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DU CANGER DE L'UTÉRUS

que l'on trouve dans les livres, ou dont on fait grand bruit dans le monde^, proviennent ou d'une erreur de diagnostic ou delà mauvaise foi et du charlatanisme. Il n'existe encore dans la science aucun cas de guérison authentique d'un véritable cancer. Telle est notre intime conviction. Est-ce à dire, pour cela, que nous niions d'une manière absolue la curabilité du cancer? Nullement : nous ne voulons pas à ce point préjuger des progrès futurs de l'art de guérir. Ce que nous prétendons seulement, c'est qu'une médication vraiment efficace contre le cancer est encore à trouver.

Thérapeutique. — Nous n'avons donc pas besoin de nous étendre longuement sur les moyens de traitement proposés contre cette terrible aû'ection.

A l'intérieur, on a vainement administré tour à tour la ciguë, le chlorure d'or, les préparations d'iode, les mercuriaux, etc.

Comme moyens externes et chirurgicaux, Lisfranc a proposé et pratiqué l'amputation du col de la matrice. MM. Scanzoni et Bennett conseillent cette opération seulement au début du cancer et lorsque la lésion est très-circonscrite.

Langenbeck et Récamier ne se contentaient pas de l'excision des parties affectées, ils extirpaient le col utérin en totalité. Et même, dans un cas, Récamier a enlevé l'utérus tout entier.

Jobert (de Lamballe) a préconisé la cautérisation avec le fer rouge.

M. Maisonneuve a proposé l'extirpation au moyen de la ligature, et M. Chassaignac, à l'aide de l'écraseur linéaire. Nous croyons que ces deux derniers moyens peuvent être employés pour les cancroïdes pédicules que nous avons décrits sous le nom de choux-fleurs cancéreux.

D'autres praticiens ont eu recours à toutes les variétés de caustiques solides et liquides : chlorure de zinc, perchlorure de fer, chlorure de brome, pâte de Vienne, potasse caustique de Filhos; acides sulfurique, azotique, chlorhydrique, nitrate d'argent, nitrate acide de mercure, etc., etc.

Il n'est pas un de ces moyens que nous n'ayons essayé, à plusieurs reprises, et à toutes les périodes du cancer. Toujours nous avons vu la lésion récidiver, soit sur place, soit sur un autre organe.

La plupart même sont plus nuisibles qu'utiles, surtout à une certaine période. On a étrangement abusé, dans ces derniers temps,

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de la cautérisation et particulièrement de la cautérisation au fer rouge. Nous sommes convaincus que, dans la majorité des cas, la cautérisation n'est propre qu'à déterminer une irritation dangereuse et à précipiter la marche du cancer. Il ne faut donc en user que trèssobrement, et seulement lorsque le mal est limité en surface et en profondeur.

Nous croyons donc que, dans l'état actuel de la science, il faut confesser l'impuissance de l'art et se borner à une médication palliative, c'est-à-dire au traitement des accidents déterminés par le cancer.

On combat la douleur par les narcotiques à l'intérieur et à l'extérieur : les préparations d'opium, de belladone, de jusquiame, de chloroforme, etc.; les injections calmantes, les lavements et les suppositoires opiacés et belladones, les cataplasmes, les fomentations, les onctions, les petits vésicatoires saupoudrés de morphine sur le bas-ventre^ les bains entiers adoucissants et calmants, etc.

La douleur est quelquefois si vive et si rebelle, qu'elle résiste à tous les calmants sous quelque forme qu'on les administre, et à quelque dose qu'on les porte. Les malades acquièrent alors une telle tolérance pour l'opium que nous avons pu, sans déterminer aucun phénomène de narcotisme, donner jusqu'à 1 gramme 50 d'extrait thébaïque.

On lutte contre la métrorrhagie : à l'intérieur, par les astringents (ratanhia, tannin, eau de R&bel, perchlorure de fer, eau et boissons acidulées), par le seigle ergoté, la glace, etc.; à l'extérieur, par les applications froides sur l'abdomen, les injections et les lavements glacés, les injections astringentes de tannin, d'alun, de ratanhia, de perchlorure de fer ; l'application directe de ces substances sur l'ulcère cancéreux, s'il est la source de l'hémorrhagie ; enfin la cautérisation avec le fer rouge, la potasse caustique de Filhos et le ni- ( trate acide de mercure.

Dans certains cas rares, chez les femmes encore robustes, au début, lorsque la métrorrhagie tient à un état fluxionnel évident de l'utérus, on peut tenter, ainsi que Lisfranc l'a conseillé, de modérer ou d'arrêter la perte sanguine à l'aide d'une petite saignée révulsive de li5 à 60 grammes. Mais, nous le répétons, il ne faut user de ce moyen qu'exceptionnellement et s'il est formellement indiqué.

Contre l'écoulement morbide, on doit employer fréquemment les injections détersives, désinfectantes, pour en détruire la fétidité.

GÉNÉRALITÉS SUR LES LÉSIONS MÉCANIQUES DE L'uTÉRUS. 509.

Nous avons l'habitude de prescrire, en injection, 5 à 6 gram. de chlorure de soude ou de chaux dans 1 litre d'eau, et de faire entourer les malades de vases contenant une certaine quantité d'hypochlorite de chaux délayé dans l'eau. Nous employons encore en lotions et en injections les solutions de permanganate de potasse (5 gr. p. 1000), d'acide phénique (5 gr. p. 1000) et d'acide thymique (au millième).

Enfin, on combat les troubles gastriques par les moyens appropriés, les eaux gazeuses, alcalines, la glace^, etc. ; on excite l'appétit par les cordiaux et les stimulants; on oppose à la constipation des purgatifs légers et de préférence les purgatifs huileux ; on soutient les forces par les toniques, les ferrugineux,, un régime analeptique, et de bonnes conditions hygiéniques.

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