‹ Traité pratique des maladies de l'utérusChapitre 17 sur 159 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

Les grandes et les petites lèvres sont susceptibles, en dehors de toute influence syphilitique, d'acquérir un développement anormal qui constitue une véritable difformité.

L'hypertrophie est tantôt partielle, tantôt générale ; tantôt unilatérale, tantôt bilatérale : c'est-à-dire qu'elle peut intéresser exclusivement l'une des grandes ou l'une des petites lèvres ; ou bien les deux grandes lèvres simultanément, ou encore les deux petites lèvres à la fois; ou les deux lèvres, grande et petite, d'un même côté; ou enfin les quatre parties tout ensemble. On a vu aussi l'hypertrophie, quand elle était partielle, se porter successivement ou alternativement sur les divers organes constitutifs de la région vulvaire.

Cette lésion paraît être assez commune en Egypte, où Larrey en a recueilli les premiers exemples, sous la dénomination impropre de sarcocèle des femmes. Mais elle est fort rare en Europe; à ce point que les auteurs sont encore réduits à citer le fait unique observé et rapporté par Rigal (de Gaillac), il y aune trentaine d'années. Dans ce cas extraordinaire, les lèvres vulvaires avaient acquis de l'un et de l'autre côté des dimensions prodigieuses, et descendaient sous forme de deux énormes masses ckarnues jusqu'aux genoux. C'était un véritable éléphantiasis.

L'hypertrophie de la vulve s'accompagne généralement d'un surcroît d'activité circulatoire, caractérisé par le développement variqueux des veines de cette région.

La difformité dont il est ici question n'occasionne aucune incommodité appréciable quand elle est peu marquée; mais si l'hypertrophie atteint des proportions assez importantes, elle devient un sujet

Ik DIFFORMITÉS ET MALADIES DE LA VULVE.

d'embarras pour la marche, de gêne pour l'accomplissement des fonctions génitales, quelquefois aussi un objet de douleur, soit par les tiraillements que son poids détermine, soit par l'irritation et même les ulcérations résultant du contact et du frottement des surfaces.

Dans ces cas seulement, on pourra, sur la demande expresse des malades^ procéder à l'ablation des tissus exubérants, non point à l'aide du bistouri, mais par la ligature métallique, ou mieux encore par l'écrasement linéaire.

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