DÉDUCTIONS THÉRAPEUTIQUES
un cas de rétrécissement sénile des méats, la dilatation avec l'éponge préparée fut tentée non sans quelque succès.
Chez seize malades, les ventouses furent appliquées à l'apophyse mastoïde et à la nuque, depuis une jusqu'à neuf ventouses (observation 446), et dix ventouses (observation 1 47).
Un mot sur la manière dont ces ventouses sont appliquées. Le premier jour, on en a appliqué une derrière chaque oreille, elle est scarifiée profondément et les verres de moyenne grandeur sont remplis de sang deux ou trois fois de suite, de chaque côté. Les jours suivants, une seule ventouse est appliquée de deux jours l'un, tantôt d'un côté, tantôt de l'autre, et l'on tâche d'obtenir la même quantité de sang. Puis, lorsque l'amélioration se manifeste, une seule ventouse est appliquée une fois la semaine, ensuite tous les dix jours, tous les quinze jours et enfin tous les mois. On continue ainsi plusieurs mois après que le malade a retiré du traitement toute l'amélioration possible, ou même la guérison complète.
Les injections de potasse caustique ont été faites chez vingtsix malades, d'après la formule qui a été donnée précédemment à l'article Traitement, page 424.
Voici comment on a procédé pour ces injections : une injection est faite d'un côté dans la trompe et la caisse; si la douleur est supportable, on répète la même manœuvre du côté opposé. Dans le cas contraire, on attend un jour ou deux. Puis, à chaque séance, l'état des trompes et de la caisse est religieusement exploré à l'aide de l'auscultation. Si, à la première injection, les trompes deviennent catanhales et s'emplissent de bruit muqueux, dans les efforts d'expiration ou pendant la douche d'air, on se contente pendant une huitaine de jours de pratiquer des insufflations quotidiennes et tous les deux jours d'air sec, ou légèrement rendues excitantes au moyen de quelques gouttes d'éther ou de chloroforme. En suivant ces données, je trouve que pour être guéri ou amélioré d'une manière satisfaisante, il a fallu employer depuis une seule injection potassique jusqu'à trois, cinq, sept et quelquefois plus. Ajoutons qu'aucune injection n'ayant été pratiquée que dans les cas où le diagnostic permettait de croire à un état mamelonné de la muqueuse des trompes ou de la caisse, je n'avais aucune répugnance a réitérer l'injection, dans le but d'opérer une modification salutaire des meiu-
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branes muqueuses altérées. L'injection par elle-même, en même temps qu'elle modifie les membranes, qu'elle les dégorge pour ainsi dire, apporte également des changements utiles dans les propriétés vitales des organes souffrants, et c'est dans ce but que, concurremment avec ces injections irritantes, nous employons les douches d'air chloroformées.
En continuant notre énumération, nous trouvons que des injections iodées, dans les caisses, ont été faites cinq fois au moyen de la sonde, comme dans le cas précédent.
Six fois les douches de chloroforme ont été employées comme un adjuvant utile.
Nous comptons treize fois les douches d'éther acétique: une fois d'éther chlorhydrique, une fois d'éther sulfurique, et treize fois des douches d'air simple.
Une fois, un moxa a été appliqué à l'apophyse mastoïde, une fois l'électricité a été mise en usage. Une fois la cautérisation pharyngienne avec la teinture de gomme laque ammoniacale, une fois avec l'ammoniaque pure, une fois avec le nitrate acide et une fois avec le nitrate d'argent. Trois fois la perforation du tympan a été pratiquée. Une seule fois un vésicatoire a été appliqué à la nuque. Une fois la pommade stibiée a été employée en frictions derrière les oreiiles.
Une fois seulement la résection des amygdales a été pratiquée concurremment avec la cautérisation.
Quant au traitement général, nous trouvons :
Que dans trois cas de céphalalgie persistante on a dû pratiquer une saignée au bras. Quinze malades ont été mis à l'usage de la solution iodurée, d'après la formule donnée précédemment. Onze malades ont été soumis à l'usage des pilules aloétiques d'Anderson, administrées tous les deux jours. Cinq malades ont pris des doses de scammonée et calomel, d'après la formule suivante :
Formule n° 1 .— Scammonée 2 grammes ;
Calomel 0,30; 0,50 ; 0,60 centirg.
Mêlez et donnez, en 6 doses, une tous les matins.
Formule n° 2. — Scammonée, etc., jalap 1 gramme.
Calomel 0,50 eentigr.
Mêlez et donnez en 6 paquets.
Un malade, sujet aux affections rhumatoïdes, a pris de l'eau
DEDUCTIONS THERAPEUTIQUES. ; il
de Balaruc pendant trois mois en douches^ en boisson et en bains, et je lui ai pratiqué des injections dans la caisse de l'oreille malade pendant le même espace de temps. Deux malades ont pris du sirop de ményanthe ; un malade, de l'huile de foie de morue; six malades ont fait usage de la tisane de gentiane ; un du vin de quinquina; un malade a pris une infusion de cassia amara.
Dans trois cas où l'iodure de potassium avait été insuffisant. le fer a été administré comme emménagogue et avec succès ; quatre fois d'après la formule suivante :
Formule n° 1. — Sous-carbonate de fer 5 grammes.
Cannelle pulvérisée l —
Mêlez et conservez dans une boîte pour l'usage. (Une pincée dans chaque cuillerée de potage au commencement du repas).
Formule n° 2. — Fer réduit 5 grammes.
Aloès )
Rhubarbe | An. 1 gramme.
Mêlez ut suprà.
Formule n° 3. — Sous-carbonate de fer 4 grammes.
Extrait de gentiane 2 —
Sulfate de quinine 1 —
Faire 3G pilules, en prendre 2 matin et soir.
Dans un cas on a dû recourir à la potion emménagogue suivante :
Infusion d'absinthe 100 grammes.
Sirop d'armoise 30 —
Teinture alcoolique d'iode. . 30 gouttes. Mêlez. —A prendre en trois fois, dans la journée.
Dans un cas où la surdité était survenue à la suite de plusieurs coliques de plomb, les pilules suivantes ont été prescrites avec SUCCès :
Extrait alcoolique de noix vomique... 0,05 centL-r.
Extrait de belladone 0,50 —
Faire 2o pilules, en prendre une tous les jours, le matin à jeun, pendant 8 jours; puis deux pendant la 2« semaine; trois, pendant la 3«j quatre pendant la 4e, pour ensuite revenir à une, el ainsi de suite.
Le même malade prit deux bains sulfureux.
4 54 SURDITES NERVEUSES.
Dans trois cas de complication d'embarras gastrique, un éméto-cathartique fut administré d'après la formule suivante :
Tartre stibié. 0,05 centigr.
Sulfate de soude 30 grammes.
Mêlez et donnez en trois paquets.
Et dans un cas où la langue était saburrale et bilieuse avec lièvre, la potion suivante a réussi merveilleusement :
Potion gommée 100 grammes.
Tartre stibié 0,30 centigr.
Mêlez ; à prendre par cuillerée toutes les heures.
Chez un malade, atteint de bronchite, le sirop de morphine fut donné dans une infusion de coquelicot.
Dans un cas où l'on avait lieu de croire à des accidents syphilitiques, un traitement syphilitique fut institué. Dans un autre cas où le malade, dans le cours du traitement, nous signala l'existence d'un psoriasis au cuir chevelu, la liqueur de Fowler fut mise en usage.
Je dois, en terminant, signaler l'amélioration sensible qu'un malade obtint, à la suite d'une commotion violente déterminée par une arme à feu, dans la région de l'oreille.
Mentionnons encore les frictions suivantes, qui furent faites sur le sinciput, dans les cas de surdité rebelle :
Formule n° 1. — Baume de Fioraventi 30 grammes.
Huile de croton t:g!ium 20 gouttes.
Mêlez.
Formule n° 2. — Baume de Fioraventi 40 grammes.
Alcool de genièvre 10 —
Ammoniaque liquide 4 —
Mêlez.
Une cuillerée sur un morceau de flanelle, pour frictions, matin et soir, sur le milieu de la tête, préalablement rasée.
Je trouve que la poudre Saint- Ange a été conseillée une fois seulement, en guise de tabac, la poudre de muguet, deux fois; et dans un autre cas le mélange suivant :
Bi-iodure d'hyd 1 gramme.
Sucre porphyr 30 —
Mêlez et conservez dans un lieu sec et à l'abri de la lumière.
Réunissant ensemble nos quarante-six observations, nous
DEDUCTIONS THERAPEUTIQUES. '*5 5
trouvons que dix malades n'ont pas suivi le traitement. Sur les trente-six autres, nous avons :
3 insuccès ;
13 guérisons complètes, c'est-à-dire que les malades entendaient la montre depuis 0,50 centimètres jusqu'à un mètre, et suivaient parfaitement la conversation ;
20 améliorations sensibles.
Total égal. .. 3G
C'est-à-dire que ces vingt malades n'entendaient pas du tout la montre au commencement du traitement et qu'à la fin ils l'entendaient à 4, 5, 6, 7, 10, 11, 1 i et 20 centimètres, et la parole sur tous les tons de la conversation.
La durée du traitement a été notée chez trente-deux malades et nous avons les chiffres ci-après, exprimés en jours :
ours,
malade.
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ours,
malades.
Ce qui nous donne une moyenne de cinquante-un jours pour le traitement de chaque malade guéri ou amélioré.
La lecture de ces observations m'a suggéré la remarque suivante, qui n'avait point non plus échappé à Kramer : c'est que la plupart des malades traités pour la surdité abandonnent volontiers le traitement quand ils commencent à éprouver une certaine amélioration.
4 5G SURDITES NERVEUSES.
a Ils oublient volontiers, dit Kramer, que l'oreille peut être douée d'une finesse extrême, et, sans s'occuper de ce qu'ils ont perdu sous ce rapport, ils se trouvent très-heureux du bien qu'ils ont acquis.
« Ils regardent comme superflu ce degré d'audition en quelque sorte exagéré, et Ton ne peut pas s'étonner de cette opinion singulière; car, dans la plupart des rapports sociaux, cette perfection de l'ouïe est vraiment inutile (1). »