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ÉTROITESSE DU VAGIN

Le rétrécissement général correspond, au contraire, à des lésions diffuses, telles que l'inflammation, l'œdème, etc. Une de ses formes mérite d'être mentionnée d'une manière toute spéciale, c'est celle qui suit les vaginites suraiguës et profondes, ou les vaginites chroniques très-opiniâtres avec compromission du tissu cellulaire sous-muqueux. 11 se passe, dans les cas de ce genre, un travail pathologique analogue à celui qui se produit dans certaines uréthrites blennorrhagiques profondes, travail pathologique sur lequel a -particulièrement insisté Vidal (de Cassis), et qui donne lieu à un rétrécissement général du canal de l'urèthre. La muqueuse s'épaissit et perd son élasticité dans toute son étendue ; le tissu cellulaire sous-jacent, infiltré par des dépôts plastiques, acquiert aussi une consistance et une fermeté anormales, qui ne lui permettent plus de se prêter à la dilatation. Il en résulte un rétrécissement permanent du conduit vaginal tout entier.

Le rétrécissement du vagin apporte à l'accomplissement des relations sexuelles, à la marche de l'accouchement, à l'exploration utéro-vaginale et aux opérations que réclament les lésions de l'utérus, des difficultés ou des obstacles en rapport avec l'étendue et le degré de la coarctation.

Il importe, dans le diagnostic, de rechercher le siège exact du rétrécissement, son étendue, ses causes, et la nature de la lésion quj le détermine. On doit donc s'enquérir s'il est partiel ou général, s'il est produit par une tumeur extra-vaginale ou par une lésion du vagin lui-même, par une bride cicatricielle ou par une altération organique de la muqueuse ou -du tissu cellulaire.

Le pronostic et les indications thérapeutiques découlent naturellement de la connaissance de ces divers éléments du diagnostic.

Les rétrécissements partiels sont, toutes choses •égales, beaucoup moins graves que les rétrécissemenis généraux ; et les rétrécissements produits par une cause organique sont d'une gravité incomparablement plus grande que les rétrécissements résultant d'une lésion inflammatoire ou traumatique.

Il est une classe de rétrécissements du vagin que l'on peut prévenir, et l'on ne doit rien négliger pour en empêcher la production : ce sont les rétrécissements traumatiques. S'abstenir, à moins d'absolue nécessité, de cautérisations trop énergiques, trop profondes et trop fréquentes ; surveiller la marche des plaies ou des ulcérations; limiter la grangrène et favoriser la prompte élimination

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des eschares ; s'opposer à la production de cicatrices vicieuses : tel est l'ensemble des précautions essentielles recommandées par une saine prophylaxie.

Le traitement curatif consiste dans l'emploi de divers moyens destinés à élargir graduellement le conduit vaginal jusqu'à lui donner, s'il est possible, un calibre compatible avec l'exercice régulier de ses fonctions.

La cure des rétrécissements partiels peut s'obtenir aisément quelquefois par la simple dilatation à l'aide d'instruments variés, tels que mèches, éponges préparées, bougies^ sondes à demeure, etc.; mais le plus souvent, surtout s'il s'agit de rétrécissements fibreux ou de brides cicatricielles, il faut recourir à l'instrument tranchant, bistouri ou ciseaux, en pratiquant, soit une incision simple, soit des incisions multiples, suivant l'étendue de la coarctation. Afm de ne pas aller au delà des parois vaginales et pour ne pas s'exposer à intéresser le péritoine, le rectum ou la vessie, il importe de procéder avec une extrême prudence, de n'avancer qu'avec lenteur, de donner aux incisions peu de profondeur, de consacrer au débridement complet plusieurs séances, et de n'atteindre les dernières limites du rétrécissement que d'une manière progressive. Il faut aussi, chaque fois qu'une incision a été pratiquée, interposer un corps étranger entre les lèvres de la plaie, afin d'en prévenir l'adhérence.

Si, après le débridement, le calibre du vagin n'est pas suffisant, on peut tenter de l'agrandir encore par la dilatation graduée.

Ce dernier procédé est le seul qu'on puisse employer' dans les cas d'étroitesse de la totalité du vagin. Mais on comprend tous les ménagements et toutes les précautions que cette opération réclame; la dilatation doit s'opérer avec lenteur et progressivement, afin d'éviter les contusions, les érosions, les déchirures et toutes les autres blessures de la muqueuse vaginale auxquelles pourrait donner lieu l'introduction violente ou forcée d'un instrument dilatateur.

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