‹ Traité pratique des maladies de l'utérusChapitre 118 sur 159 · DE L'APOPLEXIE DE L'OVAIRE · texte numérisé non relu

DE L'APOPLEXIE DE L'OVAIRE

Comme tous les organes parenchymateux, l'ovaire peut devenir le siège d'une extravasation sanguine plus ou moins abondante, se traduisant tantôt par une suffusion ecchymotique', tantôt par de petits foyers hémorrhagiques disséminés, tantôt par des tumeurs sanguines volumineuses ou même un épanchement considérable de sang dans le tissu cellulaire voisin ou dans la cavité péritonéale.

Les deux premières variétés d'apoplexie, la suffusion ecchymotique et les petits foyers miliaires, étant [promptement résorbées, n'ont pu être observées que sur des femmes qui avaient succombé intercurremment, ou peu de temps après, à des affections plus graves.

Quant aux foyers hémorrhagiques circonscrits et aux épanche ments diffus, ils laissent des traces durables, et l'on a pu les étudier aux diverses phases de leur évolution.

Les foyers hémorrhagiques circonscrits se présentent sous la forme de tumeurs d'un volume qui varie entre la grosseur d'une noisette et les dimensions d'une orange. Ces tumeurs font corps avec l'ovaire et sont recouvertes par le péritoine. Ce rapport explique la possibilité de leur rupture dans cette séreuse.

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Leur nombre est très-variable; tantôt on ne trouve qu'un seul foyer apoplectique; tantôt on en trouve plusieurs réunis sur le même ovaire, soit isolés, soit en communication les uns avec les autres.

Ces tumeurs consistent en une poche membraneuse dont les parois, assez épaisses, sont constituées par deux tuniques distinctes : une externe, dense, cellulo-fibreuse; l'autre interne, molle, tomenteuse, tapissée d'épithélium, et offrant dans sa structure quelque analogie avec les membranes séreuses.

L'état du contenu varie suivant l'ancienneté de l'apoplexie. Dans les foyers récents, la tumeur contient du sang noir demiliquide et un ou plusieurs caillots peu consistants et d'une teinte rôugeàtrc.

A mesure qu'on s'éloigne du début, la collection sanguine subit les modifications habituelles : la sérosité se résorbe ; le caillot se décolore, diminue progressivement; et dans les foyers apoplectiques anciens, on ne rencontre plus ou qu'une sorte de magma jaunâtre couleur de rouille, ou qu'une certaine quantité de sérosité limpide, la matière colorante du sang ayant entièrement disparu. Nous pensons que c'est là Torigine de la plupart des petits kystes séreux de l'ovaire.

Dans quelques cas, les foyers apoplectiques s'enflamment; leurs parois suppurent, et on trouve des proportions plus ou moins grandes de pus mélangé avec du sang.

Lorsque par suite de la rupture du foyer sanguin ou d'un vaisseau assez volumineux, l'épanchement se fait en dehors de l'ovaire, il peut encore s'enkyster ou se répandre d'une manière diffuse dans le tissu cellulaire péri-utérin ; il peut aussi se faire jour dans la cavité du péritoine. Telle est la source la plus ordinaire de l'hématocèle extra- et intra-péritonéale dont il sera question dans le chapitre suivant.

Nous ne nous étendrons pas davantage sur l'étude de l'apoplexie ovarique, lésion parfois obscure et qui doit, lorsque l'épanchement est peu considérable, se confondre assez souvent avec le phlegmon subaigu des ligaments larges. L'erreur, du reste, est sans importance, attendu que les mômes moyens thérapeutiques conviennent aux deux affections. Seulement elles suivent, sous l'influence du traitement, une marche différente et qui peut servir à jeter du jour sur le diagnostic. En effet, les foyers apoplectiques de l'ovaire

DE l'HÉMATOCÈLE PÉRI-UTÉRINE. 781

cèdent plus promptement à la médication antiphlogistique et révulsive que les engorgements inflammatoires du tissu cellulaire péri-

On trouvera le complément de l'histoire des collections sanguines intra ou extra-ovariques dans les chapitres consacrés k l'hématocèlc péri-utérine, aux abcès péri-utérins et aux kystes de l'ovaire.

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