‹ Traité pratique des maladies de l'utérusChapitre 109 sur 159 · DE L^INFLAMMATION PÉRI-UTÉRINE · texte numérisé non relu

DE L^INFLAMMATION PÉRI-UTÉRINE

tumeur conserve sa forme, devient plus consistante, plus ferme, moins sensible à la pression.

Le passage de l'état sub-aigu à l'état chronique est à peine marqué. Il s'opère assez généralement d'une manière insidieuse et latente.

Les malades éprouvent un soulagement trompeur; elles se lèvent, vaquent à leurs affaires. Elles éprouvent bien de temps en temps des douleurs gravatives dans le bassin et dans les lombes, avec certaines difficultés à marcher, à rester debout, des irrégularités dans la menstruation, une constipation opiniâtre; mais elles n^ont pas grand souci de telles incommodités et elles continuent leurs occupations avec l'espoir que ces malaises se dissiperont d'eux-mêmes. Des mois et même des années s'écoulent ainsi, jusqu'à ce que les malades, lasses de souffrir, ou sous le coup d'une recrudescence, se décident à prendre des soins et à se soumettre à un examen médical.

On constate alors l'existence des symptômes que nous venons de signaler : un sentiment de pesanteur et d'embarras dans l'excavation pelvienne, quelquefois une sensation de battements ou de pulsations dans la région utérine; un certain degré de sensibilité au-dessus du . pubis ou dans les fosses iliaques. Ces impressions douloureuses s'irradient dans les reins, dans les aines, dans les cuisses. Elles augmentent sous l'influence des efforts, des mouvements et de la marche; elles augmentent surtout pendant le coït et même parfois au point de le rendre impossible. La constipation est habituelle et la défécation s'opère avec de grandes souffrances.

La leucorrhée est assez fréquente, mais elle n'est pas constante.

Quant à la menstruation, elle est le plus souvent irrégulière, abondante chez certaines malades, diminuée, au contraire, et même supprimée chez d'autres.

Un des signes qui frappent le plus l'attention et qui mettent en éveil la sollicitude des malades, ce sont les recrudescences, les re^ doublements inflammatoires, que nous avons déjà signalés à l'occasion de l'état subaigu, qui surviennent plus particulièrement à l'époque des règles ou sous l'influence d'une surexcitation des fonctions sexuelles et qui se traduisent par des symptômes aigus plus ou moins marqués : douleurs vives dans le bassin, sensibilité extrême et ballonnement de l'hypogastre, hyperesthésie de l'utérus et des tissus voisins, qui rend le toucher vaginal très-pénible; dysurie, inappétence, quelquefois des nausées et des vomissements, mouvement fébrile léger.

Dans l'élat chronique comme clans l'élal aigu, l'exploration vaginale fournit des signes d'une importance réelle. A l'aide du doigt indicateur promené autour du museau de tanche, sur les culs-de-sac du vagin, on constate, soit en arrière de l'utérus, soit sur ses parties latérales, une sorte d'empâtement, tantôt diffus, tantôt circonscrit, ayant une surface régulière et lisse, une consistance ferme, paraissant faire corps avec l'utérus, mais pourtant séparé de cet organe par un sillon superficiel. Cet engorgement, cette tumeur, est fixe, immobile; elle est un peu sensible à la pression, beaucoup moins toutefois que dans l'état aigu. On y sent quelquefois aussi des battements artériels, principalement à l'époque des recrudescences.

La périmétrite chronique débute parfois, comme nous l'avons dit, d'une manière sourde, insidieuse, latente. Elle présente une lente évolution et une longue durée. Sa marche, généralement régulière, n'est troublée que par les redoublements inflammatoires dont nous avons parlé un peu plus haut.

Cette phlegmasie n'a pas de tendance à se résoudre spontanément. La terminaison par suppuration est rare, à moins qu'elle ne s'opère sous l'influence d'une violente recrudescence inflammatoire ou qu'elle ne soit provoquée par quelque accident traumatique, un coup, une chute, une violence extérieure quelconque, ou encore par une intervention obstétricale ou chirurgicale.

Diagnostic. — L'inflammation péri-utérine aiguë doit être distinguée de l'inflammation aiguë de l'utérus, de celle du péritoine pelvien et de celle de la vessie.

Dans la métrite aiguë, les douleurs partent de l'utérus; elles ont leur maximum d'intensité dans la profondeur et vers la partie centrale du bassin; elles présentent le plus souvent le caractère expulsif. — Dans la périmétrite aiguë, les douleurs ont surtout leur siège sur les parties latérales de la matrice, vers le ligament large, dans les régions iUaques, et le plus ordinairement du côté gauche.

La sensibilité hypogastrique, appréciable par le palper abdominal, est plus grande dans l'inflammation péri-utérine que dans la métrite.

La métrite aiguë s'accompagne toujours de leucorrhée et assez fréquemment de métrorrhagie. Ces deux symptômes peuvent manquer et manquent quelquefois dans l'inflammation péri-utérine.

Les phénomènes fébriles et réactionnels sont plus marqués dans la périmétrite aiguë que dans la métrite. Les nausées et les vomis-

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