CANCER DU VAGIN
Le cancer du vagin peut être primitif ou consécutif.
Le cancer primitif, c'est-à-dire celui qui se montre d'emblée sur les parois du vagin, est fort rare. Il se développe indifféremment sur un des points de la muqueuse vaginale; cependant il affecte de préférence la paroi recto-vaginale.
Au début, c'est une lésion de peu d'étendue, et qui pendant quelque temps peut rester latente et passer inaperçue.
D'autres fois, elle se trahit par des douleurs prématurées, lancinantes, opiniâtres; et alors on découvre, par le toucher et par l'examen au spéculum, un point induré, saillant, irrégulièrement ovale, avec une vascularisation intense de la portion de membrane muqueuse correspondante.
Ces modifications de tissus résistent à tous les moyens employés pour y remédier. Elles gagnent de proche en proche, d'une manière lente mais continue, jusqu'à envahir une grande partie du vagin et à rétrécir son calibre. Bientôt l'induration s'ulcère. Cette ulcération présente un fond sanieux ou grisâtre, des bords déchiquetés et fongueux; elle donne lieu à une sécrétion morbide, sanguinolente et fétide, s'étend en surface et en profondeur, entame les tissus sous-jacents, atteint les organes voisins, détruit, suivant son siège, la cloison recto-vaginale ou vésico- vaginale, et finalement établit des communications anormales entre le vagin et le rectum, ou le vagin et la vessie. Souvent aussi le cancer envahit le col utérin et une partie du corps de la matrice. Dans ces différents cas, il est difficile de dire, quand on n'a pas assisté au début de la lésion, par quel organe exactement elle a commencé. A cette période extrême, les douleurs sont incessantes et horribles.
et les désordres fonctionnels en rapport avec les ravages de la maladie. Aux symptômes locaux, résultant de la perforation des cloisons vaginales, s'ajoutent les phénomènes généraux caractéristiques de l'infection et de la cachexie cancéreuses, et que nous n'avons pas à rappeler ici.
Ordinairement le cancer du vagin est consécutif, c'est-à-dire qu'il n'est qu'une extension d'une lésion de même nature primitivement développée dans un organe du voisinage : vulve, utérus, rectum ou vessie.
Le cancer du vagin n'offre pas plus de chances de curabilité que le cancer en général.
Au début, quand il n'a 'pas acquis 'encore une grande étendue, quand il est bien circonscrit et n'intéresse que la membrane muqueuse, on peut en pratiquer l'ablation ; mais il est rare que cette opération mette à l'abri d'une récidive.
Dans une période plus avancée, il y aurait témérité à porter, soit un instrument tranchant, soit un caustique sur les parties malades, et le mieux consiste à se borner à l'emploi d'une médication palliative : — Localement, lotions et injections émollientes et narcotiques, détersives et désinfectantes (liqueur de Labarraque, teinture d'iode, eau phéniquée, permanganate de potasse, etc.);
— A l'intérieur, calmants et antispasmodiques, toniques et fortifiants (quinquina, ferrugineux, amers), régime réparateur.
Choix d'un bon climat, d'un air pur et d'une habitation saine.
DIFFORMITÉIS ET IIALADIES DE li'VTÉRrS