‹ Traité pratique des maladies de l'utérusChapitre 43 sur 159 · ABSENCE DU VAGIN · texte numérisé non relu

ABSENCE DU VAGIN

Les auteurs divisent cette anomalie en deux variétés : absence complète et absence incomplète. Nous ne saurions adopter une semblable division; car le mot absence implique une idée absolue tout à fait inconciliable avec la qualification d'incomplète. L'esprit se refuse à admettre et à comprendre une absence incomplète. Il faut être logique et rigoureux, môme dans le langage chirurgical. Nous rangerons donc parmi les imperforations les cas d'absence incomplète du vagin ; et nous n'admettrons qu'une seule forme d'absence du vagin, Vabsence complète.

Dans l'absence dite complète, il n'existe pas trace de conduit vaginal ; quelquefois les parties externes de la génération sont ellesmêmes absentes ou réduites à des proportions rudimentaires; plus rarement elles présentent leur configuration normale.

Dans ces sortes d'anomalies, l'utérus et les ovaires s'oflrent exceptionnellement avec leurs attributs ordinaires ; en général, ils sont également frappés d'atrophie, et participent à l'arrêt de développement des organes extérieurs.

Il est inutile d'ajouter que l'accomplissement des fonctions génératrices est absolument incompatible avec l'absence complète du vagin.

ARTICLE IL

IMPERFORATIONS DU VAGIN.

Les auteurs qui admettent l'absence incomplète du vagin rangent parmi les imperforations de cet organe les lésions que nous avons décrites sous le titre à' imper forât ions de la vulve.

Pour nous, ainsi que nous l'avons dit précédemment, l'absence incomplète du vagin n'est autre que l'imperforation ou l'oblitération de ce canal.

Cette anomalie se présente sous deux formes, suivant que le conduit vaginal est oblitéré dans la portion antérieure ou vulvaire, ou dans la portion postérieure ou utérine de sa longueur.

1" Imperforation de la partie antérieure du vagin. ■ — Dans CC cas, il n'existe au delà de la vulve aucune apparence de canal : ce n'est plus seulement la membrane hymen qui forme là un obstacle toujours facile à rompre ; c'est une soudure véritable et profonde des parois vaginales, se prolongeant jusqu'à un point plus ou moins voisin de l'utérus, et dont nulle autre tentative qu'une opération sanglante ne peut triompher. Il en résulte nécessairement que l'écoulement des règles ne s'eflectuc pas au dehors, et que les rapprochements sexuels sont impraticables.

Le sang menstruel et les autres liquides provenant de la cavité utérine (si l'utérus et les ovaires existent), retenus dans la partie postérieure du conduit vaginal, s'y accumulent et donnent lieu quelquefois à tous les accidents de la rétention des menstrues : tumeur intra-vaginale, douleurs lombo-abdominales, tuméfaction du basventre, symptômes de métro-péritonite, etc.

Ces accidents ne sont pas à craindre avant l'époque de la puberté. Souvent même, antérieurement à cette période, le vice de conformation dont il s'agit n'est point soupçonné, et l'attention n'est éveillée que par le défaut absolu de menstruation ou par les symptômes de la rétention du flux ménorrhagique.

2° Imperforation de la partie postérieure du vagin. — Dans cette

seconde variété, la portion inférieure ou vulvaire du vagin existe, mais la portion àupérieure ou utérine fait défaut. Le conduit vaginal

ABSENCE ET IMPERFORATION DU VAGIN. llo

se termine en cul-de-sac ou en doigt de gant, à une distance plus ou moins éloignée de la matrice. Si l'on pratique une exploration, soit par le toucher, soit à l'aide du spéculum, le doigt et l'instrument rencontrent un obstacle, et ne peuvent pénétrer jusqu'au museau de tanche.

Si l'utérus existe, on peut le constater à l'aide du toucher rectal; et alors, en pratiquant simultanément le toucher vaginal, il est possible d'apprécier l'étendue de l'imperforation, par la distance qui sépare la matrice du fond du vagin incomplet.

Les règles manquent comme dans le premier cas ; mais ici, au lieu de s'accumuler dans le cul -de-sac vaginal supérieur, qui n'existe pas, le sang menstruel s'amasse dans la cavité même de l'utérus, et donne lieu à des phénomènes que nous aurons occasion de décrire dans le chapitre consacré a la rétention des menstrues.

Les rapprochements sexuels sont possibles dans une certaine mesure, mais la fécondation ne peut s'accomplir.

L'absence du vagin et son imperforation donnent lieu à deux indications thérapeutiques : la première a pour but d'ouvrir une voie au sang menstruel et de remédier aux accidents de la rétention ; la seconde, de rendre possibles les rapports sexuels.

Dans la plupart des cas, il y a nécessité de satisfaire à la première indication, en raison même de la gravité des accidents occasionnés par l'accumulation du sang dans le cul-de-sac vaginal ou dans la cavité utérine. A l'occasion de la rétention des règles^, nous dirons ce qu'il convient de faire dans cette circonstance.

Quant à la seconde indication, elle exige l'établissement d'un vagin artificiel, opération délicate, difficile, rarement suivie de succès et assez souvent funeste pour qu'on ne doive la pratiquer qu'avec une extrême réserve et dans des circonstances tout à fait exceptionnelles. C'est, d'ailleurs, une opération de complaisance, dont le moindre défaut est de ne pas toujours atteindre le but qu'on se propose. Il n'est pas rare, en effet, de voir le vice de conformation se reproduire, en dépit de toutes les précautions opératoires; et, dans certains cas oii l'opération a réussi, des femmes devenues enceintes ont succombé pendant le travail de l'accouchement, à cause de l'obstacle provenant de l'inextensibihté du vagin artificiel.

On trouvera dans les ouvrages de chirurgie les détails l'elatifs au procédé opératoire.

>ONAT ET LINAS

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