PRURIGO DE LA VULVE
Cette affection est ordinairement caractérisée par une éruption de papules occupant le pourtour de la vulve, sans changement de couleur à la peau. Ces papules sont l'origine et le siège de démangeaisons vives, souvent intolérables, se manifestant par accès, et plus intenses la nuit que le jour. Il en résulte, dit Lorry, une ardeur incroyable pour les plaisirs vénériens, et un besoin de se gratter tellementimpérieux, que les malades, perdant toute retenue, ne sauraient s'en empêcher, a même en présence d'un roi » . Telle est la maladie que l'on trouve décrite dans quelques autetirssous le nom de prurigo podicis. Dans certains cas, l'éruption revêt les caractères du lichen. La peau des grandes lèvres est rugueuse, dure, épaisse, plissée ; on a alors le lichen podicis, qui très-fréquemment se complique aussi
NONAT ET LINAS. G
d'eczéma, et constitue une lésion extrêmement pénible et rebelle.
Les démangeaisons de la vulve sont occasionnées et entretenues assez souvent, chez les enfants, par une migration d'oxyures vermiculaires venus du rectum; et quelquefois, chez les personnes plus âgées, par la présence d'insectes du genre pediculus.
L'acarus scabiei n'envahit pas les organes génitaux externes de la femme ; mais il se développe dans leur voisinage ; et alors la vulve peut être atteinte par une de ces éruptions secondaires, ecthyma, prurigo, etc. , qui accompagnent presque toujours la gale.
Parfois on ne découvre, pour expliquer les démangeaisons de la vulve, aucune éruption ; et les observateurs les plus rigoureux ont été conduits à considérer alors la maladie comme une sorte de névrose, un état particulier d'éréthisme des papilles nerveuses. C'est dans ce cas que l'on donne plus particulièrement à l'affection le nom de prurit de la vulve. Cette forme tourmente les malades plus cruellement encore que les précédentes. Elle est aussi plus opiniâtre, plus réfractaire aux agents thérapeutiques. Nous la décrirons dans un chapitre spécial.
Les démangeaisons de la vulve, quelles qu'en soient l'origine et la nature, deviennent assez souvent, d'une manière irrésistible, une cause d'onanisme et même de nymphomanie.
Un examen attentif des parties qui sont le siège de prurit ne peut laisser aucun doute sur le diagnostic.
Si le prurit est occasionné par une éruption papuleuse ou lichénoïde, le traitement doit consister dans l'emploi topique, soit en lotions, soit en pommades, des préparations alcalines, balsamiques, mercurielles, sulfureuses, iodées. On peut recourir encore avec avantage au camphre, à l'eau blanche, à l'oxyde de zinc, au bismuth, au cyanure de potassium, aux bains d'amidon, de Baréges, etc. \ A l'intérieur, on peut donner les amers, les préparations arsenicales, etc., et les autres agents de la médication antiherpétique.
Si les démangeaisons sont dues à la présence d'oxyures ou de parasites pédiculaires, ou encore à une éruption concomitante de la gale, il faut détruire directement la cause vivante du prurit par des parasiticides appropriés.
Si elles sont causées ou entretenues par une leucorrhée symptonuitique d'une maladie du vagin ou de l'utérus, on doit s'appliquer à rechercher et à tarir la source de l'écoulement.