SCROFULES DE LA PEAU
nonce. Eu même temps tous les tissus s'atrophient, se dépriment tout en reprenant leur consistance première. C'est là un des caractères les plus propres à faire reconnaître qu'une guérison est assurée.
Il n'en est pas de même dans le lupus exedens. Après la guérison il peut y avoir une diminution d'ensemble dans la physionomie empâtée de l'enfant, mais la peau présente comme toujours un état couturé, plus ou moins épaissi, qui ne se perd que par les progrès de l'âge et dans l'espace de longues années.
En définitive , c'est là une des maladies qui exigent le plus de persévérance de la part du médecin. Médication intelligente, observation de l'hygiène dans tous les actes de la vie, ce sont là les bases essentielles du traitement ; c'est la marche qui conduit à desguérisons qu'il est si long et si difficile d'obtenir.
Scrofules de la peau.
Je désigne sous cette dénomination,non seulement les formes scrofuleuses des affections cutanées, mais encore les états morbides de la peau que l'on n'a pas décrits, ou que l'on a confondus jusqu'alors avec la scrofule proprement dite et qui en doivent être distingués par la cause qui, suivant moi, les a fait naître. Cette cause, je la regarde comme étant complexe ; elle est à la fois scrofuleuse et syphilitique ; c'est une transformation par hérédité de la syphilis en la scrofule. On sait qu'à cet égard plusieurs praticiens pensent que la syphilis constitutionnelle est peutêtre l'origine de la scrofule. Je ne suis pas aussi explicite à cet égard, mais j'admets que des parents qui ont eu des accidents syphilitiques primitifs , secondaires et tertiaires , dont ils n'ont jamais été parfaitement débarrassés, au moins quant à la cause première, peuvent transmettre à leurs enfants, d'une part cette cause , ce virus plus ou moins modifié, d'une autre part un tempérament qui les prédispose à la scrofule. Alors apparaissent chez ces enfants, non pas la maladie scrofuleuse avec ses formes simples, puis composées, mais d'une évolution régu-
Hère, mais bien des accidents qui ont à la fois, et un cachet de la scrofule, et un cachet de la syphilis, sans que ni l'une ni l'autre soient nettement dessinés au point de pouvoir dire, c'est de la scrofule, ou c'est de la syphilis. Je donne à ces diverses formes d'accidents composés le nom de scrofule de lapeau, et je les signale dans cet ouvrage comme ne rentrant pas complètement dans l'histoire de l'une ou de l'autre de ces affections.
Le peu de mots que nous venons de tracer suffisent pour faire sentir combien il nous sera difficile de dépeindre quelques unes de ces affections. C'est plutôt par les différences qui peuvent exister entre les phénomènes de l'évolution ordinaire de la scrofule quant à l'aspect, au siège surtout, aux résultats pathologiques qu'ils amènent, que l'on peut établir les nuances sur lesquelles nous appelons toute l'attention des praticiens. La scrofule se montre dans le bas âge par le développement de ganglions au cou et des abcès; le cou, la figure et le cuir chevelu, sont le siège ordinaire de ces formes scrofulenses auxquelles il faut ajouter, les tumeurs blanches, la coxalgie et le mal de Pott. Il existe enfin, comme dernier accident de la scrofule, un état des os qui se manifeste par leur gonflement, leur carie et leur nécrose. Je ne nie pas que ces derniers accidents ne puissent être dépendants d'une manière absolue de la scrofule, mais je crois que bon nombre de cas doivent être rattachés à deux causes : la scrofule et la syphilis.
Or, les scrofules de la peau dont je veux parler dans cet article ont quelque chose de tout à fait anormal à cette marche ; on n'y trouve pas cette succession de phénomènes que je viens de signaler. Si cette affection naît à la tête, elle se montrera au cuir chevelu par des tumeurs beaucoup plus dures que les tumeurs gommeuses ; ces tumeurs seront multiples, indolentes, finiront par s'abcéder ou donner naissance à des abcès fistuleux au fond desquels on sent un os nécrosé. C'est ainsi que j'ai vu une jeune fille de dix-huit ans, vierge de tout rapport avec des hommes, et qui portait sur le cuir chevelu quatre tumeurs de ce genre depuis plusieurs années. Elle n'avait pas les apparences très fran-