DE L'ENTÉRITE GLAIREUSE
L'entérite glaireuse n'avait pas encore été signalée dans les traités tles maladies de l'utérus antérieurs à la première édition de cet ouvrage. INÏais cette complication est généralement admise depuis que nous avons appelé sur elle l'attention des observateurs.
Étiologie. — L'entérite glaireuse est un symptôme de voisinage. On Tobserve dans toutes les affections de Futérus et de ses annexes, mais plus particulièrènientvdans la métrjle et;dan& ksphlegmasies péri-utérines. Tantôt elle est un eff'et direct, immédiat, de ces afîections; tantôt elle est le résultat delà constipation qui les accompagne si fréquemment.
Symptomatologie. — Cette complication est caractérisée par des douleurs générales dans l'abdomen, par des coliques fréquentes, avec des rémiltences et des paroxysmes qui ne présentent aucune régularité, par du météorisme et par une sensibilité notable des parois du ventre.
Les selles sont rares, difficiles, précédées, de souffrances aiguës et suivies de fortes épreintes. .;n'a9idq si àb iï-
Les malades rendent ou un mucus incolore, ou un mucus strié de sang, d'autres fois une petite quantité de matières stercorales recouvertes. -, ou. roélangées , de mucosité L'apparence du mucus est très-variable; tantôt il est transparent, glaireux, analogue au produit de l'expectoration dans la bronchite simple; tantôt il est épais, opaque, demi-concret, semblable à une fausse membrane, ayant Une forme cylindrique ou une disposition rubanée, qui pourrait en imposer, au premier abord et, après un examen superficiel, pour un lombric ou p|our des fragments de ténia. 'ô^^-'^i
L'entérite glaireuse est une affection généralement rebelle, d'autant plus qu'elle est assez souvent méconnue ou qu'elle n'est point traitée par des moyens appropriés. Nous avons donné des soins à des personnes qui en étaient atteintes depujis plusieurs années. L^opiniâtreté de cette affection engendre.des troubles divers : les malades perdent l'appétit et les forces ; elles tombent dans le découragement, deviennent tristes, mélancoliques et renoncent trop facilement à l'espérance de la guérison, après avoir essayé vainement une foule de remèdes inutiles.
Diagnostic. — C'est avec l'enléro-colite simple, avec l'entéralgie, ou même avec quelque lésion organique du tube digestif, que l'entérite glaireuse est habituellement confondue.
D'une manière générale, on la distingue de ces diverses affections en ce qu'elle coïncide avec une phlegmasie utérine ou périutérine; la rareté des selles, les caractères des matières fécales ne
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permettent pas de la confondre avec l'entéro-coiite chronique^ ni avec une altération organique de Tintestin. Enfin elle difïëre de l'entéralgie par des douleurs plus sourdes, plus profondes, et qui ne sont ni lancinantes; ni irradiéesi, îii soumises à des retours périodiques, aomqii- :>!. /jI îë^j
Marche^ durée. — Qu'elle survienne d'emblée^ ou qu'elle succède à une constipation opiniâtre, rentérite glaireuse, nous le répétons, est étioiogiquement liée à une lésion de l'utérus oïl de ses annexes. Celte liaison est tellement étroite que ces affections ne tardent pas à devenir solidaires et à exercer l'une sur l'autre une influence réciproque. C'est ainsi que la métrite chronique interne entretient l'entérite glaireuse et que cette complication^ par sa persistance, retarde la guérison de la phlegmasie utérine. Aussi devons-nous dire qu'il est de là plus haute importance de ne pas perdre de vue cette relation pathologique si l'on veut obtenir en rtlême temps la guérison de la maladie principale et de l'affection qui la complique.
Prophylaxie.— On peut prévenir l'entérite glaireuse chez les malades atteintes d'affections utérines 'ou péri-utérines, en ayant soin d'empêcher la constipation et de favoriser les évacuations alvines au moyen des purgatifs doux ou des lavements souvent répétés.
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Thérapeutique. — Quand l'entérite glaireuse existe, il faut commencer par le traitement de l'afîection utérine ou péri-utérine, dont elle procède. A mesure que celle-ci fait des progrès vers la guérison, l'entérite symptomatique diminue aussi le plus Souvent. Mais on ne parvient pas à la guérir, même par les moyens en apparence les plus rationnels, si l'on se borne à instituer le traitement de la complication sans s'occuper de la maladie déterminante. Quelquefois l'entérite glaireuse persiste encore après la guérison de la maladie utérine ou péri-utérine; et alors elle peut donner lieu à des accidents qui induisent souvent en erreur et font attribuer à l'utérus ou à ses annexes des troubles fonctionnels dont l'origine et le siège sont, en réalité, dans l'intestin. Dans ce cas il convient de diriger le traitement contre rentérite glaireuse.
En vain nous avons employé contre cette forme d'entérite les médications les plus usitées dans les inflammations chroniques du
tube digestif; nous avons essayé tour à tour, sans succès, les émollients, les préparations d'opium, les astringents, les vésicatoires sur l'abdomen, etc. Les médicaments réputés antiglaireux et particulièrement les drastiques n'ont pas mieux réussi. Les purgatifs, il est vrai, en débarrassant l'intestin des glaires qui l'obstruent, sont généralement suivis d'un soulagement notable; mais cet amendement, de courte durée, ne tarde pas à faire place aux mêmes accidents, et en dépit de ces médications purement palliatives, on voit très-souvent les accidents intestinaux se perpétuer pendant plusieurs années, au grand désespoir des malades.
Après de nombreuses et stériles tentatives, nous avons eu recours à l'emploi de l'huile de croton tiglium en onctions sur l'abdomen. Les succès presque constants de celte médication nous engagent à la préconiser comme la plus efticace contre l'entérite glaireuse. Elle consiste à étendre sur l'abdomen un mélange composé de dix à vingt gouttes d'huile de croton, et de trois à six gouttes d'huile d'amandes douces. Quelquefois même nous employons l'huile de croton pure.
L'éruption qui succède à cette application est suivie d'un prompt soulagement. Le ventre s'affaisse, les douleurs se dissipent, et les évacuations alvines sont mélangées d'une plus petite quantité de glaires. Pour obtenir l'entière guérison de l'entérite glaireuse, il est souvent utile de répéter ces onctions plusieurs fois, à des intervalles de quatre ou cinq semaines. La maladie cède plus ou moins vite, suivant son ancienneté. Lorsqu'elle est invétérée, on ne parvient qu'à en diminuer les symptômes. Dans ce cas, l'huilé de croton tiglium elle-même n'est qu'un remède palliatif; mais c'est encore le moyen le plus efficace.