‹ Traité pratique des maladies de l'utérusChapitre 59 sur 159 · PROLAPSUS GÉNÉRAL OU COMPLET · texte numérisé non relu

PROLAPSUS GÉNÉRAL OU COMPLET

On voit quelquefois la muqueuse vaginale, relâchée dans toute son étendue, faire hernie à travers la vulve et descendre plus ou moins bas au-dessous de cet orifice. La surface de Cette tumeur est

PROLAPSUS OU PROGIDENCE DU VAGIN. 151

rouge, irrégulière, plissée; elle présente à son centre une ouverture facile à dilater, et par laquelle on peut pénétrer dans le vagin.

Cette tumeur rentre quelquefois spontanément, dans -la position horizontale; il est toujours possible de la réduire par une pression modérée.

La procidence complète du vagin coexiste généralement avec un prolapsus ou une chute de la matrice, et donne naissance à des symptômes analogues : pesanteur dans la région génitale, tiraillements dans les aines et dans les reins, gêne, fatigue ou douleurs pendant la marche, saillie plus grande de la tumeur dans la station verticale et pendant les efforts, leucorrhée vaginale, envies fréquentes d'uriner^ constipation, etc.

Les rapprochements sexuels sont très-difficiles, souvent môme impossibles.

Nous renvoyons, pour plus de détails, à l'histoire des déplacements de l'utérus.

1° 'Traitement préventif. — Empêcher le séjour trop prolongé de l'urine dans la vessie, combattre l'inertie de cet organe par des excitants généraux et locaux (frictions stimulantes, fomentations froides, strychnine et noix vomique, électrisation surtout); — prévenir la constipation par les purgatifs, les lavements, l'électrisation du rectum, un régime alimentaire approprié; — tonifier la muqueuse vaginale par des injections astringentes, des douches froides; — agir sur le bassin à l'aide de procédés hydrothérapiques, bains de siège à eau courante, bains d'immersion, douches ascendantes, douches en cercle, douches en jet ou en pluie, alfusions, etc.

2° Traitement euratif. — a. Moyens communs à toutes les espèces de procidence vaginale. — Les injections, les douches, les procédés hydrothérapiques, que nous venons d'énumérer, sont employés aussi comme moyens curatifs; ils sont toujours utiles, principalement au début de la maladie; mais, à un degré plus avancé, ils sont insuffisants. On est obligé alors de recourir aux procédés contentifs et mécaniques : ceinture abdominale, munie d'une pelote périnéale ; pessaires à air de caoutchouc.

b. Moyens particuliers à chaque variété de procidence vaginale. — 1° Cystocèle vaginale. — Évacuation fréquente de l'urine; électrisa-

tion de la vessie; pessaire spécial de caoutchouc, présentant par une de ses faces *(celle qui correspond à la paroi antérieure du vagin) une -saillie plus considérable qu'en arrière, tel que l'a imaginé M. Jules Gloquet.

Jobert (de Lamballe), dans le but d'obtenir la cure radicale de cette lésion, a pratiqué une opération consistant à enlever à l'aide du bistouri une ou plusieurs bandes longitudinales de la muqueuse du vagin sur sa paroi antérieure, et à réunir ensuite les bords de l'incision par des points de suture. Il importe de laisser à demeure une sonde de gomme élastique dans la vessie, afin d'empêcher les contractions de cet organe, jusqu^à la cicatrisation complète.

Vidal (de Cassis) a proposé de pincer les plis du vagin avec de très fortes serres-fines, et de les laisser en place jusqu'à la mortification des tissus étreints. Il en résulte, suivant ce chirurgien, une inflammation suppurative qui produit une cicatrice inodulaire.

2° Rectocèle vaginale. — Empêcher ou prévenir l'accumulation et le séjour prolongé des matières stercorales dans le rectum ; — électrisation du rectum, moyen souvent efficace et dont nous avons obtenu de bons résultats ; pessaire plus saillant par sa face rectale que par sa face antérieure.

Tenter la cure radicale en appliquant à la paroi vaginale postérieure un procédé analogue à celui que Jobert a appliqué à la paroi antérieure pour la cure delà cystocèle.

Bellini (de Florence), cité par Malgaigne, obtint la guérison d'une malade en étreignant la partie excédante de la muqueuse du vagin avec un nombre suffisant de points de suture. Vidal (de Cassis) pense, non sans raison, que dans ce cas, comme dans le précédent, la suture peut être remplacée avantageusement par l'application des serres-fmes.

Ces opérations ne sont pas sans gravité, en raison des accidents qui peuvent les compliquer ou en être la suite (inflammation phlegmoneuse ou péritonéale, fistules, etc.). On ne doit y recourir qu'avec la plus grande réserve, et dans les cas seulement où la lésion, réfractaire à tous les autres moyens, occasionne des troubles sérieux dans la santé.

3° Quant à la procidence complète, il faut chercher à la réduire, puis à soutenir le vagin par des appareils contentifs appropriés : pessaires à air, pessaires en bilboquet, etc.

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