‹ Traité pratique des maladies de l'utérusChapitre 57 sur 159 · POLYPES 1)U VAGIN · texte numérisé non relu

POLYPES 1)U VAGIN

fréquentes ou continues, par une sensation de pesanteur incommode sur le périnée, une pression sur la vessie ou sur le rectum accompagnée d'envies fréquentes d'uriner et de besoins pressants de garderobes.

Ces symptômes sont plus prononcés encore si le polype tend à s'échapper ou s'échappe à travers la vulve. Alors la malade éprouve la sensation d'un corps étranger qui fait effort pour sortir du vagin» Les douleurs augmentent dans la station verticale, dans la marche, dans tous les mouvements et dans tous les efforts. Le polype rentre spontanément lorsque la malade est couchée.

Il est inutile d'insister sur les autres troubles fonctionnels qu'entraîne la présence d'un polype volumineux dans le vagin, tels que les dérangements de la menstruation, l'obstacle aux rapprochements sexuels et à la fécondation. Les petits polypes, et même les polypes moyens, n'exposent pas à ces inconvénients. La femme dont nous avons parlé plus haut, et qui portait un polype gros comme une figue, inséré sur le vagin et sur le col de l'utérus, était enceinte de trois mois lorsque nous l'avons examinée.

Les gros polypes qui font saillie hors de la vulve peuvent en imposer pour un prolapsus utérin, pour un allongement hypertrophique du col de la matrice, pour une inversion complète de l'utérus, ou enfin pour une procidence de la muqueuse vaginale. Mais une exploration attentive par le toucher et par le spéculum ne permet pas de confondre des lésions si différentes par leur nature et par leur siège. Nous croyons qu'il suffit d'appeler l'attention sur ces points de diagnostic pour mettre le praticien à l'abri de toute erreur.

Les polypes du vagin peuvent-ils, comme ceux de l'utérus, se détacher spontanément et être expulsés par les seuls efforts de la nature? On en conçoit la possibilité pour les polypes à pédicule étroit et allongé; mais nous ne connaissons aucun fait dans la science qui l'établisse d'une manière positive.

L'incision, l'excision, la ligature et la torsion ont été employées tour à tour pour l'extirpation des polypes du vagin. Mais ces procédés opératoires sont remplacés avec avantage, soit par l'écrasement linéaire, soit par la ligature extemporanée, qui n'exposent ni à l'hémorrhagie, ni à la nécessité de cautériser la surface d'implantation, et n'exigent aucun soin consécutif.

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