‹ Traité pratique des maladies de la peau [electronic resource] (volume 2)Chapitre 39 sur 73 · VI- CROUPE · texte numérisé non relu

VI- CROUPE

Les maladies dont nous composons ce sixième groupe sont toutes des affections squameuses, quoique plusieurs d'entre elles portent des noms tirés des changements de couleur qu'elles donnent à la peau. 11 faut cependant en excepter Yacromie, mais ce qui nous a engagé à placer cette affection à côté du pityriasis, c'est qu'il est si commun de la trouver liée au pityriasis versicolor ou nigra, que pendant longtemps j'ai pensé que les auteurs en avaient à tort fait une maladie à part; lorsqu'il y a deux ans j'ai observé un exemple d'acromie sans coloration de la peau autour de la décoloration ; ainsi, un seul cas en treize ans d'observation! Mais cet exemple a été si net, si tranché, que nous ne pouvons plus révoquer en doute l'observation du passé. Toutefois cette circonstance nous conduira nécessairement à modifier la description qui en a été donnée. Ce groupe comprend les variétés de pityriasis , l'acromie ou vitiiigo , le psoriasis, le lepra vulgaris et Yichthyose. Ces diverses maladies ont un premier rapport commun, c'est Y hérédité. Elles se transmettent fréquemment de génération en génération, et il n'est pas rare de voir cette disposition héréditaire assez marquée pour que l'affection passe sur une génération sans l'atteindre et affecte la suivante. Parmi ces affections, celle qui sous ce rapport présente ce cachet a un degré plus prononcé, c'est Yichthyose. Il est rare qu'elle pardonne sous ce rapport. Elle manifeste même sa présence au début de la vie, soit à la naissance, soit quelques semaines ou quelques mois après. Vient ensuite le psoriasis , puis le lepra vulgaris. Il est beaucoup plus rare d'observer l'hérédité dans les deux autres affections.

Nous avons dit que toutes ces maladies présentaient la forme squameuse , c'est-à-dire qu'elles ont pour cachet une sécrétion épidermique exagérée. Que faut-il entendre par cette sorte de

VIe GROUPE. /,7ÇJ

sécrétion ? Il serait plus rationnel de dire qu'elles fournissent des productions épidermiques, sauf à distinguer entre elles ces productions.

Sous ce rapport, on doit en reconnaître de plusieurs espèces : farine, furfures, pellicules et squames. Spécifions chacune de ces dénominations afin d'établir les moyens de les distinguer entre elles. On appelle farine une sorte de duvet épidermique souvent peu appréciable à l'œil nu , mais qui vient à se dessiner quand on frotte la peau malade avec une étoffe de laine de couleur foncée, le drap noir, par exemple. Le mot furfure exprime des lamelles épidermiques très petites, plus adhérentes et plus apparentes ; très sensibles, par exemple, quand on promène le doigta la surface de la peau ; mais sans régularité, sans forme marquée. On nomme squames ou écailles des agglomérations de lamelles épidermiques superposées, mais d'une manière irrégulière, d'un aspect plus ou moins argenté, variables en épaisseur, ayant parfois un reflet assez poli pour figurer par leur disposition des écailles de poissons ou présenter un aspect plus ou moins éloigné de la peau d'une anguille. Je dis plus ou moins éloigné, car les comparaisons que l'on a faites à cet égard manquent généralement de justesse. On appelle au contraire lamelle ou pellicule épidermique ce qui n'est formé que par un seul feuillet d'épiderme ayant alors de l'analogie avec une pelure d'oignon ; ainsi, dans certaines périodes de maladies sécrétantes, la formation des lames épidermiques succède à la sécrétion séreuse, impétigineuse ou autre; ces lamelles peuvent même se détacher dans une étendue plus ou moins considérable; elles ne constituent ni les furfures, ni les squames, de quelque peu d'étendue qu'ils soient ; les furfures sont toujours formés par la superposition de lames épidermiques très adhérentes entre elles, qui lui donnent une opacité marquée; cette superposition, plus considérable encore, constitue aussi le cachet de la squame; mais dans une squame, quelque limitée qu'elle soit, d y a toujours peut-être huit ou dix lames épidermiques su* proposées et larges. Il en est qui acquièrent ainsi une grande

épaisseur; c'est surtout ce que l'on observe dans Yichthyose nacrée serpentine et dans quelques psoriasis anciens.

Les maladies qui composent ce groupe ont encore un caractère commun fort remarquable; c'est qu'elles ne sont accompagnées d'aucune sensation incommode à la peau, ou qu'au moins , s'il existe quelque démangeaison , c'est dans une proportion si faible qu'elle est h peine sensible. Il n'en est qu'une qui sécrète , encore est-ce dans son état aigu , et cette sécrétion est plutôt une sorte de transpiration cutanée qu'une sécrétion morbide.

Peu d'entre elles se relient à un état de santé générale ou locale que l'on puisse combattre utilement, et, chose remarquable, elles se montrent chez des individus forts, bien constitués, jouissant de la meilleure santé et de la meilleure organisation ; souvent même c'est dans la force de l'âge que l'affection se manifeste sans cause connue. A part le pityriasis versicolor, toutes les autres maladies sont dans ce cas.

Enfin, ces diverses affections réclament à peu près les mêmes moyens, et clans leur traitement les préparations arsenicales jouent généralement un grand rôle. L'ensemble de ces faits justifie donc suffisamment le rapprochement que nous avons établi entre ces diverses affections.

Pityriasis, de irtrupov, son; dartre furfuracée volante , éphélides hépatiques.

Alba.

Versicolor.

Nigra.

Rubra.

Fugax.

Perstans.

Diffusa.

Circumscripta, taches hépatique».

On désigne sous le nom de pityriasis une affection de la peau dont le produit épidermique est tellement fin qu'on l'a comparé à du son; qui est accompagnée d'une légère démangeaison, mais qui peut se montrer sur ce tissu avec ou sans changement dans la couleur de la peau ; de là les quatre variétés que nous

PITYRIASIS. /,8|

avons établies sous tes dénominations de pityriasis atàa, rubra uersicolor et nigra. Ces quatre espèces sont très nettement tranchées.

Dans le pityriasis alba il faut distinguer deux variétés : dans la première, la peau conserve sa couleur ordinaire, mais toute' la surface affectée est farineuse, sans autre altération; c'est à peine si elle donne lieu à quelcpie démangeaison à sa naissance. On l'observe principalement à l'âge de dix-huit à vingt-quatre ans, sur les cdtés du menton, sur les joues, sous forme d'une plaque régulièrement ou irrégulièrement arrondie; quelquefois aussi dans les cheveux ou à la barbe ; c'est un état fugace, que quelques bains, un peu d'axonge ou de coldcream font disparaître. Cette forme se montre au printemps et elle disparaît ordinairement dans l'espace de sept à huit jours. Toutefois, lorsqu'elle se manifeste dans les cheveux, elle a de la tendance à devenir chronique et à causer un peu plus de démangeaison , en sorte qu'elle doit, quoique maladie légère, appeler l'attention du médecin.

La seconde variété de pityriasis alba, c'est celle qui est persistante. Elle constitue le pityriasis du cuir chevelu, des sourcils, de la barbe et des poils du pubis. Beaucoup plus commune à la tête et aux sourcils que partout ailleurs, elle a été décrite par les auteurs sous la dénomination de pityriasis capitis. S'il est vrai que sur cent cas on en observe quatre-vingt-dix à la tête, c'est une chose toujours mauvaise que de dénommer une affection quelconque par son siège, surtout lorsque ce siège n'est pas exclusivement borné à la dénomination du point du corps qui lui a été donnée. Il n'existe pas, suivant moi , de pityriasis des lèvres; ce que M. Rayer a décrit sous ce nom n'est autre chose qu'une variété à'herpes lubialis que j'ai décrite (p. 289). t Cette forme àe pityriasis est souvent persistante ou chronique; c'est une maladie très commune dans les deux sexes, et principalement chez la femme; elle débute toujours par une exaltation de la sensibilité du cuir chevelu, qui se change bientôt en démangeaison. Celle-ci reste tenace pendant des mois entiers.

Zj82 PATHOLOGIE SPÉCIALE.

En même temps, et au début du mal, apparaît une petite sécrétion d'épidémie qui se détache de la peau sous la forme de son ou de farine, parcourant ainsi la longueur des cheveux et tombant sur les vêtements, de sorte que le collet des habits des hommes qui en sont atteints se recouvre continuellement de cette poussière blanche. Les femmes qui ont grand soin de leur chevelure et qui s'attachent surtout k faire disparaître tout ce qui peut en détruire le charme et la beauté, passent alors deux ou trois heures à leur toilette pour se faire enlever, à l'aide du peigne et des brosses , la sécrétion et les farines épidermiques qui ont pu se former pendant la nuit ; elles se frottent et se grattent le cuir chevelu, et alors il arrive ceci : c'est que plus elles prennent soin de leur chevelure , plus elles apportent de ténacité dans l'emploi des peignes , des brosses , dans l'enlèvement des pellicules , plus elles en accroissent la formation et en multiplient les effets. La maladie dure pendant un temps plus ou moins long, quelques mois ou même quelques années sans porter atteinte aux cheveux ; mais bientôt, et sous l'influence de ses progrès, ceux-ci commencent à tomber ; alors on redouble de soins, on accroît l'usage du peigne , et chaque matin on enlève une masse de cheveux plus ou moins grande. Chose remarquable , c'est principalement au sommet de la tête que la maladie se montre en premier lieu, et c'est dans ce point qu'il est ordinaire de voir survenir la chute précoce des cheveux. A cet égard , il est important d'établir une distinction : La chute des cheveux peut être naturelle, elle peut suivre une longue maladie où la tête a été tenue enveloppée et les cheveux non démêlés; elle peut surtout se montrer à ja suite des couches, tout cela sans aucun phénomène appréciable à la peau , sans pityriasis; c'est donc là une autre condition morbide ; comme aussi elle peut dépendre d'affections de la peau de la tête autres que le pityriasis (voy. Maladies du cuir chevelu, Alopécie), de sorte que, dans le pityriasis, ce ne sont pas, je crois, les bulbes des poils qui sont malades, mais bien la peau, ou s'ils deviennent malades, ce n'est que secondairement. Je suis d'au-

PITYIUASIS. ;,y3

tmt plus tonde à établir cette proposition, qu'ayant donné très fréquemment des soins propres à guérir cet état si commun, la chute des cheveux, j'ai vu survenir une maladie des bulbes clés poils consécutivement à l'emploi de douches sulfureuses, par exemple, et un phénomène tout opposé à celui qui est propre au pityriasis se produire alors, c'est-à-dire la transsudation graisseuse. Il résulte en effet de mes observations que, dans le pityriasis chronique de la tête, les cheveux sont toujours secs, contrairement à ce qu'avance M. Rayer en vue de rapprocher le pityriasis de l'adulte de la teigne amiantacée d'Alibert, ce qu'il a lait avec raison; mais Alibert a lui-même confondu la teigne amiantacée avec l'eczéma chronique du cuir chevelu Eh bien , si en présence de ces cheveux secs on détermine par l'emploi dedouches excitantes prolongées, une modification 'utile a la peau, en ce sens que le pityriasis disparaîtra et que la chute des cheveux s'arrêtera, on amène, en continuant les douches une surexcitation des follicules sébacés qui donne alors lieù a une sécrétion huileuse abondante qui renouvelle à son tour la chute des cheveux. De secs qu'ils étaient , les cheveux deviennent donc très gras. Deux maladies de la peau se sont donc succède avec un siège différent et avec le même résultat final • dans le passage de l'une à l'autre, l'affection qui amenait la chute des cheveux s'est guérie; celle-ci a été arrêtée, puis elle a reparu alors que des organes étrangers aux bulbes des poils ont ete malades ; d'où j'en conclus que, dans les deux cas, les bulbes des poils ont été étrangers aux deux maladies, malgré la chute des cheveux; mais que ces maladies exercent toutes deux une mfluence sur la nutrition du bulbe des poils et des cheveux puisqu elles amènent la chute de ceux-ci. Quoi qu'il en soit 1 affection, accidentellement développée, est une acné sébacée qui se passe aux cheveux s'opère de la même manière aux sourds et a la barbe ; on les voit s'éclaircir peu à peu ; la croissance de ceux qui restent est suspendue, et enfin ils tombent tellement quils menacent d'une chute complète. Je dois faire remarquer qu'il est quelques pityriasis que l'on

/,8/| PATUOLOfilE SPÉCIALE,

garde durant des années et même toute ta vie, sans que pour cela il en résulte la chute des cheveux.. Certes , ces personnes perdront leurs cheveux plus tôt peut-être qu'elles ne l'auraient fait, mais la maladie, dans ce cas, a une part assez faible dans la chute plus ou moins prématurée.

Le pityriasis est souvent héréditaire, de même que la chute des cheveux sans maladie est aussi héréditaire. 11 est très tenace, très difficile à guérir. Les personnes du monde ont l'habitude'de se faire raser la tête plusieurs fois pour combattre les effets du pityriasis, elles ne font qu'accroître l'affection par l'irritation qu'amène l'action du rasoir. Il est d'ailleurs assez rare que l'affection s'arrête sans qu'elle soit enrayée dans sa marche par une médication appropriée.

Il existe une variété de pityriasis alba capitis, clans laquelle la production épidermique est très abondante, quoique les pellicules se détachent moins. C'est peut-être à cette circonstance qu'il faut attribuer l'aspect que prend alors la tête dont les cheveux tombent presque tous. Elle ressemble à une coiffe d'amiante ; et comme cette maladie est assez commune chez l'enfant, dans la première année de la vie , Alibert a désigné cette variété sous le nom de teigne amiantacée. A cet égard, des erreurs ont probablement été commises, car Alibert signale dans cette maladie, improprement nommée teigne par ce médecin, une sécrétion qui colle et agglutine les cheveux, c'est Y eczéma chronique; or le pityriasis ne sécrète pas ordinairement, et si par hasard il formait une sécrétion accidentelle, c'est, comme dans les affections squameuses, une transpiration aqueuse, qui, loin d'agglutiner les cheveux comme dans l'eczéma, se borne à les mouiller.

Dans l'eczéma qui affecte la tête des enfants, la sécrétion est , au contraire, assez visqueuse pour produire cet effet; et dans la période décroissante et chronique de cette affection, il se forme des lamelles épidermiques rompues, brisées, qui peuvent être prises pour celles du pityriasis. Cette forme, avec abondance d'écaillé? épidermiques, se montre encore à l'âge critique

PITYRIASIS. /|85

chez la femme, et à la même époque environ de la vie chez l'homme, mais elle est beaucoup plus commune chez l'enfant. Il n'est pas rare aussi de la voir affecter une partie seulement du cuir chevelu, le tout ou la moitié de la tête , tandis que la première forme de pityriasis, qui est la plus commune, atteint presque toujours la totalité de la télé.

Il est peu d'affections que l'on puisse confondre avec le pityriasis, en dehors de la période décroissante de l'eczéma. Seulement, lorsque le pityriasis affecte les favoris ou la barbe , on peut le confondre avec certains herpès furfuracés qui siègent souvent dans cette région. Mais les plaques de pityriasis ne sont jamais limitées à leur circonférence par un bourrelet nettement arrêté, ce qui a toujours lieu pour l'herpès. La môme considération de forme arrêtée, limitée, distingue toujours le pityriasis capitis de Y herpès tonsurant et du porrigo decalvans , qui tous deux, entraînent la chute des cheveux. Le pityriasis des cheveux peut aussi se rencontrer sur les parties du corps et des membres qui sont couvertes de poils ; il s'y manifeste par des plaques diffuses et sans formes régulières ; la peau farine, elle est le siège de démangeaisons peu intenses ; la maladie n'offre plus alors la même ténacité, et au lieu de se développer sur des jeunes gens, comme nous l'avons dit, quand elle siège à la figure, elle se montre sur des personnes adultes de préférence, la peau conservant d'ailleurs la couleur qui lui est propre.

Traitement du pityriasis alba. — Ainsi que nous l'avons dit , les plaques de pityriasis qui se montrent de dix-huit à vingt-cinq ans sur la figure des jeunes gens, doivent être traitées par quelques bains simples, un peu de saindoux ou de coldcream, et un régime alimentaire convenablement réglé ; plus, quelques bains sulfureux à la fin de l'éruption ; le plus souvent, l'affection se termine seule et sans que les parents y portent leur attention.

Il n'en est pas de même du pityriasis alba perstans ou chronique, qui a son siège le plus communément à la tête et aux parties recouvertes de poils (pityriasis capitis des auteurs); il exige des soins soutenus et en rapport avec l'état récent ou

ancien de la maladie. Il résulte de notre expérience que cette maladie est souvent indépendante d'un état de la santé générale ou même d'une affection des voies digestives et biliaires, non pas qu'elle ne puisse s'y rattacher, mais il est beaucoup plus commun de rencontrer cette affection avec de bonnes conditions de santé que de la voir se relier à un état morbide général ou local; d'où la conséquence qu'il faut s'adresser surtout à la maladie en elle-même. Dans l'hypothèse d'une affection récente, accompagnée d'un sentiment léger de chaleur à la peau, avec une teinte rosée de ce tissu , et des démangeaisons fréquentes , je conseille l'usage des bains de vapeur, qui font fonctionner la peau en général ; ils y amènent une fluxion temporaire très propre à diminuer la fluxion locale. Mais ce ne sont pas des bains de vapeur simples qu'il faut mettre en usage, ce sont des bains russes, c'est-à-dire que le bain se composera du bain de vapeur proprement dit et à l'étuve, d'une pluie d'eau fraîche de deux minutes sur la tête et sur le corps, au milieu et en sortant du bain ; d'une vergeture de toute la peau au balai de bouleau , après la première douche en pluie, et d'une douche d'eau chaude sur les pieds , avant de se rendre au lit, pour y transpirer modérément ; ces bains, pris tous les deux jours, amènent d'excellents résultats. En même temps, il faut faire saupoudrer matin et soir le cuir chevelu d 'amidon en poudre en couche très légère, ou de poudre de riz ; et dans la journée , si la saison le permet, si la personne n'est pas sujette à s'enrhumer, faire faire cinq ou six lotions sur les parties qui démangent, en passant légèrement une éponge imbibée d'eau contenant par litre deux à trois cuillerées de vinaigre. Ces lotions calment lés démangeaisons d'une manière marquée. C'est dans le même but que l'on emploiera aussi avec grand avantage une pommade au chloroforme deux fois le jour (voy. Formulaire), ou au camphre, mais la première est plus calmante que la seconde. Dans le cas d'emploi de ces deux moyens à la fois, l'amidon ou la poudre de riz et l'une des pommades, on commence par saupoudrer la tête, puis on étend la pommade. Il semble que, dans ce mélange, la

PITYRIASIS. /t87

raison exclue l'un des deux moyens, et cependant bon nombre de malades nous en ont rendu un tel témoignage, que nous n'hésitons pas à le conseiller. Mais il est impossible de mettre en usage longtemps ces moyens sans que la pommade rancisse sur la peau, ou sans que la poudre employée tasse avec les productions épidermiques un magma incommode et fâcheux ; aussi faut-il recommander les lotions savonneuses tous les cinq ou six jours (voy. Formulaire, Lotion savonneuse). On conçoit combien l'emploi de ces divers moyens devient difficile avec une chevelure longue. Ici deux partis à prendre : ou consacrer un temps suffisant à ces soins, et avec l'aide d'ailleurs d'un domestique ; ou faire tomber les cheveux en les tenant coupés courts et non pas les faire raser. Chez l'homme, aucun inconvénient ; mais chez la femme, on comprend combien il est pénible de faire couper une longue et belle chevelure. A cet égard , il y a deux conseils à donner. Si les cheveux ne tombent que peu ou point par le fait de la maladie, il faut faire tous ses efforts pour les conserver ; si, au contraire, leur chute est incessante, et si la personne n'a pas dépassé vingt-cinq ou vingt-huit ans, il ne faut pas hésiter h en conseiller la section complète. Avec une pratique opposée, on ne conservera que des cheveux maigres et chétifs. La section redonnera de la vie à ceux qui restent ; elle permettra de guérir complètement , et alors pourra repousser une chevelure tout aussi belle et tout aussi longue. Une fois les cheveux coupés , convient-il de les remplacer par une perruque ? Je n'hésite pas à répondre par la négative. Toutes les maladies des cheveux ont besoin d'air ; il s'opère à la tête une transpiration permanente qui, réunie aux produits de sécrétion, devient irritante pour la peau, si on l'enferme surtout sous une perruque qui se graisse elle-même et qui présente les mêmes inconvénients ; il faut, au contraire, faire porter des bonnets à claire-voie, et laisser aux dames le soin de parer aux inconvénients de la section des cheveux à l'aide de bandeaux.

Arrive la période décroissante, celle où toute inflammation de la peau a cessé, où la rougeur est tombée avec le sentiment

de chaleur, où enlhi les démangeaisons seules, niais moindres , persistent avec la formation des pellicules, soit que l'on ait amené cet état à l'aide des moyens précédents, soit que le temps l'ait produit, et que le médecin soit appelé dans la période chronique. Les bains de vapeur peuvent encore être utiles durant un certain temps pour cette seconde période. Il faut, de plus, entrer dans la voie des résolutifs , tels que la pommade au tannin camphré, à l'huile de cade au 50e, à l'oxyde de zinc camphré ou chloroformé (voy. Formulaire), insister sur les lotions alcalines ; un peu plus tard , étendre tous les trois jours une très longue couche d'huile de cade dont on laisse le moins possible. En cas d'insuccès, on peut tenter les sulfureux ou les alcalins en pommade , et les douches sulfureuses en arrosoir faible sur la partie affectée ; mais elles ne doivent être prises que tous les deux jours, pour ne pas trop exciter les follicules sébacés de la peau.

De toutes les médications internes, je n'en connais qu'une seule qui puisse être appropriée à cette maladie ; ce sont les préparations arsenicales (voyez, pour leur mode d'administration, la médication antisquameuse, Pathologie générale, p. 100). Le pityriasis affecte peu, en général, les personnes d'un tempérament lymphatique, mais plutôt celles d'un tempérament bilieux.

Pityriasis rubra. — C'est la forme essentiellement aiguë du pityriasis éminemment inflammatoire , dont nous avons traité page 263, et auquel nous renvoyons.

Pityriasis versicolor. Chloasma. — Cette maladie, très commune d'ailleurs, a des caractères nettement tranchés ; elle se présente sous la forme de plaques arrondies irrégulières , d'uu jaune verdàtre, ou sous celle de plaques limitées et régulières; de là des divisions en pityriasis versicolor diffusa et circumscripta. Le premier n'a pas reçu d'autres noms; le second constitue ce que l'on appelle des taches hépatiques, à cause de leur liaison assez fréquente avec des maladies de l'appareil gastro-intestinal et des organes biliaires. Le cachet du pityriasis versicolor, quelle qu'en soit d'ailleurs la forme, est tout spécial :

PITYRIASIS. /,8g

la peau s'est colorée en jaune plus ou moins verdâtre, sans aucune sensation le plus souvent ; quelquefois avec de légères démangeaisons, et formation de petites pellicules adhérentes à leur surface qui constituent une sorte d'état farineux. Ainsi dans la généralité des cas, le seul phénomène observé, c'est le changement de couleur de la peau, conservant d'ailleurs sa souplesse, sa finesse, sa douceur au toucher. Diffus, il peut occuper une surface souvent très étendue, comme la moitié ou la tota. lité du dos ou de la poitrine ; circonscrit, il constitue des taches couleur café au lait qui sont discrètes, rares et espacées sur les cotés du cou, sur le devant de la poitrine ou sur le ventre ; mais la figure peut aussi être le siège de pityriasis, et notamment le front, chez les personnes à peau brune ; de là, pour les femmes, une maladie difforme qui les impressionne vivement.

Le pityriasis s'observe dans deux conditions opposées de peau : sur des peaux brunes chargées en couleur, et alors d'une certaine épaisseur et surtout d'une certaine densité; et sur des peaux blanches, mais lymphatiques. C'est ce qui fait que le pityriasis circonscrit, ou taches hépatiques, est assez commun chez les phthisiques. Les diverses circonstances précédentes tendent à établir, médicalement parlant, une distinction importante dans les deux variétés de pityriasis. La première, le pityriasis diffusa, ou amorphe, étant le plus souvent idiopathique ; la seconde, le pityriasis circumscripta, ou taches hépatiques, constituant une affection presque toujours symptomatique. C'est à ce point de vue surtout que nous envisageons la thérapeutique de ces variétés.

Le pityriasis diffusa apparaît à la peau sans aucun symptôme précurseur; il se montre peu à peu, graduellement, gagnant en surface et en étendue dans un espace de temps souvent très long ; mais dans quelques cas son développement est plus rapide; la tendance à la forme chronique est pourtant un cachet de cette affection. Laissant de côté tout ce qui regarde l'étendue d'ailleurs très variable de cette maladie, il peut s'observer seul ou compliqué d'achromie. Dans cette dernière forme,

/l90 PATHOLOGIE SPÉCIALE.

on voit une ou plusieurs taches blanches contrastant par leur pâleur avec la couleur verdâtre do la peau , et, chose particulière, cette tache blanche nettement circonscrite et arrondie, se trouve entourée d'une coloration plus foncée du pityriasis qui va en s'atténuant de plus en plus au fur et à mesure que l'on s'éloigne de la partie affectée d'acromie. Il semble donc que la peau décolorée a perdu sa matière colorante, qui s'est reportée à la circonférence de la décoloration pour rendre celle-ci plus intense, et je serais d'autant plus porté à le croire, que, d'une part, ce fait est le plus général ; qu'en second lieu , durant le traitement, la matière colorante foncée de la circonférence s'affaiblit de plus en plus, tout en gagnant la partie décolorée ; enfin, -que nous n'avons observé qu'un seul cas d'acromie sans liaison avec le pityriasis versicolor. Je sais bien que cette explication est peu en rapport avec les idées anatomiques du jour sur la peau ; mais celles-ci ne sont pas tellement positives , qu'on ne puisse émettre une opinion qui leur soit opposée. Quoi qu'il en soit , cette variété est à forme très tenace, très rebelle, sujette à récidive, tandis que le pityriasis diffusa simple est d'une guérison en général facile. Il est une variété de pityriasis diffusa aussi très tenace; c'est celle qui affecte le front. Elle est assez commune chez la' femme ; elle atteint les deux côtés du front plus encore que les tempes ; elle se montre par de petites taches irrégulières qui se multiplient et se confondent entre elles, laissant le milieu du front avec sa couleur à peu près naturelle, en sorte qu'il en résulte un très vilain aspect. Ces taches, sous l'influence des émotions, de la colère, du chagrin, tendent à prendre de l'accroissement et surtout à devenir de plus en plus foncées,^ au point de se transformer en pityriasis nigra, qui n'est lui-même qu'un état plus avancé du pityriasis versicolor.

Quant au pityriasis circumscripta , ou taches hépatiques, il est toujours beaucoup plus discret, Il se montre par des taches de la largeur d'un franc ou de deux francs, occupant les régions antérieures du tronc, et d'un jaune café assez marqué. Cet état de la peau coïncide le plus souvent avec des gastralgies, et si on

PITYRIASIS. 494

les rencontre chez les phthisiques, c'est généralement h une époque où déjà les fonctions dïgestives et biliaires sont dérangées. Il est aussi très fréquent de les rencontrer chez les femmes eiii einies, où elles portent le nom dé maculœ grctwdarum, ou à la suite d'aménorrhée. Ces taches sont toujours discrètes, espacées les unes des autres , mais persistantes comme la cause qui les a fait naître.

Ces deux formes de maladies de la peau peuvent persister sans porter la moindre atteinte à la santé. Elles se guérissent quelquefois spontanément ; c'est le cas où, nées dans une saison donnée, elles disparaissent dans une autre; mais alors il est très commun de les voir reparaître l'année suivante dans la saison où elles avaient paru primitivement.

Il est impossible de confondre cette maladie avec aucune autre, et après la description que nous en avons donnée, nous pensons qu'il est inutile d'insister sur ce point.

Traitement. — L'étiologie que nous avons établie de ces deux variétés de maladie nous dirige naturellement dans le traitement qu'elles réclament. Le pityriasis diffusa n'est pas , avons-nous dit, symptomatique, et en effet nous l'avons presque toujours vu coïncider, sauf quelques exceptions , avec l'état parfait de la santé ; aussi est-il très facilement guéri par une médication locale. Ce sont les sulfureux qui en font justice : on peut et l'on doit les employer sous toutes les formes. A l'intérieur, quelques tablettes soufrées, cinq ou six, ou une cuillerée à bouche matin et soir de sirop sulfureux (voy. Formulaire), à moins que le sujet ne soit d'un tempérament bilieux très dessiné, car alors le soufre serait trop excitant; il faudrait le remplacer par les alcalins en boissons ; à l'extérieur, les bains sulfureux et une pommade à la fleur de soufre; quelques bains gélatineux précédant ces moyens quand le pityriasis est récent, et l'on guérit généralement cette maladie. Non pas que je prétende que l'on puisse tout guérir, il est des malades qui ne songent à s'en débarrasser qu'après huit ou dix ans de son existence. Alors il faut faire subir une ou plusieurs lois ce même traitement ou même s'adresser à la solution

'l92 PATHOLOGIE SPÉCIALE.

de Fowler pour obtenir une guérison complète. C'est aussi dans ces cas que les eaux minérales sulfureuses des Pyrénées peuvent être préconisées avec grand succès. C'est à l'aide de douches sulfureuses que l'on peut attaquer avec avantage le pityriasis du front ; on y joint les pommades, comme pour celui du corps.

ACHR0M1E ET PITYRIASIS NIGRA.

Tout en déclarant que l'achromie ou absence de coloration de la peau puisse exister, bien rarement, il est vrai, d'une manière isolée, puisqu'en treize ans j'en ai vu un seul cas, il m'est impossible de ne pas faire l'histoire de cette affection en même temps que celle du pityriasis niyra, forme morbide décrite pour la première fois par Willan, qui en a constaté la présence sur des enfants nés dans les Indes. L'achromie n'est caractérisée que par un fait , la décoloration de la peau, constituant une ou plusieurs surfaces nettement limitées, ovoïdes ou rondes, ou occupant la surface palmaire d'un doigt, d'un orteil, ou la moitié inférieure de la circonférence de la verge. Pas de chaleur, de rougeur, de démangeaison, de furfure ; la peau seule a changé de couleur en conservant toutes ses qualités. Âlibert, cet observateur si remarquable, ce peintre si habile à reproduire le tableau des maladies, nous a laissé une observation bien remarquable de pityriasis nigra qui vient tout à fait justifier notre manière de voir; il est tracé dans son petit ouvrage en deux volumes. « Le nommé Honoré Grandery, commissionnaire, âgé de soixante-six ans, est entré à l'hôpital Saint-Louis et nous a présenté le tableau d'une maladie aussi rare que surprenante. Ce fut au sein de la misère et de la détresse que cette maladie prit naissance. L'individu dont il s'agit, doué d'un tempérament lymphatique , habitait Arras avant la révolution. C'est dans cette ville qu'il fut employé à des travaux pénibles durant le régime de la terreur. Depuis cette époque, il a langui dans les rues et les carrefours, demandant l'aumône ou faisant des commissions, et manquant

ACHROMtE ET PITYRIASIS NïGRA. ^93

quelquefois des choses les plus nécessaires à la vie. Dans le mois de juillet 1806, il éprouva des démangeaisons très incommodes dans toutes les parties du corps. A ces démangeaisons succédèrent des taches d'ahord grisâtres, puis d'un brun café; elles s'élargirent au point d'occuper une étendue considérable. Tonte la surface cutanée était marquée de ces taches; dans certains endroits elles étaient très larges ; dans d'autres endroits elles étaient d'une petite circonférence. Il est à considérer que, dans les parties saines , la peau était d'un blanc d'albâtre analogue à celui de la peau des cadavres; ce contraste était surprenant ; le malade paraissait chamarré comme un zèbre ou comme certaines vaches des campagnes de la Bretagne ; cet homme éprouvait des démangeaisons considérables sur diverses parties du corps. Sa peau offrait aussi des écailles furfuracées qui provenaient des frottements réitérés qu'il exerçait sur la peau pour apaiser le prurit dont il était dévoré. La face du malade était d'un jaune plombé. Il chancelait en marchant, tant sa faiblesse était extrême. » Alibert décrit cet état sous le nom d'éphélides scorbutiques. Il est probable que cet homme avait deux choses, un prurigo et un pityriasis nigra réunis, comme cela arrive presque toujours, h de Yachromie.

Mais l'achromie n'est pas seulement liée avec le pityiiasis nigra, elle peut s'observer très souvent, comme je l'ai dit, avec le pityriasis versicolor, et c'est ce que l'on voit le plus souvent quand elle se montre à l'état de taches disséminées. Elle accompagne au contraire toujours le pityriasis nigra, lorsqu'elle occupe la face palmaire d'un doigt ou la verge. C'est là une disposition fort remarquable, et qui n'a pas été décrite par les auteurs. On trouvera chez un malade toute la moitié supérieure d'un doigt d'un brun noirâtre, et la moitié inférieure d'un blanc mat. Cette disposition est fort régulièrement dessinée. Le contraste dans la couleur suit une ligne longitudinale très régulière, qui partage le doigt en deux parties parfaitement égales dans son épaisseur. Il en est de même pour la verge, qui de sa base à sa pointe est d'un brun noirâtre supérieurement, et d'un blanc

49£l PATHOLOGIE SPÉCIALE.

mat inférieurement. D'ailleurs, aucune sensation dans cette double maladie; ce qui me lait dire que le malade d'Alibert avait de plus un prurigo. Cette sorte d'achromie est presque toujours congéniale ; on lui a donné un nom spécial, celui de vitiligo, nous l'acceptons à la condition qu'il s'agit d'état congénial incurable d'ailleurs (voir au surplus la description du vitiligo). Mais, ainsi que je l'ai dit, l'acbromie peut exister seule à l'état de décoloration de la peau et sans 'pityriasis versicolor ou nigra. Pour ce qui est du pityriasis nigra lui-même, il ne consiste que dans une coloration plus foncée de la peau qui se rapproche de la teinte brune, c'est donc un degré plus avancé du pityriasis versicolor.

Quant au traitement , il est le même que celui du pityriasis versicolor, mais la maladie cède bien plus difficilement, et quelquefois ne guérit jamais ; l'achromie de naissance est incurable; celle qui naît accidentellement est difficilement curable.

Psoriasis. Dartre squameuse sèche; dartre écailleuse; dartre squameuse lichénoïde; herpès furfureux.

Simplex.

Aigu général ou local.

Chronique général ou local.

Gultata.

Psoriasis localisés.

Palmaria.

Plantaria.

Capilis.

Gyrata. Onguium.

Nummularia. Composila. Psoriasis eczémateux.

Vunclala. Psoriasis herpéliforme.

Le psoriasis est une affection essentiellement squameuse , et l'une des plus communes des maladies de la peau ; aussi vientelle pour le chiffre le plus élevé après l'eczéma. Dans notre statistique, nous comptons en effet 280 malades atteints de psoriasis sur 1800 maladies de la peau. Cette circonstance doit appeler toute l'attention du médecin, qui sera bien souvent appelé à donner ses soins pour combattre une forme morbide trop souvent rebelle et si sujette à récidives.

Quelle que soit la partie du corps qu'elle affecte, elle est caractérisée par trois phénomènes: 1° la présence de squames

psoriasis. ^95

épiderniiques nacrées ; 2° la rougeur de la peau sous les squames; 3° l'épaississemeut de la peau. 11 n'y a pas de psoriasis sans ces trois conditions ; dans l'une , la présence de squames peut manquer, si le malade les a fait tomber par des bains ou par l'emploi de corps gras ; mais comme du jour au lendemain ces écailles se forment, il est difficile que ce phénomène ne se traduise pas aux yeux du médecin dans un espace de temps fort court. Insistons sur ces trois caractères. Déjà nous avons dit que la squame était formée par la superposition irrégulière de lames épiderniiques laquelle, par leur réunion intime, donnait naissance à des lames plus ou moins épaisses, qui prenaient alors un aspect nacré et argentin. Dans le psoriasis, ces lames ou productions épiderniiques adhèrent à la peau ; elles ne se détachent que très rarement , on ne peut les enlever qu'avec l'ongle. Elles masquent souvent la rougeur de la peau, parce qu'elles recouvrent le tissu malade ; elles tombent assez facilement à l'aide des bains et mieux à l'aide des pommades.

Rougeur.— A moins d'un psoriasis aigu , la rougeur de la peau n'est jamais vive. Elle n'a pas cette teinte rosée des exanthèmes ; elle est d'un rouge plus ou moins foncé. Elle est masquée par la squame.

Épaississement de la peau. — Il est constant, quelquefois peu appréciable à l'œil, mais toujours sensible quand les productions épidermiques sont tombées. D'ailleurs, pas de démangeaisons, pas de sensation quelconque qui incommode, car du moment que la démangeaison coïncide avec le psoriasis, c'est que celui-ci n'est pas simple, qu'il est à forme composée d'herpès ou d'eczéma. Il faut en excepter les cas de psoriasis palmaire ou plantaire qui se trouvent dans des endroits de flexion et qui sont parfois accompagnés de cassures douloureuses par suite de la pression exercé par l'épidémie.

Ces caractères morbides ainsi établis, nous dirons que le psoriasis peut être à forme aiguë ou à forme chronique. Le psoriasis aigu est très rare par rapport au psoriasis chronique, car nous

/l% PATHOLOGIE SPÉCIALE.

croyons être dans le vrai , en disant qu'on l'observera une l'ois sur /i0 ou 50 cas. Les hommes sont beaucoup plus sujets au psoriasis que les femmes ; sur 270 cas, nous en trouvons 2^5 chez l'homme et 25 chez la femme. 11 est aussi plus propre à certains âges qu'à d'autres. Ainsi, quand le psoriasis n'est pas héréditaire, quand il n'en a pas existé chez les ascendants, ce n'est guère que vers l'âge de vingt à trente-cinq ans qu'il se développe. Sur 268 cas nous en trouvons 174 qui se sont montrés de vingt à trente-cinq ans ; puis nous voyons le développement de cette maladie diminuer dans les époques suivantes de la vie. Ainsi 50 cas de trente-cinq à quarante-cinq ans; 2U cas de quarante-cinq à cinquante-cinq ; et 20 cas au delà de cinquante-cinq ans. On peut donc dire que cette maladie appartient essentiellement à l'âge adulte. Les professions n'exercent aucune influence sur son développement; l'hérédité est, au contraire, très puissante. A cet égard nous ne pouvons fournir aucun chiffre de quelque valeur, attendu que la catégorie d'individus sur laquelle reposent nos relevés s'inquiète fort peu des maladies de leurs parents et surtout d'affections qui ne portent aucune atteinte à leur santé. Chose remarquable, le psoriasis se relie à la meilleure constitution et au meilleur tempérament; sur 227 cas, nous trouvons notée 206 fois la constitution comme étant parfaite. 162 fois sur 200 on rencontre cette maladie sur des sujets d'un tempérament sanguin ou sanguin-lymphatique. C'est en été et en hiver qu'elle se développe surtout; ainsi ces deux saisons donnent le chiffre de 103 sur 15 '4 cas notés ; restent donc 51 seulement pour les saisons de printemps et d'automne. La statistique démontre aussi combien cette maladie affecte la forme chronique et combien elle est persistante ; sur 221 cas on n'en trouve qu'un seul ayant moins d'un mois ; 35 d'un mois à un an, 116 de plus d'un an et 69 de plus de dix ans. C'est qu'en effet il n'est pas rare de trouver des sujets qui portent cette affection depuis vingt ou trente ans.'

Ceci posé, il est important de dire ce que l'on doit entendre par psoriasis général ; en effet, on pourrait être porté à croire

PSORIASIS. /,97 qu'il s'agit d'une affection envahissant toute l'étendue de la peau du corps. Il n'en est rien , cette maladie, quelque aiguë qu'elle soit, ne recouvre jamais la totalité de la surface de la peau, et dans un psoriasis général ordinaire, on veut seulement énoncer ce fait, qu'il existe des plaques de cette affection qui sont disséminées sur tout le corps, et plus ou moins espacées d'ailleurs les unes des autres, contrairement au psoriasis discret, qui n'atteint que quelques points de la surface des membres.

Psoriasis aigu. - Cette forme est rarement primitive, elle se montre plutôt après plusieurs mois ou plusieurs années de l'existence du psoriasis à l'état chronique; ceci n'est pas absolu, nous signalons seulement ce qui se passe le plus ordinairement! Quelquefois, sans cause connue, mais le plus souvent à la suite d'excès, l'affection, qui n'occupe que quelques centimètres de surface dans divers points du corps, prend tout à coup un développement considérable. Les plaques primitives s'enflamment, la peau se couvre çà et là de rougeurs successives nouvelles ; ces rougeurs s'élargissent en même temps qu'elles deviennent le siège d'une chaleur insolite. Il ne se fait là aucune sécrétion de liquide, mais il se montre quelques petites écailles épidermiques épaisses qui recouvrent les surfaces malades, et rendent la peau sèche et rude. Si l'affection devient plus générale, ce qui exige alors plusieurs semaines de développement, elle s'étend aussi bien à la tête qu'au corps et aux pieds ; elle envahit d'abord le cuir chevelu, gagne ensuite la figure ; mais, chose remarquable, jamais elle n'existe, même au degré le plus élevé, sans laisser des parties de peau saine sur le tronc et sur les membres. Un peu plus tard, la sécrétion épidermique augmente et il se détache dans le lit des écailles, des squames petites et épaisses, en quantité plus ou moins considérable. En cet état, le psoriasis aigu, que l'on pourrait appeler rubra, ressemble beaucoup au pityriasis rubra aigu que nous avons décrit page 262; car le corps est aussi rouge qu'une écrevisse (que l'on me passe cette comparaison) ; mais il en diffère en ce qu'il n'existe pas de sécrétion aqueuse, et en ce que le pityriasis, au lieu de fournir des écailles,

donne surtout des lamelles épidermiques minces et plus ou moins larges. D'ailleurs, dans le pityriasis rubra aigu, il existe souvent de la démangeaison, tandis que dans le psoriasis^ n'y a que de la chaleur à la peau dont le malade a le sentiment.

Arrivé à ce point, le psoriasis est une maladie longue et rebelle; il faut s'attacher à combattre la forme inflammatoire par les bains d'une heure, de deux heures , trois heures même, lorsque le malade peut les supporter ; souvent on retire un très grand avantage, au début, de la saignée générale. Localement, on ne peut que prescrire les corps gras simples : axongë , cold-cream, saindoux sans addition d'aucun médicament ; régime hygiénique convenable, cessation complète de travail, le malade s'y trouvant d'ailleurs forcé.

Survient la période décroissante, qui s'annonce par la diminution de la chaleur de la peau et par celle de la rougeur inflammatoire, qui, d'un rose vif d'abord, devient moins intense ensuite. C'est le moment qu'il faut choisir pour entrer dans la voie de la résolution à l'aide de bains et de pommades. Ainsi, les bains d'alun d'abord, et plus tard ceux au sublimé; les pommades au tannin camphré, à l'huile de cadeau 50'. Mais ce qu'il est difficile de saisir , c'est le moment opportun pour l'emploi de ces moyens; nous ajouterons qu'en cas d'insuccès, c'est encore à la solution de Fowler qu'il faut avoir recours. Cette affection ne peut guère être guérie dans un espace moindre de trois à six mois.

■ Psoriasis chronique. — Formes morbides. — Les auteurs qui nous ont précédé ont attaché une certaine importance à des divisions du psoriasis chronique, basées sur la forme morbide. Ainsi, Willan et Bateman, et après eux les dermatologistes qui les ont suivis, admettent l'existence des variétés suivantes : Psoriasis guttata, diffusa, gyrata etinveterata. A part cette dernière distinction, qui conduit à une médication tout externe dans l'impossibilité où l'on est de guérir par d'autres moyens, les trois premières n'ont de valeur que comme indication de forme morbide ; au point de vue pratique, elles ne conduisent à rien :

ÊSOIUASIS. /iQ9

il fout même ajouter que ces divisions sont incomplètes, puisqu'il est très commun d'observer deux autres espèces que nous avons ta.t connaître, avec plus de raison, car elles ne se comportent pas de la même manière. Ce sont le psoriasis nummularia ou dispose par plaques arrondies de la largeur de pièces de' 2 à 5 francs, et le psoriasis punctata, toujours limité à des surfaces malades de quelques millimètres d'étendue, susceptible de se mu tipher et non de s'étendre ; ajoutons que cette forme est, de outes, la plus difficile à guérir. Ils ont de plus négligé les formes composées de psoriasis, bien autrement importantes puisqu elles conduisent à des indications thérapeutiques spéciales. Nous croyons être beaucoup plus logique en distinguant le psormsis en aigu et en chronique. Le premier pouvant être gênerai ou local; jamais, dans la forme aiguë, on ne retrouve ces distinctions de psoriasis guttata, diffusa, etc.; aussi rattachons-nous ces diverses formes au psoriasis chronique qui les rassemble toutes. Les diverses variétés n'appartiennent qu'à <*s psoriasis; quant aux psoriasis localisés, on en a fait des espèces, parce que l'affection est limitée à une partie et qu'elle n atteint quelle indépendamment de toutes les autres Cependant, Je n'en admets que quatre sortes différentes psoriasis capms, plantaria, palmaria et unguium. Les formes 'sera- M* prœputialis,ophthalmica, ne sontpas des psoriasis, mais des puynasis rubra. Que l'on interroge les malades à cet égard i vous diront que cette affection a sécrété par moment; qu'e relie" ? déma— >• de PI-, elles donnent de

Sentir^" l ^ d6S éCaiUeS ■ t0US

qu doivent être rapportés au pityriasis. Les auteurs ont gardé

esdencesur le psoriasis unguium, c'est pourtant une maladie assez fréquente et difficile à guérir; ils n'en ont parlé qu ce ZZT °" qUY™ ^ P-riasis iJerata^l

clcu LT 7 laCUne- N°US aU°nS décrire -ccessivement chacune de ces formes morbides du psoriasis chronique.

iouVnlir ChrT ~ C'GSt Ià raffeCtion ^ r°" ™™tre journellement; elle débute, comme on l'a vu, vers l'âge de

500 PATHOLOGIE SPECULE,

vingt à Ironie ans, à moins qu'elle ne soit héréditaire; toujours elle a une marche excessivement lente; elle apparaît d'abord aux coudes et. aux genoux, sous la forme de petites plaques d'une étendue très limitée et variée, mais si lente que le malade ne s'en aperçoit pas ; elle n'est accompagnée d'aucune sensation, et après s'être développée pendant trois semaines ou un mois, elle reste stationnaire durant des mois et quelquefois des années; mais la maladie peut à son début affecter une forme spéciale et prendre alors les dénominations que nous avons indiquées et dont il nous faut faire connaître les caractères. Si les petites plaques de psoriasis ont la largeur d'un demi à un centimètre, si elles, sont arrondies de manière à ressembler plus ou moins à une goutte d'eau étalée (comparaison assez peu juste, pour le dire en passant) , on l'appelle psoriasis guttata ; alors l'affection se montre ordinairement aussi sur la partie externe des avant-bras et à la partie antérieure et externe des jambes. On l'appelle diffusa quand le psoriasis se développe par plaques irrégulières plus ou moins larges et sans forme précise ; ces plaques ont plusieurs centimètres d'étendue en longueur et en largeur, quelquefois 15 à 20 centimètres et plus. On le nomme gyrata lorsque les surfaces malades sont étroites, très allongées, de manière à représenter plus ou moins un ruban. Je lui donne l'épithète de nummularia lorsque les plaques sont toutes arrondies et variables en étendue, depuis une pièce de 1 franc jusqu'à une pièce de 5 francs et plus, mais toujours à forme orbiculaire. Quant au imriasis punctata , c'est une variété assez commune et toute particulière, en ce sens que les surfaces malades sont circonscrites à quelques millimètres, espacées les unes des autres et assez multipliées. Quelle est la cause de ces formes diverses? on l'ignore. Les variétés de psoriasis guttata, punctata et nummularia sont toujours à plaques plus ou moins multiples ; elles peuvent affecter toutes les parties du corps. Il est commun de les rencontrer aussi sur le dos, la poitrine et le ventre; mais principalement sur le dos. Le psoriasis gyrata est le plus discret ; quant au psoriasis diffusa, c'est

PS01UASIS. 501

là une dénomination que l'on pourrait aussi bien rattacher à toutes les espèces précédentes, mais clans laquelle les plaques existent disséminées sur le corps, plutôt en surface qu'en nombre. Dans le psoriasis chronique, la seule partie du corps qui soit généralement préservée, c'est la figure; toutes les autres peuvent être atteintes; les formes punctata, guttata et nummularia prédisposent à cette confluence; mais il est d'observation, qu'avant d'attaquer ainsi toutes les parties , il s'écoule souvent plusieurs années. C'est cette circonstance réunie au lieu d'invasion de la maladie qui a toujours fait dire que le psoriasis était essentiellement une maladie des coudes et des genoux ainsi que de la partie externe des membres et du dos.

Que doit-on entendre par la dénomination de psoriasis inveterata? Nous avons déjà déclaré que ce ne pouvait être là une variété; le psoriasis ne devient inveterata que par sa permanence et ses récidives. Il faut savoir , en effet , que cette maladie ne pardonne guère ; qu'une fois développée, on peut la guérir, ou en éviter les progrès ; que liée à l'incurie, à la malpropreté et placée en dehors de tous soins hygiéniques, elle tend sans cesse à récidiver et à prendre à chaque récidive plus d'étendue. On a vu, en effet, que cette maladie se développait surtout en été et en hiver. Dans les premiers temps, elle se guérit complètement sous l'influence d'une saison opposée à sa manifestation ; plus tard, elle ne fait que diminuer, pour reparaître plus forte l'année suivante ; ou bien, si le malade a subi un traitement plus ou moins palliatif, ou si, ayant subi un traitement curatif, il reste sans entretenir par des bains et des onctions grasses les fonctions de la peau, il voit reparaître à nouveau son affection avec plus de force. Il est des sujets atteints depuis trente ans de psoriasis, qui ont eu vingt à vingtcinq poussées, comme ils les appellent; c'est que, dans un grand nombre de cas , ils n'ont pas été traités : ils ont été blanchis , ainsi qu'ils le disent. Alors, on voit chez eux tout le corps maculé de plaques de psoriasis, qui n'est plus ni guttata, ni gyrata, ni nummularia , etc. ; la forme ou a disparu , excepté dans

certains d'entre eux, et notamment dans le psoriasis diffusa où les plaques se sont de plus élargies sans être devenues plus nombreuses ; mais c'est un psoriasis général sans forme arrêtée. Les surfaces malades ont perdu alors beaucoup de leur sensibilité; il semble que la peau y soit tannée, rien ne l'irrite. Ces malades supportent les pommades les plus fortes, et le goudron pur est quelquefois insuffisant à les guérir.

En cet état, la maladie exerce une certaine influence sur l'économie en général ; ces sujets s'amaigrissent , perdent de leurs forces, de leur souplesse dans leurs mouvements ; ils deviennent un peu hébétés ; en même temps, les doigts et les orteils se roidissent ; chaque articulation des phalanges prend tout à fait la disposition qu'elle offre dans la goutte arrivée à l'état chronique ou dans le rhumatisme goutteux ; les doigts sont anguleux, fléchis vers la paume de la main, sans tophus, mais sans qu'on puisse aussi les redresser. Les ongles euxmêmes deviennent malades , ils sont le siège d'une hypertrophie plus ou moins considérable ; et de deux choses l'une : ou l'ongle a été atteint de psoriasis et alors il est épaissi, a perdu sa transparence, il est déchaussé et séparé de sa pulpe, en même temps que toutes les lamelles qui le composent sont séparées les unes des autres, grisâtres et épaisses ; ou bien l'ongle n'a pas participé à l'affection, il n'a fait que croître avec forme vi* cieuse, c'est-à-dire qu'il est devenu le siège de rainures et de lignes saillantes nombreuses; que son extrémité s'est effilée et a crû dans une telle proportion, qu'il prend la forme d'un bec de corbeau. Alors le malade est dans l'impossibilité d'exercer aucune profession ; sa marche est difficile, chancelante ; il s'amaigrit peu à peu, tout en conservant un assez bon état des voies digestives. Aussi ces malades meurent-ils tous âgés, mais infirmes ; je me suis plusieurs fois demandé si cet état des mains, qui ressemble à celui des goutteux , les tophus osseux exceptés, dépendait exclusivement du psoriasis ; ou s'il ne se montrait pas sous l'influence de cette maladie, lorsque le sujet avait été atteint autrefois de douleurs rhumatismales. Mesobser-

psouiasis. 503

rations ne sont pas suffisantes pour résoudre la question que je soulève, et qui sera sans doute mise en lumière par mon honorable collègue, M. Moissenet, médecin de l'hospice de la Vieillesse (hommes). Il a dans son service un très grand nombre de ces individus infirmes, et notamment de ces vieux psoriasis, admis aux Incurables pour cause d'infirmité ; tous les auteurs rapportent d'ailleurs cette maladie des ongles à l'affection squameuse.

F ormes composées. — Jusqu'alors nous ne nous sommes occupé que des formes simples du psoriasis. Voici ce qui a trait à ses formes composées ; j'en admets deux espèces : l'eczéma psoriasiforme ou psoriasis eczémateux, et l'herpès psoriasiforme ou le psoriasis herpétiforme. L'eczéma psoriasiforme a son siège principal aux jambes et aux avant-bras. Il se montre sous une forme chronique, par une ou plusieurs surfaces plus ou moins étendues, qui, dès l'abord, se recouvrent d'un mélange de squames et de lamelles épidermiques, tout en causant des démangeaisons et en fournissant de temps à autre de la sérosité. Ces démangeaisons conduisent au grattage, à l'enlèvement de squames plus ou moins larges , ou à leur fendillement , toutes circonstances qui ne s'observent jamais dans le psoriasis simple, et qui donnent d'ailleurs un cachet tout spécial à cette forme de psoriasis ; sa marche est d'ailleurs à peu près la même, avec cette différence que, d'un moment à l'autre, l'affection peut prendre une forme aiguë et sécréter plus ou moins abondamment. Ce qui importe dans cette distinction, c'est la thérapeutique. Cette forme morbide demande d'autres soins, d'autres médicaments que le psoriasis simple ; il en est de même de la forme suivante, qui exige un tout autre traitement.

Les caractères du psoriasis herpétiforme sont très nettement dessinés. La maladie atteint au moins autant la partie interne des membres et la région antérieure du tronc que leur partie externe et le dos ; elle se montre par de très petites plaques disséminées, qui, peu après leur développement, se dépriment à leur centre, s'évident, seguérisenten même temps qu'un bourrelet se forme à la circonférence , grandit, s'étend déplus en

504 PATUOLOGIE SPÉCIALE.

plus, de manière à former un cercle entier complètement dégagé au centre, où la peau est saine. Ces bourrelets ont quelquefois des dimensions considérables ; ils vont s'élargissant de plus en plus et se confondent bientôt entre eux ; ils forment alors des surfaces ondulées dans lesquelles on trouve des segments de grands cercles. C'est là une première variété d'herpès psoriasiforme qui correspond à l'herpès circiné ordinaire; mais il en est une seconde, plus difficile à reconnaître, et qui n'est pas moins spéciale ; elle correspond à l'herpès nummulaire . Dans cette variété, la surface reste malade au centre, mais elle est bordée par un bourrelet comme clans la précédente. Elle fait alors moins de progrès en étendue, les plaques en sont généralement beaucoup plus petites. Ces deux variétés amènent quelques démangeaisons, surtout lorsque le malade est en sueur.

Il est difficile de confondre le psoriasis, quelle qu'en soit la forme, avec aucune autre maladie, si l'on tient compte des trois caractères que nous lui avons assignés; les seules affections sur lesquelles on pourrait émettre des doutes, sont la lèpre vulgaire etfl'ichthyose ; pour la lèpre surtout, en ce qui concerne le psoriasis» herpétiforme circiné ; mais il sera toujours facile d'éviter la méprise , si l'on tient compte de cette circonstance que la lèpre figure toujours un fer à cheval, c'est-à-dire que l'affection squameuse représente les caractères du psoriasis sous la forme d'un cercle ayant un tiers de moins de sa circonférence (voyez les planches) ; tandis que le Cercle de l'herpès psoriasiforme a toujours les dispositions d'un cercle complet. Quant à l'ichthyose, c'est une maladie à surface uniformément squameuse, disséminée sur les membres , en occupant presque toute l'étendue et par conséquent d'un diagnostic différentiel facile.

Psoriasis localisé, — Psoriasis palmaria et plantaria. Cette affection offre plusieurs variétés; dans l'une, la plus simple, la plus bénigne, on voit apparaître au centre de la face palmaire d'une seule main une petite écaille épidermique. Le malade n'y fait même pas attention ; un peu de graisse, un bain la font disparaître ; mais elle se reproduit, et le matin elle est plus sensible

rsoniAsis. 505

qu'après les soins de toilette pendant lesquels elle disparaît ; elle a d'ailleurs la largeur de quelques millimètres seulement. Par- Ibis le malade l'arrache, l'enlève ; cet état ne s'accroît qu'avec une extrême lenteur , car il est des personnes qui conservent pendant douze ou quinze ans ce psoriasis si discret, et il n'a acquis alors que l'étendue d'un centime. Il est rare que le médecin soit consulté pour cette affection lorsqu'elle est dans de pareilles conditions.

Mais dans une forme moins bénigne, le psoriasis palmaire apparaît au centre de la main avec plus de vigueur ; il gagne assez rapidement en surface pour envahir toute l'étendue de la face palmaire dans l'espace de quelques semaines. Alors il est souvent accompagné de cassures très douloureuses, 1'épiderme est épaissi , les squames sont très dures et se renouvellent très rarement. Enfin, dans une troisième variété, l'affection, le plus souvent déjà ancienne et discrète, prend tout cà coup un grand accroissement et gagne non seulement la paume de la main, mais encore la face palmaire des doigts jusqu'à une ligne médiane qui séparerait l'épaisseur des doigts en deux parties égales ; dans ces deux variétés il est rare que les deux mains ne soient pas atteintes ; cette maladie est d'ailleurs incommode, car la pression un peu forte d'un corps dur amène de la douleur ; la main est le siège d'une chaleur insolite, mais la peau n'est pas sensiblement épaissie, comme on l'observe dans les diverses variétés de psoriasis. Nous ajouterons que, dans la généralité des cas, elle n'a pas non plus la teinte rouge de peau enflammée. Ce qui se passe aux mains peut aussi exister aux pieds, et l'on comprend combien dans de telles conditions la marche devient douloureuse et difficile ; contrairement aussi aux autres formes de psoriasis, le psoriasis palmaria n'atteint que la surface interne des mains, la face dorsale en est toujours exceptée. Dans le pityriasis rubra, au contraire, elle peut devenir tout entière malade.

Psoriasis capitis. — Le cuir chevelu peut être affecté isolément et indépendamment de l'existence de psoriasis sur le

reste du corps, mais alors les coudes et les genoux présentent généralement une peau rude, épaisse et dans un état anormal. Cette affection débute presque toujours par la partie antérieure du cuir chevelu ; elle gagne peu à peu en surface, en arrière, en même temps qu'elle s'élargit et qu'il se développe dans divers points de la peau des plaques morbides analogues; mais ici deux, formes possibles peuvent se présenter : ou celle de psoriasis franc, qui s'arrête à la racine des cheveux ; ou celle de psoriasis herpétiforme, qui est terminé en avant par un bourrelet ondulé qui gagne de plus en plus sur le front ; les cheveux peuvent donc, dans l'une des formes, cacher cette affection, car, chose remarquable, quoique la peau soit rouge, épaissie, beaucoup plus malade que dans le pityriasis, par exemple, les cheveux ne tombent pas ; mais si on vient à les faire couper , si le malade ne met aucune pommade , on voit alors les surfaces malades recouvertes d'écaillés épidermiques uniformes et sans aucune sécrétion, avec leur aspect nacré. Il n'est pas possible de confondre cette maladie avec le pityriasis qui est à l'état de furfures, ou avec l'eczéma suintant sans cesse de la sérosité , ou avec l'impétigo donnant une sécrétion purulente. Mais il n'en est pas de même du pityriasis chronique des adultes à forme amianthacée ; il est vrai que la distinction a peu d'importance, parce que le traitement est à peu près le même.

Psoriasis unguium. — Cette maladie non décrite est assez commune et tout à fait indépendante; elle se montre ordinairement après l'âge de trente ans , toujours à une époque assez avancée de la vie. Elle affecte un ou plusieurs ongles des doigts, sans coïncidence de tel ou tel doigt de la main. Elle apparaît à l'extrémité des ongles ; mais avant que ce qui constitue son cachet essentiel se manifeste , les ongles présentent quelques phénomènes particuliers : ils prennent plus d'épaisseur , se couvrent de quelques saillies longitudinales et de cannelures, comme chez les personnes âgées ; ils se déforment ; on voit alors l'extrémité libre de l'ongle s'épaissir, devenir opaque, grisâtre et présenter l'aspect d'une série de lames épidermiques mal join-

PSORIASIS. 507

tes ; en même temps, cette extrémité libre s'élargit et se déchausse ; alors, si le malade veut se servir de cet ongle pour arracher quelque chose, faire un effort, l'ongle casse à son extrémité; puis la maladie s'étend aussi de la partie libre de l'ongle à la partie adhérente, en le déchaussant de plus en plus, en se déformant aussi de plus en plus et en prenant un aspect fort désagréable, jusqu'à ce que sa chute s'opère en définitive ; mais l'affection n'amène ce résultat qu'après un laps de temps extrêmement long, des années. Chose remarquable, les parties molles restent tout à fait saines et il n'y a pas de traces de psoriasis sur les autres parties du corps.

Traitement des diverses formes de psoriasis. — Tout psoriasis aigu exige les émollients, comme si c'était une affection sécrétante de la peau ; mais pour exercer une influence un peu puissante sur cette maladie, il faut des agents émollients prolongés. Dans quelques cas, on emploie avec avantage la saignée, comme dans le pityriasis rubra aigu général. Les bains prolongés chaque jour pendant plusieurs heures, les onctions avec des corps gras sans addition de quelque substance que ce soit, l'axonge, le saindoux, le cold-cream, tels sont les moyens à l'usage desquels il faut se borner pendant un mois ou six semaines; car cette maladie, quoique aiguë, suit une marche décroissante très lente ; à l'intérieur, des tisanes rafraîchissantes, un régime alimentaire approprié, quoique le malade soit sans fièvre. Les onctions doivent être générales et le malade doit conserver sa chemise et les draps dans lesquels il couche, imbibés pour ainsi dire de graisse ; aussi en hiver ces vêtements sont-ils très froids et difficilement supportés par les malades.

La période aiguë tombée, ce qui se reconnaît à l'absence de la formation de squames, à l'abaissement de la rougeur et de la chaleur de la peau , il y a deux indications à remplir : ou le malade est dans un état de santé général tel , qu'il peut sans aucun inconvénient supporter la médication arsenicale ; ou, au contraire, la faiblesse de l'estomac, des intestins délicats, ne permettent pas l'usage de cette médication. Dans le premier cas, on

la prescrit d'après les errements que nous avons tracés (voy. Médication arsenicale, p. 100); dans le cas contraire, il faut entrer dans la voie des résolutifs en pommades et en bains. Toutes les affections squameuses se trouvent à merveille de l'emploi des corps gras; on débutera donc par des pommades au 50" d'huile de cade ou de goudron, et l'on fera faire une onction générale sur la peau matin et soir ; puis, au fur et à mesure que l'inflammation tombera, on rendra les pommades de plus en plus fortes. Toute la difficulté du traitement consiste à saisir l'indication de la force des agents que l'on emploie. Ce n'est pas ici le cas de mettre en usage les bains de vapeur : ils exaspèrent l'affection; il faut s'adresser aux bains alunés, salés, ou avec addition de sublimé (voy. Formulaire, Bains).

Le psoriasis aigu local doit être traité de la même manière, en proportionnant les moyens à l'étendue des parties affectées. Il est rare que, dans un psoriasis limité à une surface qui représente la vingtième ou la quarantième partie de l'étendue du corps, on ait recours à la solution de Fowler.

Traitement du psoriasis chronique.— Quelle que soit la forme de l'affection, le traitement est le même ; cà cet égard, nous avons besoin d'entrer dans des préceptes généraux relatifs à cette thérapeutique. Le médecin, en présence d'un psoriasis chronique de date récente, c'est-à-dire de quelques mois ou d'un à deux ans, et lorsque aucun traitement n'a été fait, doit s'attacher à débarrasser pour toujours le malade de cette affection. Il faut donc qu'il s'adresse tout d'abord à une médication interne efficace ; c'est toujours la méthode la plus sûre et celle qui compte le plus de succès; la forme du psoriasis importe fort peu, et c'est en cela que nous nous sommes élevé avec raison contre ces divisions de psoriasis guttata, diffusa, etc.

Les médications internes ne comportent guère que deux ou trois ordres de substances: les préparations arsenicales, antimoniales et mercurielles ; toutes portent une certaine atteinte à la santé générale, d'où la nécessité de ne les employer que si la constitution du sujet, l'état de ses organes peuvent le permet-

PSORIASIS. f)0Q

tre; à cet égard, nous établirons quelques propositions qui serviront de guides aux médecins :

1° Les préparations arsenicales doivent être préférées à toutes les autres.

2° Les préparations antimoniales et mercurielles réussissent quelquefois , lorsque les préparations arsenicales ont échoué.

3° Lorsque les préparations arsenicales ont été employées à une dose suffisante et pendant un temps assez long pour consolider une guérison de psoriasis, obtenue par ce moyen, et que le psoriasis a été suivi de récidive à une époque assez rapprochée, il est inutile de revenir à l'emploi de ces préparations.

k° Il est fort douteux que l'on puisse guérir à toujours un malade d'un psoriasis qui a eu des récidives nombreuses, quoique les préparations arsenicales n'aient pas été employées pour obtenir la guérison.

5° Tout psoriasis invétéré doit exclure l'emploi des préparations arsenicales.

6° La condition essentielle de l'usage de ces préparations, c'est un bon estomac, de bons intestins, une bonne poitrine.

7° Il est rare qu'un individu disposé à la diarrhée ou habitué à des garde-robes fréquentes, supporte des doses suffisantes d'arsenic et pendant un temps assez long pour obtenir une guérison durable et même une disparition complète de son affection par ce moyen.

8° Il faut craindre d'employer l'arsenic chez les sujets atteints d'affections catarrhales chroniques de la poitrine, ou d'asthme, à plus forte raison s'il s'agit d'un jeune homme à poitrine étroite, à membres grêles où l'on ait à supposer la possibilité d'un développement de tubercules.

9° Il est, au contraire, des individus qui supportent parfaitement l'arsenic ; les femmes nous semblent sous ce rapport avoir un avantage marqué sur les hommes.

J'ai exposé (pag. 104 et suiv.) les accidents qui peuvent accompagner l'administration de l'arsenic et les effets qu'il produirait sur l'ensemble de l'économie en général ; j'ai fait con-

naître comment et à quelle dose il fallait l'employer , je n'ai donc pas à y revenir; j'en ai lait autant pour les préparations antimoniales (voy. pag. 109 et suiv.). J'ai de plus, lorsque j'ai traité de la médication antisquameusc, exposé les méthodes externes et internes que l'on pourrait mettre en usage ; il me reste donc peu de chose à faire pour instituer la thérapeutique du psoriasis.

D'après les propositions que nous venons d'émettre, un psoriasis peut être traité par des moyens externes seulement : par des moyens externes et une médication interne à la fois , ou enfin par une médication interne seule. Toutes les fois que le médecin voudra être sûr des effets de l'agent interne qu'il aura mis en pratique , il faudra qu'il s'abstienne de toute pommade extérieure propre à guérir elle-même ; mais il est rare que l'on ne joigne pas à cet agent l'usage de bains. Nous préférons à tous les bains ceux de vapeur, excepté dans les trois mois les plus chauds de l'année. On les donne tous les deux jours (voy. Bains de vapeur, pag. 128) ; on peut les remplacer par des bains alcalins, lorsque les malades ne peuvent pas supporter les bains de vapeur.

La médication externe repose exclusivement sur l'emploi de bains et de pommades ; et parmi ces dernières, les plus employées sont celles qui ont pour base l'huile de cade, le goudron et le précipité blanc; la dose d'huile de cade et de goudron à incorporer avec l'axonge varie en raison de l'âge du sujet, de la finesse de la peau et de l'ancienneté du psoriasis ; en général, on débute par des pommades au 20e, et tous les quinze jours ou trois semaines , on rend la pommade plus forte en la portant au 15e, au 10e et même au 5e d'huile de cade ou de goudron. C'est à la condition de graisser largement les surfaces malades avec la paume des mains, et fort au delà des parties affectées, que l'on obtient une guérison ; il faut aussi porter sur soi des chemises salies par la graisse et ne les changer que tous les quinze jours ; il semble que l'atmosphère d'huile et de goudron dont on enveloppe les malades contribue à ob-

PSORIASIS. 511

tenir une guérison plus prompte et plus facile. Dans quelques psoriasis invétérés, on est souvent obligé d'employer le goudron et l'huile de carie à l'état de pureté. On conçoit qu'un pareil traitement ne puisse guère être fait qu'avec l'isolement complet du malade. Un inconvénient très grave de ces sortes de pommades, c'est de tacher les linges et de ne pouvoir enlever complètement ces taches à la lessive. A l'hôpital il existe des draps et des chemises exclusivement affectésà ces sortes de traitements; l'odeur ne porte d'ailleurs aucune atteinte à la santé.

J'ai fait dans ces derniers temps quelques essais avec l'huile de noix d'acajou que mon ami le docteur Patin m'avait proposé de mettre en usage. On sait que cette huile est très usitée dans les colonies pour combattre les maladies de la peau; les marins s'en servent souvent pour la moindre affection, quelle qu'en soit la forme. J'ai dû m'adresser à des malades dont les psoriasis fort anciens résistaient au goudron pur et à l'huile de cade ; je n'ai pas obtenu de succès. L'application de l'huile, pour peu qu'elle fût faite sur une assez large surface, donnait lieu à une cuisson , à un sentiment de brûlure souvent considérable et amenant le gonflement de la peau ; j'ai dû y renoncer. Peutêtre serait-on plus heureux en incorporant l'huile de noix d'acajou à l'axonge; je doute pourtant que l'on arrive à de meilleurs résultats qu'avec l'huile de cade.

Lorsque, par des considérations spéciales, on ne peut employer ni l'huile de cade, ni le goudron , il faut alors recourir à deux agents qui n'ont ni les inconvénients de la couleur, ni ceux de l'odeur. C'est, d'une part, le carbonate de potasse ou de soude incorporé à l'axonge; d'une autre part, le précipité blanc. Ces deux pommades sont d'ailleurs très efficaces ; il faut les formuler à assez haute dose, car la peau affectée peut parfaitement en supporter l'action (voy. Formulaire, Pommade au carbonate de potasse ou de soude n° 2 et celle au précipité blanc) . La pommade au précipité blanc a un grand inconvénient ; comme elle doit être étendue, même sur la peau saine, la préparation mercurielle est souvent absorbée et donne lieu à de la salivation; il

512 PATIIÏLOfilË SPÉCIALE.

faut donc agir à cet égard avec ménagement et surveiller de près ce mode de traitement.

Bien d'autres pommades ont été préconisées, mais elles sont insignifiantes ou elles amènent de mauvais résultats ; il est donc inutile de les indiquer. J'ai tenté l'emploi de l'huile de foie de morue sans obtenir rien d'efficace.

Comment guérissent les pommades ? Leur premier effet, c'est de faire tomber les squames , de mettre à nu la peau avec sa coloration rouge ; plus tard, les squames se forment en moins grande quantité et l'épaississement de la peau diminue; plus tard encore, cet épaississement disparaît, la peau revient à son niveau en même temps que sa coloration est moins intense. A celte époque, il se montre très souvent un phénomène qui n'a pas été observé par les dermatologistes et qui est un indice aussi certain de guérison que la coloration brune que j'ai fait connaître peut l'être pour l'arsenic (voy. p. 106). C'est la formation d'un petit liséré blanc autour de la plaque de psoriasis; il est d'abord très étroit, il s'élargit ensuite, s'étale au fur et à mesure qu'il prend de l'accroissement ; il gagne la plaque rouge de psoriasis, qui elle-même finit par disparaître ; alors la peau reprend sa couleur naturelle, sa souplesse et il est impossible de reconnaître qu'elle ait été maculée.

Il pourra paraître surprenant que nous ne parlions pas de l'emploi des sulfureux pour combattre cette maladie ; ces agents sont sans succès , ils irritent le plus souvent et ne guérissent pas. Aussi les eaux des Pyrénées n'ont-elles aucune valeur, je ne connais même pas d'eaux minérales qui guérissent cette affection ; j'en excepterais peut-être les bains de mer, qui comptent quelques succès. Je fais une réserve pour le psoriasis à forme composée, ainsi qu'on va le voir plus loin.

Tel est l'ensemble des médications qui comptent le plus de succès dans le traitement du psoriasis général. Il est important d'élucider la question de savoir celle à laquelle le médecin doit accorder le plus de confiance. En 18ft8, je fis faire le relevé des antécédents de seize malades affectés de psoriasis qui se trou-

PsouiASis. 513 valent à co moment réunis dans nos salles; il devait être continué de manière à être établi sur une plus grande échelle; cela n'a pas été fait. Voici toutefois à quelles données nous avons été conduit par rapport à ces treize malades, qui avaient passé par divers services ; ainsi le 1er comptait 7 récidives; le 2e 6 le 3», 5; le 3; le 5e, 3 ; le 6e 3; le 7% 6 ; les 8',' 9% 1 '• lé 10% 2 ; le 11», U; le 12% 5; le 13" et le 14% 2; le 15% 7; le 16% 1. Il en est dont le premier traitement remontait à 1823 ; en sorte que ces divers malades- avaient successivement passé par les services de Biett, d'Alibert , de Lugol, MM. Emery, Giabert, Cazenave et le mien. Voici maintenant le laps de temps pendant lequel la guérison s'est soutenue depuis les diverses médications mise en usage.

Solution de Fowler. - 4 traitements, 4 guérisons. - Durée fa ans' de la guérison. ■ < „

i 2 ans 1/2.

\4 ans.

Solution minérale. — 2 insuccès, 4 guérisons. (C'est la solu- (8 moistion de Fowler éleudue d'après ma formule ) — Durée de! 9 moisla guérison. ) 1 an 1/2.

Solution de Pearson. — l traitement, 1 insuccès 4 3nS'

Liqueur acide de M. Gibert. — l traitement, i guérison )

(C'est une solution arsenicale.) - Durée de la guérison ' i 4 mois- Pilules arsenicales. - 3 traitements, 1 insuccès. - Durée (3 mois

de la guérison. ~ s<

' 0 ans.

' G semaines.

Goudron. — 12 traitements, 6 insuccès. — Durée de la i rison.

Teinture de canlharides. ~ 2 traitements, 1 insuccès —

Durée de la guérison.

Jodure de potassium. - 1 traitement, 1 guérison. - Durée ,

de la guérison. L]4 ans.

Sulfureux. — 2 traitements, I insuccès. — Durée de la mé- ,

rison. ! g ans.

Que si l'on additionne la durée de la guérison des traitements par les préparations arsenicales comparés à la durée delà guérison dans le cas d'emploi de goudron, on arrive aux résultats Vivants : Onze traitements par l'arsenic donnent vingt-trois

5|;, l'ATTIOLOGIE SPÉCULE.

ans de guérison ; si* traitements par le goudron donnent six ans et sept mois de guérison. La différence en faveur des préparations arsenicales est donc du double; peut-être même arriverait-on à un chiffre meilleur si le relevé, au lieu de porter suides malades en petit nombre qui ont été traités à des époques déjà éloignées de nous, avait été fait sur des malades traites plus récemment. La différence qui existe entre un traitement purement externe et un traitement interne, est tellement anormal pour les malades eux-mêmes, que lorsqu'ils ont été seulement mis à l'usage du goudron ou des pommades, ils disent quils

ont été blanchis.

Une autre méthode générale qui compte quelques succès, surtout chez les personnes délicates, c'est l'hydrothérapie; on sait qu'à Paris les premiers essais en ce genre ont ete faits par M Wertheim, à l'hôpital Saint-Louis, dans le service de M. Gibert et dans le mien. Des psoriasis de toute date ont ete traites par la sudation à l'aide du drap mouillé et l'immersion dans Veau froide; on a traité des psoriasis récents et même des psoriasis anciens avec quelques succès. Cette méthode a l'avantage d'améliorer la santé générale et de guérir en même temps 1 affection cutanée: dans deux circonstances elle a fait paraître a la peau une syphilide à l'instar des eaux des Pyrénées qui fort souvent mettent à nu un principe syphilitique cache

Mais quel que soit le traitement mis en usage, la maladie sera d'autant plus mise à l'abri de récidives, qu'il aura été plus complet Ainsi il ne suffit pas d'arriver à la disparition des plaques squameuses ; il faut d'abord qu'elles disparaissent toutes, e ensuite que la peau rentre dans son état tout à fait naturel d a"t quand on emploie les préparations arsenicales, obtenir les Ses brunes queLs avons fait connaître, et —mêle traitement un mois après les avoir obtenues. A cet égard U TmZsis d'allier ensemble la méthode externe et la méthode ntel Si l'on guérit plus vite, on guérit moins sûrement est rare même détenir les taches arsenicales lorsque 1 on tr ' x érieur par le goudron et à l'intérieur par l'arsenic. On a

psoriasis. 5^5 plus vite peut-être, maison va moins sûrement, le traitement d'un psoriasis exige presque toujours deux mois à trois mois de durée, et souvent plus quand le psoriasis, est ancien (voy. Médication arsenicale).

Quelle que soit la méthode par laquelle on arrive à la guérison d'un psoriasis, ce n'est qu'à l'aide d'une hygiène longtemps observée que l'on peut éviter aux malades des récidives. Ces soins hygiéniques consistent, suivant nous, à graisser largement la peau avec du saindoux ou de l'axonge une l'ois par semaine durant huit ou dix mois ; à prendre aussi par semaine un bain qui, pendant la saison chaude, sera alcalin; et de vapeur durant la saison froide, afin de faire fonctionner complètement la peau pendant la saison où la transpiration est généralement supprimée. Le malade doit, en outre, éviter les excès de tout genre et observer cette hygiène, sauf à la suivre moins sévèrement pendant plusieurs années.

Le traitement des psoriasis composés diffère des précédents. Ainsi, quant à ce qui concerne Y eczéma psoriasiforme , on ne peut lui appliquer, comme traitement externe, des pommades aussi fortes que pour le psoriasis, sans quoi on l'exaspère et on le fait sécréter; il faut s'adresser à des pommades au cinquantième ou au quarantième de goudron et d'huile de cade, et souvent les faire précéder de pommades au tannin et à 'l'oxydé de zinc. Dans cette variété, les préparations arsenicales réussissent à merveille.

Quant à Y herpès psoriasiforme, c'est une tout autre médication. Il réclame les sulfureux par excellence et sous toutes les formes; les eaux minérales sulfureuses le guérissent à merveille, et lorsque la guérison n'est pas tout à fait complète par ces agents, on la parfait alors à l'aide des préparations arsenicales ; mais celles-ci ne doivent être employées que secondairement. Voici un fait qui prouve la supériorité de cette méthode. « Un malade nous a été adressé l'aimé dernière par un de nos très honorables collègues des hôpitaux de Metz ; il avait cette affection aussi généralisée que possible; l'arsenic ei plusieurs

autres traitements avaient été employés sans succès pour la combattre. Entré par hasard à l'hôpital dans un service autre que le mien, il fut mis à la médication par l'huile de cade , mais sans succès. Ce fut alors qu'il demanda à venir dans notre service. Je reconnus facilement la forme composée de psoriasis dont il était atteint ; le traitement sulfureux fut employé dans son ensemble tant à l'intérieur qu'à l'extérieur, et en six semaines la disparition de l'affection était complètement obtenue.

Il nous reste à faire connaître les particularités de traitement qui concernent les psoriasis locaux. Ce n'est guère que par des topiques que l'on guérit les psoriasis palmaria et plantaria; l'arsenic même, qui dans quelques cas réussit, échoue le plus souvent. C'est donc aux pommades aidées des bains alcalins qu'il faut recourir, à l'usage de gants de fil la nuit pour pouvoir maintenir les corps gras en contact avec la peau et, quand cela se peut, le jour même ; ce qui réussit fort bien, surtout dans ces psoriasis, ainsi que dans celui des ongles, c'est de coucher, la nuit, les mains dans de la laine grasse, c'est-à-dire, avec son suint. On ne saurait se faire une idée de l'influence de ces auxiliaires sur la peau ; quant au psoriasis capitis, il réclame essentiellement une médication générale, tout en appliquant des pommades convenables, coupant les cheveux , employant des lotions alcalines répétées et des bains de vapeur.

Psoriasis gutlala des membres. — Moiron, jardinier, âgé de vingt ans, entré le 24 mai, sorti le 29 août 1 843 ; transmission nulle, cependant son frère a eu des dartres farineuses ; constitution forte.

Il y a neuf mois, psoriasis gultata, guéri en quatre mois, dans le service de M. Gibert, par les bains de vapeur, lotions chlorurées, et à l'intérieur, la solution d'arséniate d'ammoniaque de Biett . Deux mois de guérison ; antécédents inconnus, comme la première fois.

La maladie a reparu il y a trois mois ; au début, petits boulons qui depuis se sont étendus de manière à former des petites plaques rouges arrondies, recouvertes de squames nacrées. Ces petits boutons ont paru d'abord au coude, puis au genou et sur les membres seulement. Il Y a trois mois, deuxième récidive ; depuis le poignet jusqu au-dessus du coude, depuis le cou-de-pied jusqu'à la partie supérieure de n cuisse Forme squameuse; sur toutes les surfaces des membres, mais surtout aux parlies externes et dans le sens de l'extension, on voit fie

PSOlUàSIS. 5i7

nombreuses plaques, larges de 4 ou 5 millimètres à -I centimètre do diamètre; elles sont très nombreuses au coude et au genou et rapprochées de manière à se confondre presque. Ces petites plaques routes sont arrondies, saillantes, dures et recouvertes généralement de squames blanches, brillantes, nacrées, tombant difficilement et seulement par le frottement des écailles minces et sèches.

29 mai. Toutes les squames sont tombées sous l'influence des bains et des frictions avec l'axonge ; administration de la solution de Fowler. Trois fois pendant le traitement on a suspendu cette solution pour accidents généraux ; à sa sortie, la peau est saine, mais colorée en brun dans les points qui ont été malades.

Psoriasis gultata général. — Minthe , terrassier , âgé de vingt-huit ans, entré le 31 mai, sorti le 5 septembre 18 43; d'un tempérament sanguin, d'une constitution forte. Antécédents : il y a quatre mois, sans cause connue, la maladie apparut d'abord sur les bras, puis sur les jambes et enfin sur le tronc. Elle débuta par des petits boutons qui farinaient, surtout lorsqu'on les touchait ; ces petits boutons s'étendirent peu à peu et formèrent des petites plaques arrondies. Démangeaisons instantanées et légères. Toute la surface cutanée, excepté la face, le cou et le cuir chevelu, est le siège de petites plaques rouges, de \ à 2 centimètres, arrondies, élevées au-dessus de la peau et recouvertes de squames sèches , blanchâtres , nacrées , qui par le frottement tombent en furfures. Ces squames sont sèches ; il y a peu de démangeaisons, elles sont seulement instantanées. Ces plaques squameuses sont beaucoup plus nombreuses à la surface externe des membres qu'à la surface interne, où il y en a à peine.

Dans certains endroits, ces gouttelettes squameuses sont confondues et forment une seule et même plaque, circonscrite par un bourrelet peu saillant. Sous l'influence du traitement et surtout des bains alcalins , pris tous les deux jours pendant son traitement, ainsi que de l'emploi de la pommade de goudron à l'extérieur, les squames sont tombées peu à peu, les plaques se sont affaissées et leur coloration a diminué en commençant d'abord par le centre. A sa sortie, la peau est parfaitement saine.

Psoriasis de la face. — Leveau, musicien, âgé de vingt ans, entré le 25 octobre, sorti le 4 9 décembre 1 843 ; transmission nulle. Parents exempts de toute maladie de peau; tempérament lymphatique, constitution médiocre.

Il y a deux ans et demi , il a eu un écoulement, traité par la tisane d'orge et les bains émollients locaux. Cet écoulement a duré six mois, avec sa disparition a coïncidé l'invasion du psoriasis. Depuis cette époque la maladie a été continue ; il a fait plusieurs traitements, tous sans succès ; rumigations sulfureuses, homœopalhic, pommade grise. Les joues ont commencé àêtre malades, c'étaientd'abord desplaques rouges avec quelques démangeaisons, puis il y est survenu dos squames ; il n'y a que

cinq mois que le nez a été envahi, aujourd'hui faffeclion occupe le nez et les joues.

A son entrée, il offre un psoriasis caractérisé par des plaques rouges, couvertes d'écaillés larges, blanches, chatoyantes, très sèches et minces. Les joues sont affectées seulement dans leur tiers interne, la gauche plus que la droite; sur cette dernière la maladie ne descend pas plus loin que l'aile du nez ; sur la gauche, elle va jusqu'à la commissure labiale. Elle remonte des deux côtés jusque près des yeux, mais sans les atteindre ; le nez est affecté dans ses deux tiers supérieurs, et des deux côtés le psoriasis s'unit à celui des joues. 11 y a en même temps sur la face un certain nombre de pustules d'acné ; point de psoriasis sur d'autres points du corps. Coudes et genoux intacts.

Traitement par l'arsenic.

30 octobre. Amélioration déjà très notable ; moins de rougeur, moins de saillie des plaques.

6 novembre. Le psoriasis a pâli partout, il s'efface déjà dans certains points du centre à la circonférence.

9 novembre. Au lieu de la large plaque qui existait à l'entrée du malade, il en existe plusieurs, séparées les unes des autres.

25 novembre. Il ne reste plus des psoriasis qu'une teinte très faible ; il ne se forme plus de squames.

4 décembre. La pommade au bichloro-iodure a fait depuis quelques jours rougir ces parties malades et a déterminé une véritable inflammation ; on la remplace par de l'axonge.

La rougeur disparaît les jours suivants et le malade sort guéri le 1 9.

Herpès psoriasiforme . — Dibory (Antoine), menuisier; tempérament lymphatique.

A l'âge de dix ans il fut atteint d'une affection tout à fait semblable à celle qu'il porte maintenant ; il entra à l'Enfant-Jésus, il y resta pendant deux ans. Pendant son séjour dans cet hôpital il lui survient une fièvre cérébrale, et c'est en guérissant de cette dernière maladie, qu'il guérit en même temps de son affection cutanée. La guérison s'est maintenue pendant seize ans environ, et pourtant le malade a fait dans cet intervalle des voyages de long cours; il est soumis au régime des marins sans éprouver rien qui annonce une nouvelle recrudescence. Depuis trois ou quatre mois la maladie est revenue, peut-être son retour est-il dû aux excès que fait parfois le malade et peut-être aussi aux privations qui succèdent.

La maladie est maintenant étendue à toutes les surfaces du corps. Au milieu, de grandes plaques rouges rugueuses, recouvertes d'écaillés épidermiquesfurfuracées; on rencontre comme de petites papules rouges arrondies, recouvertes aussi d'une écaille qui tombe. C'est par ces petites élevures que la maladie a commencé , bientôt elles se sont agrandies, pour former des plaques de la largeur d'une pièce de ou centimes dont les unes isolées, peu saillantes, se remarquent surtout sur le do> et un peu sur la partie antérieure de la poitrine, la face interne des

PSOHIASIS.

cuisses; lundis que les autres, se réunissant par leur circonférence , forment de larges plaques irrégulièrement dessinées et qui me paraissent n'avoir rien de particulier pour le siège. Ces plaques, de grandeur différente, sont, de même que les taches qui les constituent, peu saillantes, rouges et recouvertes d'un épiderme que le frottement enlève par petites écailles. Sur la face, le front et dans le cuir chevelu, on en trouve encore, et dans ces parties elles sont moins apparentes, à cause de la finesse de la peau. Elles sont toutes entourées d'un bourrelet saillant.

Le malade éprouve, surtout sur la face antérieure des jambes, des démangeaisons si vives qu'il se gratte de manière à faire sortir le sang ; aussi voit-on que par place l'épiderme a été enlevé avec les ongles. Traitement par la solution de Fowler ; guérison avec coloration de la peau.

Eczéma psoriasiforme . — Boucher, charretier, âgé de soixante et onze ans, vigoureux. Un mois avant l'entrée, des boutons se montrent aux cuisses, à la partie interne et supérieure ; démangeaison, rougeur, sécrétion roussâtre, qui tachait le linge et l'empesait. Quelques jours après, une pareille éruption se manifeste au nombril ; puis bientôt sous Faisselle, et enfin à la face palmaire des mains et à la face plantaire des pieds. Mais aux mains il n'y avait pas de sécrétion ; la maladie gagna peu à peu. Une vaste plaque occupe à la fois la région hypogastrique, les aines, la verge tout entière, les bourses, la face interne et supérieure des cuisses dans une hauteur d'environ 1 décimètre, le périnée, la marge de l'anus, la partie interne des fesses et leur face postérieure jusqu'à 6 ou 7 centimètres du sillon en remontant à la moitié de la région sacrée. Au nombril, plaque régulièrement ellipsoïde de 5 centimètres de diamètre transversal sur 2 en hauteur ; à l'aisselle, plaque qui en occupe toutes les parois et qui contourne même un peu en avantle bord de la saillie du grand pectoral. Ces plaques sont rouges, épaissies, couvertes de larges squames à demi détachées, transparentes, molles, humides ; démangeaisons vives, sécrétion séreuse assez abondante pour tacher ou plutôt empeser le linge. Toute la face palmaire des mains et un peu la face dorsale des doigts, surtout au niveau des articulations, sont occupées par une seule plaque qui n'offre que de la rougeur, de l'épaississement de larges squames sèches, opaques, blanches; il y a aussi de la démangeaison. La plaque de la face plantaire des pieds offre exactement les mêmes caractères que celle des mains ; seulement les squames sont plus épaisses, plus dures ; elle est bornée à la face plantaire. — M janvier. Diminution de la rougeur et de la sécrétion aux parties génitales, au nombril, aux aisselles ; desquamation considérablement diminuée clans ces mêmes parties. Aux mains et aux pieds il ne reste plus qu'une rougeur violacée, peu sensible, l'épaississement et la desquamation sont diminués; démangeaisons beaucoup moins fortes. 31 janvier. Les mains et les pieds sont guéris, la rougeur, la démangeaison sont considérablement diminuées, la sécrétion y est presque nulle , la plaque du nombril et les autres ont diminué de largeur en

allant de la circonférence au centre. — \ i février. Le malade sort; la plaque du nombril no consiste que dans une rougeur un peu plus foncée que la couleur normale de la peau À la partie interne des cuisses, il reste une rougeur violacée sans démangeaison, sans sécrétion, sans état furfuracé appréciable. Les aisselles sont dans le même état que la partie interne des cuisses, à l'exception d'une légère démangeaison .

Lepra vulgaris. Dartre furfuracée arrondie, herpès ftuiureux

circiné cl'Alibert.

Le mot lèpre devrait être aujourd'hui exclusivement réservé à une maladie contagieuse des Grecs et des Arabes qui n'apparaît que rarement dans nos climats. Il a été appliqué par Willan à une variété d'affection squameuse, par cette raison que la disposition des squames est arrondie, plus ou moins circulaire et se rapprochant ainsi de ce que les Grecs ont décrit sous celte dénomination. Les modernes ont conservé ce nom fort impropre qui s'applique en général à tout ce qui est contagieux, à tout ce qui est d'un aspect repoussant; or la lèpre vulgaire que nous allons décrire est loin de rentrer dans cette catégorie d'affections. De plus, Willan a adopté trois variétés dans cette maladie, vulgaris, alphoides, nigricans. La forme alphoïde n'est basée que sur la blancheur éclatante des écailles, des squames, surtout chez les enfants, différence bien naturelle à cet âge, car toute maladie squameuse chez l'enfant très jeune rentre dans cette condition ; quant à la lèpre noirâtre ou brune, il y a eu quelque erreur delà part de Willan; nous n'avons jamais rien vu de semblable. M. Cazenave regarde cette affection comme unesyphilide; d'autres auteurs en nient l'existence. Il y a plus, M. Gibert considère le lepra vulgaris comme ne constituant pas une espèce morbide et comme n'étant autre chose qu'une variété de forme du psoriasis. Pour moi, non seulement j'admets l'existence, du lepra vulgaris, mais encore j'ajoute que tous les dermatologistes l'ont peu ou mal décrit ; ils l'ont confondu, à l'instar d'Alibert, avec le psoriasis herpétiforme que nous avons

Page 1