CONCLUSIONS
1° J'ai démontré, dans ce chapitre, que la surdité à laquelle on a donné le nom de surdité nerveuse n'a pas été comprise de la même manière par tous les auteurs.
2° En France, Itard l'a décrite incomplètement sous le nom de surdité par paralysie du nerf acoustique, et M. Deleau ne s'en est jamais occupé.
3° Kramer, en Allemagne, l'a définie assez nettement; mais il a plutôt étudié le symptôme surdité ou cophose que les différentes altérations dont cette cophose ne peut et ne doit être qu'un effet.
4° En Angleterre, cette variété de cophose ne paraît pas avoir fixé l'attention des médecins auristes d'une manière particulière: c'est à peine si l'on trouve quelques lignes réservées à cette maladie dans les traités les plus récents (2).
5° La question soulevait donc des études toutes nouvelles, exigeait des recherches longues et sérieuses.
6° J'ai démontré que l'anatomie pathologique des lésions de l'appareil auditif, jusqu'ici oubliée, devait être cultivée avec soin, et les observations rapportées dans le cours de ce chapitre, surtout à la section d'anatomie pathologique, ont bien mis en lumière la vérité de cette proposition ; il faudra donc suivre cette voie, si l'on veut réaliser un progrès.
7° J'ai fait une étude minutieuse des causes et je les ai appuyées sur des faits concluants.
8° Les symptômes se retrouvant reproduits à chaque instant
(1) Kramer, loc. cit.
(?) Moniteur des hôp., septembre, octobre, 1854
dans les observations mêmes, j'ai dû, dans la description, être aussi bref que possible.
9° Le diagnostic a été longuement exposé, tout imparfait qu'il soit encore aujourd'hui.
40° Enfin j'ai prouvé, par la comparaison de trois séries d'observations empruntées à Itard, à Kramer, à ma pratique et à celle des hôpitaux, que ce n'était plus à un seul moyen de traitement, l'éther, qu'il fallait recourir, mais à des injections médicamenteuses destinées à combattre les lésions de l'oreille moyenne, qui sont la cause la plus fréquente de la surdité appelée nerveuse (1).
On le voit, la tâche était immense; je l'ai essayée cependant, et si le but n'a pas été atteint, peut-être aurai-je réussi à le montrer.