CHAPITRE m
DE L'HYSTÉRIE SYMPTOMATIOUE
INous n'avons pas l'intention de tracer ici une description de l'iiys térie;nous voulons seulement chercher à faire prévaloir une vérité, appuyée sur im gréind nomljrc de faits cliniques, à savoir, que cette
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affection peut avoir pour origine et pour point de départ une lésion de l'appareil génital.
Historique. — On sait, et le mot hystérie l'atteste, que, dès les temps les plus anciens, l'utérus a été regardé comme le siège de cette névrose. Nous ne nous arrêterons pas à la théorie de Pythagore, d'Empédocle et de Platon, adoptée par Hippocrate et Arétée, et qui consiste à envisager l'utérus comme un être animé, voyageant de l'hypogastre vers le foie, la rate, l'estomac, la tète et le cou. Nous nous bornerons aussi à signaler l'opinion de Galien qui rattachait les phénomènes hystériques à la rétention de la semence. Il n'y a pas lieu d'insister, non plus, sur les idées de Fernel, de Sennert, de'Baillou, etc., qui attribuaient l'hystérie à une vapeur subtile et maligne, née dans la matrice, de la fermentation des menstrues et de la liqueur séminale, et portée par les veines et les artères dans différentes parties du corps.
Fr. Hoffmann formule sur l'hystérie une théorie plus rationnelle et plus conforme à la saine physiologie. Il place l'origine de tous les •symptômes hystériques dans une contraction spasmodique de l'utérus, qui se propage aux nerfs du bassin et des lombes, gagne la moelle èpinière, et de là s'étend successivement à toutes les parties supérieures du corps.
Comme le font observer avec raison Monneret et Fleury, « les auteurs plus modernes, qui ont fait de l'hystérie une névrose, se sont contentés de reproduire, seulement en d'autres termes, l'opinion d'Hoffmann, qui a parfaitement entrevu l'influence exercée par le grand sympathique sur le système nerveux cérébro-spinal » .
En effet, Baumes, Louyer-Yillermay, M. Piorry, Landouzy, etc., admettent que l'hystérie est primitivement une lésion du système utérin, qui porte consécutivement le trouble dans différentes régions de l'organisme. Cette théorie se rapproche de celle de Frédéric Hoffmann; mais elle est plus en harmonie avec les nouvelles données de la science.
Suivant les auteurs que nous venons de citer, l'hystérie est une névrose, un trouble de l'innervation de l'utérus, qui réagit, par action réflexe, sur le système nerveux encéphale- rachidien.
Ces idées ont été combattues par Willis, Sydewham, Boerhaave, ■Ch. Lepois, Tissot, Georget, Dubois (d'Amiens), Sandras, M. Henri
Girard j etc., qui placent le siège de l'hysténe d.a]gi^.l;e,cerA'eau,;Pvi, dans d'autres parties du système nerveux central. Jrli^sjioq ^\o^ (i'irp s;;;
Enfin, nous ne ferons que mentionner les liypollièses invraisemblables d'Hygmore, de Stahl, de Blackmoreet d'autres, qui font jouer le principal rôle aux altérations humorales ou aux troubles digestifs dans la produetipn d,çs phénomènes hystériques.
Jusqu'à présent, aucun des auteurs qu6 nous venons de nommer, même parmi ceux qui localisent Thystérie dans la matrice, n'a songé* à attribuer celte maladie à un^.lés^on matérielle primitive de l'utérus ou de ses annexes. Pujol le premier a enseigné que l'hystérie n'est point une maladie sans matière, une névrose, mais qu'elle dépead d'une inflammation chronique ou d'une irritation de l'utérus, dont il, ai toujours pu constater les signes. Il a rassemblé; et; développé des preuves nombreuses à l'appui de son opinion dans son Fssai sujles inflammations chroniques. Broussais n'a fait que reproduire la doctrine de Pujol, sans la formuler d'une manière aussi netleî;ie!tj^ussi
explicite, , j ^(jj;-,i(jQi^> 5t^jj']j( ^<)iî03yjq Jw^,ilJiXH;j^l:iO'> ij'io;- •■
Lisfranc a exprimé dans des termes plus -^précis encore et plus formels, le rôle pathogénique des affections utérines dans la production des accidents hystériques. On peut lire dans le tome second de sa Clinique c^^Vwr^?'(?«/e les pages qu'il a consacrées au développement de cette doctrine, et dont nous extrayons les passages suivants: iiàto-hè<y .i i!0îs8s-
- a Un très-grand nombre de personnes affectées d'hystéricisme ont des flueurs blanches abondantes; presque toutes sont soumises à des anomalies menstruelles; la grossesse eti'accouchement peuvent diminuer, suspendre ou dissiper même l'hystérie : j'ai guéri beaucoup de femmes de cette maladie eniiCombattantt.„viiGt©riepsement,4eSi>a|fections morbides utérines, j- ^rf^^mslf^'a'^ ^'^r^nfinî en?? '"< \rx'r\^^'>'\'^"
» Or, il est iinpossible de nier l'influence très-commune de la matrice sur la production de l'hystéricie. Mais en est-elle la cause constante? Non certainement. Tous les médecins qui voudront observer avec impartialité partageront cette opinion. »
A l'appui de cette doctrine, Lisfranc rapporte avec détail quatre observations très-concluantes et auxquelles il ne manque encore, pour être exactes, que de substituer les mots engorgements périutérins aux mots engorgements, utérins. L'expérience clinique nous a conduits depuis longtemps à adopter les idées de Lisfranc sur ce sujet. Nous sommes bien persuadé que l'hystérie peut, dans un très-
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grand nombre de cas, comme la plupart des névroses, se manifester, sans qu'il soit possible d'en bien préciser là cause, l'origine et le siège matériel, (c'est ce qui explique, c'est ce qui autorise, en quelque sorte, les hypothèses nombreuses qui ont été émises sur chacun de ces points) ; mais nous croyons aussi que, dans certaines circonstances, celte affection est étroitement liée à une maladie de rutérus ou de ses annexes. Nous possédons plusieurs faits qui ne permettent de conserver aucun doute à cet égard', et devant lesquels tous les raisonnements et toutes les considérations théoriques nous paraissent sans valeur. Quelques-uns de ces faits sont rapportés avec détail dans la dernière partie de cet ouvrage. On peut se convaincre, en les lisant, que chez toutes les malades qui en font l'objet les accidents hystériques se sont déclarés dans le cours d'une métrite simple ou compliquée d'une phlegmasie péri-utérine. On verra encore que la marche des accidents nerveux était subordonnée à celle de la phlegmasie utérine ou péri-utérine; que les crises et les accès hystériques étaient constamment précédés d'une douleur dans la région primitivement affectée ; qu'ils apparaissaient sous l'influence de toutes les causes capables d'exalter la sensibilité des organes génitaux ou d'exaspérer l'irritation morbide dont ils étaient le siège; qu'on pouvait les provoquer artificiellement par Une action mécanique exercée sur la matrice ou sur ses annexes (cathétérlsrae Utérin^ pression sur le col ou sur les tissus péri-utérins engorgés) ; que ces crises étaient d'autant plus répétées et d'autant plus violentes que la phlegmasie de l'utérus et de ses annexes était plus intense; qu^ elles diminuaient de force et de fréquence à mesure que cette phlegmasie marchait vers la résolution; enfin, que les émissions sanguines, ordinairement si funestes dans les névroses idiopathiquCs, exerçaient ici une influence également salutaire sur les phénomènes hystériques et sur l'inflammation utérine ou péri-utérine. Ces preuves nous paraissent suffisantes pour établir la réalité des relations qui existent entre ces deux états morbides et pour démontrer qu'assez souvent l'hystérie peut avoir son siège primtif dans l'utérus, et sa cause dans une maladie de cet organe ou de ses annexes.
Mais, de ce qu'une malade est atteinte de métrite interne et sujette en même temps k des attaques d'hystérie, nous ne prétendons pas que les accidents nerveux soient toujours et nécessairement liés à la phlegmasie utérine. L'hystérie peut avoir précédé la maladie de la matrice, et dans ce cas, elle en est indépendante; ce n'est plus
alors une névrose symptomatique, c'est une complication des plus rebelles et des plus fâcheuses, car elle constitue un des obstacles les plus sérieux à l'efficacité du traitement ordinaire de la métrite. Nous citons plusieurs exemples qui mettent ce fait hors de doute. II nous paraît donc utile d'exposer en quelques mots les caractères à l'aide desquels on peut distinguer l'hystérie symptomatique de l'hystérie idiopathique, indépendante de l'affection utérine ou périutérine.
Diagnostic. — Dans l'hystérie symptomatique, les accidents nerveux ne se montrent qu'après la manifestation des troubles utérins ou péri-utérins; l'explosion de l'accès est toujours précédée d'une douleur plus ou moins intense dans le bas-ventre, ou d'une exaspération de cette douleur, si elle existait déjà antérieurement. Toute cause capable de réveiller ou d'exalter la douleur utérine ou périutérine , soit directement , comme la fluxion menstruelle périodique, soit indirectement, comra<e une émotion vive, une souffrance ressentie dans une autre région du corps, provoque à peu près infailliblement une crise; on peut également la faire naître en irritant mécaniquement la matrice ou ses annexes par le toucher, par le cathétérisme utérin, la cautérisation, ou toute autre opération douloureuse pratiquée sur ces organes. Enfin, comme nous l'avons déjà dit, la marche de l'affection hystérique est sous la dépendance de celle de la métrite ou de la phlegmasie péri-utérine; elle en suit à peu près toutes les phases, toutes les variations, et loin de s'aggraver comme l'hystérie idiopathique, sous l'influence des émissions sanguines, elle en reçoit les mêmes avantages que la phlegmasie utérine ou péri-utérine; elle diminue d'abord, puis elle finit par disparaître, à mesure que s'opère la résolution de l'état inflammatoire. Les bons effets de la saignée révulsive sont tellement prompis et tellement prononcés chez quelques malades que les phénomènes nerveux s'amendent et se calment à chaque émission sanguine. Nous croyons devoir rappeler ici l'heureuse et significative expression d'une de nos malades qui nous disait u sentir ses nerfs couler avec son sang ». Rien de semblable ne s'observe jamais dans l'hystérie idiopathique.
Thérapeutique. — Ua])hovisme sublaf a causa toUitur effectus trouve ici son application. En effet, le meilleur traitement à opposer à