PRURIT DE LA YULVE
lence irrésistible, se manifestant tantôt d'une manière continue avec des exacerbations irrégulières, plus ou moins fréquentes; tantôt d'une manière intermittente et à des intervalles très-variables.
Les exacerbations ou les accès surviennent quelquefois sans cause et pour ainsi dire sans aucune provocation ; d'autres fois ils se manifestent sous l'influence de toutes les causes excitantes, directes ou indirectes, de quelque nature qu'elles soient : telles que les émotions vives, les impressions subites de joie ou de douleur, l'usage d'aliments excitants et de boissons stimulantes (mets épicés, salaisons, vin de Champagne, café, thé, etc.), l'abus des chaufferettes, les fatigues corporelles, les exercices exagérés, l'équitatJon, la danse; les écarts de l'imagination, les lectures licencieuses, les excès vénériens, etc.... Mais c'est principalement pendant la nuit, et probablement en raison du décubitus dorsal et de la chaleur du lit, que les démangeaisons atteignent leur maximum d'intensité.
Le prurit de la vulve exerce à la longue, par sa persistance et par son intensité, des eftéts désastreux sur la santé générale. Chez quelques femmes, il détermine une surexcitation nerveuse générale se traduisant par des spasmes, des fnouvements convulsifs ou même de véritables attaques hyslériformes. Chez d'autres, il produit une exaltation génésique insatiable, avec tous les désordres de la nymphomanie.
Le plus souvent les malades deviennent tristes, moroses, inquiètes; elles perdent l'appétit, le sommeil et les forces; la nutrition s'altère, l'embonpoint disparaît, et fait place à la maigreur, au marasme et ù un ensemble de phénomènes qui peuvent en imposer pour une maladie organique grave.
Dans d'autres cas, la raison s'égare, les facultés mentales se pervertissent; des symptômes de manie ou de mélancolie se manifestent. On a vu des femmes chercher dans le suicide un terme à des souffrances devenues intolérables.
Par quels moyens combattre efïicacement les cruelles démangeaisons du prurit vulvaire?
1° Pour le prurit symptomatique, chercher d'abord la lésion étiologique ou originelle, locale ou circonvoisine, prochaine ou éloi» gnée; puis diriger contre elle une médication appropriée : sublatâ causa, tollituv effectua.
2'' Pour le prurit idiopathique, les difficultés sont plus grandes, le mal est plus rebelle.
A l'intérieur, on prescrit les antispasmodiques et les calmants sous toutes les formes : éther, chloroforme, narcotiques, pilules de Méglin, etc.
Si les démangeaisons s'accompagnent de crises nerveuses, on peut tenter de les apaiser par des inhalations anesthésiques.
L'hydrothérapie, les bains de mer, les bains sulfureux, les immersions froides, sont quelquefois employés avec succès.
Localement, on a coutume de recourir aux moyens suivants : applications promptes, courtes et souvent répétées de compresses imbibées d'eau très-chaude, aussi chaude que la malade pourra la supporter sans être brûlée (Trousseau); — lotions ou fomentations avec des solutions de sel marin, d'extrait de Saturne (eau blanche), d'oxyde ou de sulfate de zinc, de sulfate de cuivre, de bichlorure de mercure, de teinture d'iode à faible dose; — onctions avec des pommades composées des mêmes substances, avec la glycérine, soit pure^ soit additionnée de sous-nitrate de bismuth finement pulvérisé.
Tous ces médicaments ont été employés contre le prurit vulvairc ; ils ont quelquefois réussi à guérir ou à soulager ; quelquefois aussi ils ont échoué.
Dans les cas rebelles, ne pourrait-on pas recourir à deux autres moyens topiques qui n'ont pas encore été préconisés que nous sachions : l'électricité, et l'anesthésie locale pratiquée avec l'instrument de Richardson. Ce sont deux agents que nous n'avons pas encore eu l'occasion d'appliquer, mais qu'on pourrait essayer peut-être avec succès dans les prurits réfractaires : nous les signalons à l'attention des praticiens.
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