nasal (E, lig. 9 et 10).
Troisième temps. — Une fois ce mouvement de rotation ac- (i) On doit manœuvrer avec la main droite pour Tune et l'autre narine.
82 OTOSCOPIE.
compli (voy. G, fig. 10), le bec de la sonde continue sa route, appuyé sur la paroi externe et supérieure du méat et du cornet, qui lui servent de cannelure; elle arrive ainsi en L; là, il faut aller plus lentement encore, et prendre un point d'appui avec le dos de la sonde sur la cloison, afin d'être plus sûr de ses mouvements.
Vers le point L se trouve presque toujours une petite bride muqueuse, valvulaire, qu'il faut tourner lentement avec le bec de la sonde, et sans abandonner la paroi externe du méat; on continue de porter l'instrument dans cette direction, lentement, doucement, sans secousse aucune, et il tombe de lui-même dans l'orifice pharyngien de la trompe et d'une matière certaine.
Pour apprécier ce procédé, il suffit de le répéter sur une coupe des fosses nasales (fig. 9 et 10), avec les indications qui viennent d'être données, et l'on pourra facilement se convaincre de son exactitude.
Nous donnons ici le modèle de nos six sondes (fig. 11) et nous mettrons plus loin sous les yeux du lecteur les sondes de gomme élastique demi-grandeur (fig. 12, page 84).
Elles sont de même grosseur que nos sondes d'argent, seulement, comme elles sont flexibles, on introduit dans leur intérieur un mandrin en argent destiné à les soutenir et à donner au bec la courbure désirée.
{ i. — Des cas dans lesquels le cathétérisme des trompes d'Eustache peut
être employé.
Le cathétérisme des trompes peut être employé dans un double but :
A. Comme moyen de diagnostic;
B. Comme moyen thérapeutique.
A. La sonde, en pénétrant dans la trompe, permet de reconnaître si celle-ci est libre, si elle est rétrécie, oblitérée. Elle permet encore de reconnaître si les fluides élastiques ou gazeux qu'on injecte arrivent jusque dans la caisse.
Un certain nombre de lésions situées dans cette cavité laissant la trompe non pas tout à fait saine, mais du moins perméable à l'air qu'on y injecte, la sonde pénètre plus ou moins loin, et l'on peut apprécier le degré de résistance que produit la tuméfaction de la muqueuse : cette tuméfaction peut être plus ou moins con-
CAS DANS LESQUELS LE CATHÉTÉRISME PEUT ÊTRE EMPLOYE. S à