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GÉNÉRALITÉS SUR LES LÉSIONS MÉGANIQUES DE L'UTÉRUS

mécaniques, quand elles survivent aux altérations vitales et qu'elles entretiennent les douleurs et les phénomènes morbides divers, dont la phlegmasie de la matrice ou de ses annexes a été le point de départ.

Le traitement des lésions mécaniques de la matrice, envisagées isolément c'est-à-dire dégagées de toute affection concomitante, peut être divisé en :

1° Traitement médical;

2° Traitement chirurgical.

A. Traitement médical. — Quelques praticiens, frappés de l'insuffisance des moyens mécaniques, et ne voyant qu'un palliatif dans l'emploi de ces moyens, ont songé à attaquer par des remèdes spéciaux l'altération des tissus à laquelle ils attribuent le déplacement ou la déviation utérine. Suivant la nature présumée de cette altération, — relâchement ou atonie, engorgement ou rétraction, — ils ont recours aux astringents et aux toniques, aux fondants et aux résolutifs.

Ces médications ont été employées, tantôt à l'intérieur, comme agents généraux; tantôt directement sur les parties malades, comme agents topiques.

De là deux ordres de moyens dans le traitement médical : des moyens généraux et des moyens locaux.

a. Traitement général. — Les moyens généraux ou internes, essayés jusqu'à ce jour, sont : l'iodure de potassium et le proto-iodure de mercure, préconisés par Bell; les préparations ferrugineuses, l'acide tannique et le seigle ergoLé, mis en usage par Kiwisch.

Nous ne comprenons point quel peut être le genre d'action du proto-iodure de mercure dans les cas de lésions mécaniques de Tutérus. C'est un moyen purement empirique qui n'a jamais produit de guérison, qui ne mérite aucune confiance et que son auteur, après l'avoir seul employé sans doute, a fini par abandonner luimême.

Le seigle ergoté, par son action spéciale sur le tissu contractile de l'utérus, a pu faire concevoir quelques espérances, que l'expérience n'a point confirmées; on y a renoncé également.

L'usage de l'iodure de potassium, dans les cas où il serait démontré que la déviation est entretenue par un engorgement utérin ou péri-ulérin, l'administration des préparations astringentes ou

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martiales, clans les cas où la lésion mécanique tiendrait à un vice lymphatique de la constitution, à une atonie des tissus, seraient suffisamment justifiés pour mériter d'être essayés. Mais, en général, on ne doit pas en attendre des résultats bien satisfaisants. Nous les considérons plutôt comme des moyens adjuvants que comme des moyens vraiment curatifg. Ce serait s'exposer à d'étranges déceptions que d'en espérer davantage.

h. Traitement local. — Les topiques divers, conseillés ou employés contre les lésions mécaniques de l'utérus, sont : les douches froides dirigées sur l'hypogastre ou sur le col de la matrice; les préparations astringentes et toniques, le tannin, l'acétate de plomb, le nitrate d'argent, le perchlorure de fer, la cautérisation intra-utérine avec le crayon d'azotate d'argent, etc.

Les douches froides, convenablement et méthodiquement administrées, peuvent améliorer l'état des femmes atteintes de lésions mécaniques de la matrice, surtout dans les cas où ces lésions reconnaissent pour cause le défaut de ton, l'excessive laxité des tissus. C'est alors seulement qu'on peut y avoir recours avec quelque chance de succès; mais, à notre avis, on doit formellement s'en abstenir, quoi qu'en aient dit certains auteurs, dans les cas où la lésion mécanique est causée ou entretenue par un engorgement inflammatoire des tissus. Nous avons déjà dit combien l'emploi des douches peut devenir funeste dans ces circonstances, et nous rapporterons des observations qui sont de nature à en démontrer tout le danger.

Kiwisch a eu la malheureuse idée d'injecter dans l'utérus dévié ou infléchi une solution de perchlorure de fer. Les accidents qui ont suivi ses premières tentatives ne l'ont pas encouragé à persévérer dans l'emploi de ce moyen.

Nous ne sommes guère disposés à attribuer une grande efficacité aux autres solutions astringentes préconisées dans le môme but. La cautérisation avec le nitrate d'argent peut être utile dans les cas où la lésion mécanique s'accompagne de métrite interne; mais alors c'est contre cette dernière affection qu'agit efficacement le caustique, et non contre la déviation.

En résumé, le traitement médical, sous quelque forme qu'on l'emploie, à l'intérieur ou à l'extérieur, nous parait insuffisant pour guérir une lésion mécanique quelconque de la matrice. Il peut contribuer, dans certains cas, à soulager les malades, à améliorer leur état ; mais nous ne pensons pas qu'il puisse rendre d'autres services.

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B. Traitement ceirurgical et méganique. — Ainsi que nous le dirons plus bas, nous ne croyons pas davantage à Fentière efficacité du traitement chirurgical. Néanmoins, nous ferons remarquer, dès l'abord, qu'il est assez rationnel d'opposer à une lésion mécanique un ensemble d'agents mécaniques aussi. Mais dans quelle mesure peut-on y recourir? C'est encore une question que nous nous réservons de traiter quand nous aurons fait connaître les procédés généralement usités.

Le traitement chirurgical comprend deux ordres de moyens propres à satisfaire aux deux grandes indications réclamées par toute lésion mécanique de l'utérus. En effet, étant donné un changement dans la direction ou dans la situation de la matrice^ on doit : 1° réduire la* lésion, c'est-à-dire replacer l'organe dans sa position normale; 2° maintenir l'organe réduit, c'est-à-dire l'empêcher de reprendre sa position vicieuse.

I. Réduction. — Le modc de réduction varie avec la nature et le sens de la lésion mécanique de l'utérus; nous aurons donc occasion de revenir sur ces diverses manœuvres à propos de chaque déplacement ou de chaque déviation en particulier.

Cependant nous pouvons indiquer, dès maintenant, les deux grandes méthodes de réduction, avec leurs différents procédés.

1° La première méthode comprend l'ensemble des moyens qui agissent sur l'extérieur de l'utérus.

Cette méthode comporte trois procédés :

a. Le premier procédé consiste à réduire directement la matrice avec les doigts introduits dans le vagin.

b. Dans le deuxième, on refoule l'utérus, d'une manière médiate, soit en arrière, par la paroi hypogastrique, soit en avant, par le rectum.

c. Le troisième procédé, que nous appellerons mixte, réunit les deux précédents : on réduit la matrice en la refoulant simultanément par le vagin et le rectum, par l'hypogastre et le vagin, par le rectum et l'hypogastre.

2° La seconde méthode consiste à réduire la matrice à l'aide d'instruments introduits dans la cavité même de l'organe.

On se sert habituellement, pour pratiquer ce genre d'opération, de la sonde utérine de Simpson ou de l'hystéromètre de M. Huguier.

La manœuvre diffère^ suivant la variété de déplacement ou de déviation à laquelle on a affaire.

II. Contention. — Les moyens contentifs, dont le but est de maintenir l'utérus réduit, sont fort nombreux; on peut les diviser en deux classes, comprenant :

1" Des moyens que nous appellerons physiologiques; — 2° des moyens mécaniques proprement dits.

Moyens physiologiques. — Le plus important de ces moyens est la position. Elle consiste à placer les malades dans l'attitude qui convient le mieux pour empêcher la matrice de se porter dans le sens de son déplacement. Cette position doit toujours être opposée à la direction vicieuse de l'utérus, de manière à lutter, par l'action de la pesanteur, contre la tendance morbide de l'organe. Dans un certain nombre de cas, une bonne position contribue ou même suffit à atténuer les souffrances ou à les faire disparaître.

Nous ne ferons que citer pour mémoire le conseil donné par M. Piorry de laisser séjourner le plus longtemps possible Furine et les matières fécales dans leurs réservoirs naturels, afin de refouler la matrice par la distension de la vessie et du rectum, entre lesquels elle se trouve placée.

Moyens mécaniques. — Les moyens mécaniques proprement dits peuvent être divisés en cinq classes :

a. Les uns s'appliquent hors des organes de la génération, et sur quelque point des parois pelvienne ou abdominale. Nous les appellerons moyens externes : telles sont la ceinture abdominale, la ceinture hypogastrique et la pelote périnéale.

b. Les autres s'introduisent dans le vagin et pressent ou soutiennent l'utérus en masse, en agissant sur le col de l'organe. Nous les nommons intra-vaginaux : ce sont les diverses variétés de pessaires et d'hystérophores.

c. D'autres sont portés dans la cavité même de la matrice, et ont surtout pour but de la redresser, de lui rendre son axe normal; on les désigne sous la dénomination d'instruments intra-utérins: tels sont les redresseurs de Riwisch, de Mayer, de Simpson, de Detschy et de Valleix.

d. Il en est qu'on introduit dans le rectum, et qui agissent sur la matrice d'une manière indirecte ; nous les appellerons intra-7'ectaux : telles sont les mèches de charpie, proposées par M. Huguier, et les vessies élastiques remplies d'air, employées par Favrot.

e. Une dernière classe de moyens consiste dans la pratique de certaines opérations sanglantes sur la muqueuse vaginale ou utérine,

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dans le but d'obtenir la cure radicale des lésions mécaniques de la matrice : c'est ainsi que Robertson a proposé de raccourcir la muqueuse du côté opposé à l'inclinaison; qu'Amussat a conseillé d'établir des adhérences entre une des lèvres du col utérin et le vagin, soit par l'excision, soit par la cautérisation de la muqueuse utérovaginale avec la potasse caustique; et qu'enfin M. Desgranges a proposé de détruire partiellement la muqueuse au moyen des cautérisations multiples.

De quelques moyens contentifs en particulier. — Nous signalerons, d'une manière spéciale, ceux des instruments ou des appareils qui sont le plus généralement employés pour soutenir l'utérus ou pour maintenir réduite une lésion mécanique de cet organe.

Ces appareils sont si nombreux, si divers et d'un emploi si fréquent, qu'il nous a paru nécessaire, après en avoir présenté la nomenclature et la classification, d'en donner la description et la figure, et d'en indiquer le mode d'action.

A. Moyens mécaniques externes. — Ce SOnt CCUX qui s'appli-

quent extérieurement, ou hors des organes de la génération, et qui comprennent : 1° les cei7itures abdominales', 2° les ceintures Qi\e& peintes hypogastriques ; 3° les pelotes ou coussins périnéaux.

i° Les ceintm^es abdomincdes agissent sur la totalité des parois de l'abdomen. Elles ont pour but d'exercer sur le ventre une compression douce et méthodique, de soutenir ou de renforcer ses parois distendues ou relâchées, de refouler légèrement la masse des viscères intestinaux, d'en diminuer le poids, de les immobiliser et d'empêcher leur déplacement et leur collision. Ces ceintures doivent embrasser tout l'abdomen jusqu'au-dessus de l'ombilic (fîg. \k).

Les ceintures abdominales conviennent aux malades atteintes de tumeurs volumineuses du bassin, telles que kystes de l'ovaire, corps fibreux utérins; elles sont utiles aussi dans les cas d'éventration ou d'écartement de la ligne blanche, et dans ceux où les parois abdominales chargées d'un embonpoint excessif constituent une véritable incommodité.

Lorsqu'on veut refouler plus complètement la masse intestinale,

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et protéger plus efficacement l'utérus, on ajoute soit une pelote bourrée de crin, soit un coussin en caoutchouc gonflé d'air, qui se place entre la ceinture et la paroi abdominale immédiatement au-dessus de la symphyse du pubis (fig. 15).

2° Les ceintures hypogastriques remplissent spécialement cette dernière indication. Leur action ne s'exerce pas sur la totalité de l'abdomen; elle est limitée à l'hypogastre. Ces ceintures sont construites de manière à refouler fortement les intestins en haut et en arrière, à les écarter du petit bassin, à en supporter le poids^ à les empêcher de peser sur l'utérus et sur ses annexes. Leur partie principale est une pelote ou coussin d'une consistance ferme, de forme triangulaire ou oblonguc, à angles arrondis et mousses, doublé en avant ou sur sa face externe par une plaque métallique, recouvert en arrière et sur sa face interne d'une peau de daim ou de chamois. Aux deux extrémités de cette pelote s'adapte une ceinture à ressort, qui se boucle et prend son point d'appui par derrière, sur le sacrum (fig. 16).

FiG. 16.

La pelote hypogas trique doit être appliquée immédiatement audessus du pubis, légèrement inclinée de haut en bas et d'avant en arrière. La plaque de la plupart de ces appareils est munie d'un mécanisme qui permet, au moyen d'une clef, de varier à volonté l'inclinaison de la pelote.

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