SCROFULES DR LA PEAU
ches du tempérament lymphatique , mais elle avait été réglée fort tard; elle était indolente, inactive, avait eu quelques légers ganglions engorgés au cou. Ces tumeurs s'abcédèrent dans plusieurs points, et dans des opérations successives on enleva des portions nécrosées de la table interne des os du crâne. Cette malade était entrée dans divers services chirurgicaux où elle avait subi plusieurs extractions d'os, dont l'une d'elles avait mis à nu les membranes du cerveau; nous lui fîmes subir un traitement mixte. M. Nélaton dut lui enlever encore des portions d'os nécrosés; mais nous ne pûmes pas la guérir complètement.
Nous avons dans nos salles un jeune garçon de dix-sept ans, qui a une maladie analogue à la figure. Il a toute la physionomie d'un scrofuleux, et cependant il n'a jamais eu d'abcès au cou; mais son nez est devenu malade sans être atteint d'un lupus. Il s'y est formé une ulcération qui a marché lentement, mais qui a peu à peu détruit toutes les parties molles du nez, peau, membrane muqueuse et cartilage. Plusieurs ophthalmies scrofuleuses se sont déclarées, à la suite desquelles il existe une opacité complète de la cornée de l'œil droit.
Nous avons donné des soins à un enfant de quatorze, ans, qui portait à quelques centimètres au-dessous de l'aine gauche et en dedans de la cuisse plusieurs tumeurs du volume d'une noisette à une noix, tumeurs qui ne se sont jamais abcédées, qui avaient pris une marche sans cesse croissante, et qui se sont terminées par résolution en laissant un tissu plus ou moins analogue à une cicatrice; mais ces tumeurs n'ont cédé qu'au traitement mixte dont nous parlerons plus loin. Cet enfant était lymphatique, mais il n'avait pas eu de ganglions engorgés au cou; et les tumeurs, quoique se présentant sous la forme d'engorgements ou espèces de gros tubercules indolents, n'étaient nullement des lupus : il y avait là un aspect tout à fait anormal lui ne dessinait pas une affection purement scrofuleuse.
J'ai dans mes salles un garçon de dix-neuf ans qui affirme n avoir jamais eu de maladie vénérienne, et qui depuis un an « le nez plus volumineux que de coutume, avec tissu demi-
engorgé, sans rougeur luisante comme dans le lupus; le n<v a conservé sa forme, mais le tissu libre qui limite les deux narines s'est excorié, puis ulcéré, puis frangé et découpé. Un traitement mixte de trois mois l'avait guéri ; il a voulu le discontinuer et sortir de l'hôpital , il a été obligé d'y rentrer ces jours-ci.
J'ai vu bon nombre de cas analogues chez des enfants jusqu'à l'âge de quatorze, seize ou dix-huit ans, plus fréquemment à la figure et au cuir chevelu, assez souvent sur la longueur des membres et à leur partie interne principalement, et j'ai toujours considéré ces divers états comme n'étant autres qu'une transformation du virus syphilitique des parents en syphilide scrofuleuse ou en scrofule syphilitique. Ce sont des faits qui méritent d'être étudiés , dont les auteurs n'ont pas encore tenu compte et qu'il est impossible de bien décrire encore aujourd'hui. Mais il nous suffira d'avoir appelé sur eux l'attention, pour que de nouvelles observations viennent élucider d'une manière nette et précise celles que nous ne faisons qu'indiquer ici.
Mais ce ne sont pas seulement des phénomènes spéciaux qui caractérisent cette forme particulière de scrofule de la peau , toutes les maladies sécrétantes peuvent être de. nature scrofuleuse. J'ai fait faire le dessin de l'affection rare d'un jeune homme de quinze à dix -sept ans, qui était atteint d'un rupia circiné herpétiforme qui occupait le pied, la jambe, le genou et la cuisse gauche. J'ai décrit cette maladie dont j'ai vu d'autres exemples sans qu'il y ait eu lieu de les rattacher à la même cause sous le nom de rupia herpétiforme ou herpès rupiforme (voy. Rupia) ; mais j'ai regardé ce cas particulier comme une affection syphilitique héréditaire, parce que les écailles de rupia étaient toutes proéminentes comme dans le rupia syphilitique ; qu'il en avait tous les caractères, et qu'un traitement pareil dans cette direction a opéré la gUérison complète, sans que nous ayons été obligé de rien appliquer à l'extérieur. Il existait de plus un gonflement du tibia avec douleurs nob-