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ANÀTOMIE DE LA PEAU COMPARÉE A LA PATHOLOGIE

les uns, comme Henle, admettant des cellules pigmentaires d'un nature différente de celles de l'épidémie, ce qui fait pour les vaisseaux sanguins deux éléments organisés de diverse nature, qui sont exhalés par les mêmes vaisseaux. Gunther, il est vrai, ne croit pas à l'existence de ces deux espèces de cellules ; mais il vous dit: Il y a des cellules épidermiques à noyau sans pigment, et des cellules à noyau avec pigment, et suivant qu'elles se trouvent dans des rapports relatifs plus ou moins inverses, on a des peaux plus ou moins colorées dans les diverses races. Et il n'hésite pas à ajouter: C'est cet excès de cellules colorées qui forme les éphélides ou taches.

Mais, en pathologie cutanée, il existe des maladies de l'épiderme, ce sont plusieurs variétés de pityriasis. On connaît diverses espèces de taches que l'on a nommées de noms différents, taches de rousseur, éphélides, pityriasis versicolor, pityriasis nigra, et ces taches sont nettement circonscrites, à bords arrêtés, faisant contraste avec la peau saine. Il y a plus : il existe une maladie de la matière colorante de la peau que l'on nomme vitiligo, et dans laquelle on trouve des décolorations complètes, parfaites de la peau, entourées d'un cercle plus ou moins large d'un brun gris et verdâtre, de sorte qu'il semble que dans cette maladie la matière colorante ait été chassée d'un centre vers la circonférence, pour, en s'ajoutant à la matière colorante de la circonférence, rendre la peau beaucoup plus foncée, comme s'il s'était fait un transport de la matière co orante de la partie décolorée à celle qui l'est le plus. C'est ainsi qu'on voit la moitié inférieure de la surface de la peau de la verge d'un blanc mat, tandis que tout le dos de la verge est d'un gris verdâtre foncé ; de même pour les doigts ; même disposition très arrêtée pour la surface du dos. Comment les anatomistes modernes expliquentils ces faits avec l'origine qu'ils donnent à la matière colorante? Où sont donc les vaisseaux malades? La peau est parfaitement saine; d'ailleurs les malades n'éprouvent aucune sensation, pas de démangeaison. L'épiderme est doux et lisse, etc. Évidemmentlesanatomisles ont détruit l'appareil chromatogène, mais ils ne l'ont pas remplacé.

Quant à l'épiderme, si c'est un produit d'exhalation, comment d'abord est-ce un produit organisé? Comment, si c'est un produit d'exhalation sans organes spéciaux exhalants, devient-il malade

isolément et indépendamment du tissu delà peau? Expliquez, s'il vous plaît, ces plaques farineuses de la peau (pityriasis) chez les jeunes gens, à l'époque du printemps, sans sécrétion aucune? Pourquoi ces maladies de la peau dans lesquelles il n'y a que sécrétion d'épiderme : psoriasis, lepra vulgaris, ichthyose? Ce sont cependant les capillaires sanguins de la peau qui devraient alors être malades, et pourquoi , comme dans l'ichthyose blanche, brune , cornée, le tissu de la peau est-il parfaitement sain, alors que tous les vaisseaux capillaires sanguins seraient malades?

Une anatomie de la peau réelle, vraie, doit pouvoir rendre compte des formes variées des affections cutanées, lorsque ces formes sont constantes, quand elles se reproduisent toujours les mêmes: or voyez les lacunes sous ce rapport. Il existe une maladie de la peau qui se caractérise par l'exhalation d'une odeur tellement fétide, que le sujet ne peut pas demeurer dans une pièce sans l'infecter ; c'est en plus ce que l'on observe en moins chez beaucoup de personnes qui, aussitôt qu'elles se déshabillent , répandent une odeur désagréable. Après les preuves données par M. Collard de Martigny, il a bien fallu admettre l'absorption gazeuse cutanée. Quelques physiologistes doutent encore aujourd'hui de l'exhalation gazeuse. Si l'odeur n'est là qu'une émanation odorante, où sont les organes de cette sécrétion odorante? C'est la sueur, pourra-t-on dire, qui porte cette odeur. La plupart de ces personnes ne transpirent pas, elles ont la peau plus ou moins brune, plus ou moins sèche.

Il existe une maladie de la peau qu'Alibert a désignée sous le nom de prurigo sans papules, eL dans laquelle les grattages sont incessants et horribles; cependant on ne voit rien à la peau , pas même une excoriation. C'est là, dira-t-on, une névralgie ! Ces sujets sont les moins nerveux du monde; ils ont une peau épaisse, brune, sèche, que rien n'écorche. Ce ne sont pas les papilles qui sont malades, car la peau est parfaitement lisse. Mais voici venir le lichen, affection papuleuse, parce que la forme de l'éruption morbide ressemble assez bien à la disposition conique des papilles de la peau. Dire que dans cette maladie, ainsi que dans le prurigo, autre forme d'affection papuleuse, les papilles soient malades, c'est commettre une erreur grave, et nous avons déjà l'ail observer que : 1" Les pa-

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