DES MOLES UTÉRINES
Définition. — Jusque dans ces dernières années, rien n'était plus Tague et plus indéterminé que le sens de ce mot. Sous cette dénomination, les anciens et un assez bon nombre de modernes ont décrit toutes les productions intra-utérines dont ils ne pouvaient nettement fixer la nature ; si bien qu'ils ont très-souvent rapproché et confondu les lésions les plus disparates par leur texture et les plus étrangères parleur origine. Il suffit, pour se convaincre de la vérité de ce que nous avançons, de lire le chapitre consacré aux moles dans les différents traités de gvnécologie qui ont paru avant 1845, et en particulier dans les Leçons de clinique chvrurgicale deLisfranc.
Nous n'engagerons pas une discussion stérile sur la nature des môles, et nous n'emploierons pas un temps précieux à passer en revue les opinions si diverses et si contradictoires qui se sont produites sur cette lésion, depuis Hippocrate jusqu'à nos jours.
Pour nous, comme pour la majorité des auteurs modernes, la môle est un produit de conception, nous dirons même, avec Ruysch, le produit d'une conception altérée. On croit généralement qu'une môle représente « les restes des enveloppes du germe anormalement développées, ou s'étant modifiées plus ou moins après la mort et la destruction d'un embryon ou môme d'un fœtus qui s'est résorbé en tout ou en partie. »
La plupart des auteurs ont distingué deux variétés de môles : les vraies môles ou môles légitimes, et les fausses môles.
Nous ne parlerons ici que des premières,, puisque les autres ne sont que des concrétions sanguines, des corps fibreux ou des polypes libres dans la cavité utérine.
Anatomie et phtsiologie pathologiques. — Les vraies môles ont été divisées en môles charnues et môles vésiculaires ou hydatiformes.
1° Les môles charnues se présentent, comme leur nom l'indique, sous la figure d'une masse de chair, dont la structure varie sensiblement, selon que le moment de leur expulsion s'éloigne plus ou moins du temps de la destruction du germe.