LUPUS
iqui amène la chute prématurée de celle-ci, et alors une ulcération existe sous l'eschare au lieu d'une cicatrice. Quelquefois même cette
iulcération est assez longue à guérir. Ainsi avantages à retirer de l'emploi de ce caustique pour certaines formes de lupus, inconvénients qui tendent à en faire rejeter l'emploi dans d'autres.
Voici d'ailleurs comment on procède. On prend un chlorure de zinc solide, on l'expose à l'air dans un flacon débouché pendant plusieurs jours, suivant l'humidité de l'atmosphère; mais dans
; tous les cas jusqu'à ce qu'il tombe en deliquium , c'est-à-dire qu'il se liquéfie. Si on|le mêlait à de l'eau, on n'obtiendrait pas un caustique aussi puissant. Alors on y ajoute de la farine de
t blé que l'on mêle exactement au liquide pour en faire une pâte épaisse, mais assez molle pour être étendue en couche très mince sur la partie malade. Si la pâte est bien faite, elle doit prendre, aussitôt son application, un aspect liquide, mouillé, quoique en l'employant elle n'ait pas cet aspect. Il faut qu'elle adhère à toute la surface malade, et, pour obtenir ce résultat, il est convenable de faire appliquer un cataplasme la veille du jour où elle doit être mise sur les parties ulcérées qui sont recouvertes de croûtes.
I On laisse la pâte à nu sans la couvrir ; au bout de peu de temps elle agit comme caustique en même temps qu'elle se dessèche, s'affermit et durcit.
Il en résulte pour la partie malade une inflammation plus où moins vive avec tuméfaction des parties voisines, gonflement, notable et quelquefois même porté assez loin pour effrayer un peule malade; mais dans l'espace de deux à trois heures toute douleur a disparu, le gonflement seul persiste et ne se dissipe que dans les vingt-quatre heures. Le malade doit éviter tout attouchement, tout contact; l'eschare doit être abandonnée à elle-même jusqu'à sa chute, qui a lieu du douzième au dix-huitième jour. Pas de cataplasme, pas de lotions pour la provoquer ; aucun topique, en un mot, ne doit être mis en usage. La croûte tombant, reste une cicatrice peu apparente.
Si, contrairement à ce qui a lieu habituellement, il se forme de la suppuration autour de la croûte, celle-ci tombe plus tôt; il reste une plaie qui se, cicatrise facilement et dont on hâte la cicatrisation à l'aide du cérat créosoté (voy. Formulaire).
Dans tous les cas, il ne se produit jamais assez de pus sous la croûte pour que celle-ci forme poche ou enveloppe à la matière purulente: toujours la suppuration est à la circonférence, soulève les bords de l'eschare et s'écoule facilement.
Certes on peut remplacer le caustique de Canquoin par celui de Vienne; mais je préfère ces deux caustiques à ceux dans lesquels il entre de l'arsenic, comme le caustique de frère Côme, ou la poudre de Dupuytren. (Voy . Formulaire, Caustiques.)
Je les préfère au nitrate d'argent, qui n'agit pas assez profondément, à moins qu'on ne l'applique à l'état pulvérulent ; à la potasse, qui donne toujours des eschares liquides ou molles ; au beurre d'antimoine, qui est dans le même cas, et au nitrate acide de mercure.
J'arrive maintenant à un moyen que j'ai expérimenté en grand et dans les mêmes circonstances : je veux parler de l'huile de cade.
Ce moyen a ses limites comme tous les autres. Il est cependant utile dans le lupus, et je vais faire connaître comment je l'ai employé et quels effets j'en ai obtenus.
Tous les deux jours, et même tous les jours, je promenais à la surface des parties malades, et ce dans toutes les formes de lupus, up i pinceau imbibé d'huile décade, et je faisais ensuite essuyer les sur- ■ faces touchées avec un pinceau sec de charpie, de manière qu'il I reste le moins possible d'huile. C'était le meillenr mode à suivre, car j'avais depuis longtemps observé que si l'on applique une * couche épaisse ou plus ou moins abondante d'huile sur une surface malade, on l'irrite au lieu d'obtenir le bénéfice d'une résolution.
Ce moyen, employé pendant trois mois consécutifs sur vingt-six malades des deux sexes et de divers âges, n'a pas amené de guérison; mais, en thèse générale, il a notablement amélioré le mal, soit qu'il s'agisse de lupus non ulcéreux , soit qu'il s'agisse de lupus ulcéreux. Il est cependant, à cet égard, des différences à établir. L'huile de cade nous a paru avoir plus d'action lorsqu'elle est appliquée sur des surfaces non ulcérées que sur des surfaces ulcérées. C'est un bon modificateur des formes herpétiques de lupus; aussi, dans le résumé thérapeutique qui va suivre, je n'hésiterai pas à en conseiller l'emploi comme adjuvant sur lequel on peut compter.
Enfin il est un moyen dont je ne parle qu'en dernier, parce que,
lupus. 651 Pd'une part, c'est le dernier que j'aie expérimenté, et que, d'une autre part, c'est le plus efficace de tous. Il s'agit de l'huile de foie de morue. On sait que cette huile a été préconisée en Allemagne contre I la scrofule. Les liaisons qui existent entre les lupus et la constitution lymphatique me faisaient une obligation de mettre ce moyen |:en usage ; j'ai suivi pour lui la marche que j'avais adoptée pour les autres moyens administrés à l'intérieur, c'est-à-dire que je l'ai employé seul, indépendamment de tout moyen externe, sauf des bains généraux.
Aujourd'hui je n'hésite pas à déclarer que c'est de tous le plus efficace; je vais plus loin, et j'avance qu'administré seul, il guérit. Cette assertion est tellement vraie, qu'à partir du moment où ce moyen a été mis en usage pour quelques-uns de nos malades, les autres m'ont successivement prié de le leur faire prendre. Mais il existe dans le commerce deux sortes d'huiles de foie de morue, l'huile blanche et l'huile brune. On attribue généralement moins d'efficapité à l'huile blanche qu'à l'huile brune; et en effet, la première a moins d'odeur de poisson en même temps qu'elle est moins colorée, p'est l'huile brune que j'ai toujours employée.
On la prescrit par cuillerée à café et par cuillerée à bouche jusqu'à six à dix cuillerées, maximum par jour en général. J'ai été, linsi qu'Emery, beaucoup plus loin: chez les enfants, j'en ai lait prendre jusqu'à douze et seize cuillerées par jour. On sera tout I l'abord effrayé de la quantité d'huile que les malades doivent prendre pour arriver à une guérison, quand d'une part on songera • l'odeur repoussante de ce médicament, et lorsque j'ajouterai que >our une cure complète il faut quelquefois faire usage du remède iurant trois à six mois et quelquefois plus : tout dépend de la date lu lupus. Mais si l'on réfléchit que c'est le seul moyen qui ait guéri ans le secours d'aucun autre; que pendant dix ans j'ai suivi pas Ras les effets des diverses médications préconisées pour combattre et$e maladie, et qu'aujourd'hui j'emploie l'huile de foie de morue uue manière générale de préférence à tout autre moyen, le méecm insistera sur son usage, et saura donner à ses malades tout ' courage qu'il leur faut pour avaler le matin et le soir un très ''and verre d'huile.
Après avoir étudié durant des années et avec le plus grand soin 1 l'action de chaque médication isolément, nous sommes arrivé à réunir les divers moyens qui nous ont paru avoir une influence* spéciale sur l'économie en général , et sur le lupus en particulier. Aujourd'hui notre méthode de traitement composé est assez consacrée par l'expérience, pour l'employer dans la généralité des cas.
Nous posons d'abord en principe que le lupus n'est jamais unemaladie isolée et indépendante ; qu'elle se rallie toujours plus ou moins à la constitution ; qu'avant d'agir directement sur le lupus, il faut modifier celle-ci par un traitement général. Ce n'est qu'au moment où la médication générale n'exerce plus d'influence sur le lupus, qu'il faut lui venir en aide par l'emploi d'agents externes appropriés à l'espèce de lupus et au genre d'altération qui a résisté. Cette marche est aujourd'hui invariable pour nous, elle présente le grand avantage de connaître par les progrès du traitement ce qu'il y a lieu d'attendre des modificateurs généraux ; elle donne toute sécurité pour la guérison du lupus et contre le retour de la maladie. Ainsi, traitement interne tout d'abord; traitement externe, accessoire et secondaire.
Médication interne .—Elle est basée sur l'influence qu'exercent sur l'économie Yhuile de foie de morue, le fer, Yiode, Yiodure de potassium et les amers, soit en tisane, soit en vin. Cette association est une conséquence logique de l'action isolée de chacune de ces substances. Je prescris donc au malade un mélange : 1° d'huile de foie de morue brune ; 2° de sirop composé dans lequel entre l'iodure de fer, un excès d'iode, l'iodure de potassium (voy. Formulaire); 3° d< vin de gentiane: le>ut battu ensemble, et immédiatement après une tasse de tisane de feuilles de noyer ou de houblon. Je commence par une cuillerée à bouche matin et soir de chacun de ces médicaments ; j'augmente seulement la dose d'huile tous lei trois jours, de manière k arriver, suivant les circonstances de pre dominance de symptômes scrofuleux, à huit à dix cuillerées d'huilt au plus. Souvent je m'arrête à six ou huit, moitié le matin, moitu le soir; la dose du sirop et celle du vin restant toujours la même Je continue à ces doses ces médicaments durant plusieurs mois dans les deux premiers mois je ne tais aucune application externe
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le me borne à l'usage de bains sulfureux ; une bonne alimentation, le l'exercice, de la gymnastique, s'il est possible, et un travail
i manuel qui développe la force suivant les positions sociales.
Si durant cet espace de temps l'affection a fait des progrès sentbles vers la guérison, je continue le traitement sans rien employer i l'extérieur. Il arrive alors un moment où l'affection est stationîaire, et où la médication interne ne produit aucune amélioration ; t'est celui que je choisis pour agir à l'extérieur. Si le lupus est
Giuberculeux, je n'hésite pas à cautériser les tubercules restants !t qui ne se résolvent pas, à l'aide du caustique deCanquoin;
jou bien je fais précéder ce caustique de l'application de l'huile le cade tous les jours, ou d'une solution caustique tous les
i leux jours, ou de l'huile de foie de morue matin et soir. Si le
jiupus est exedens, j'attaque les ulcérations à l'aide d'une suspeniion d'iodure rouge de mercure dans la gomme adrangante
t. voy. Formulaire), ou au moyen de pansements à l'aide du cérat ^réosoté, de l'onguent mercuriel simple, etc. C'est en agissant ainsi, l'une manière progressive, que j'obtiens une guérison d'autant plus
brompte que la médication interne a eu plus d'action. Je puis
assurer qu'à l'aide de cette médication composée interne et externe, abrège au moins de moitié le temps autrefois consacré à obtenir
Iles mêmes résultats.
| Un fait très important, et sur lequel j'appelle toute l'attention, 3'est le développement très commun d'érysipèles chez les individus ifl'ectés de lupus. Lorsqu'ils se montrent dans le cours du traitement, c'est la circonstance la plus favorable à la guérison ; ils ont ordinairement peu d'intensité, et se terminent à l'aide d'un émétocathartique; ils modifient si avantageusement la vitalité des tissus, :pie si l'on pouvait les faire naître accidentellement, on diminuerait de beaucoup la durée du traitement.
A quels caractères reconnaît~on que s'opère la guérison du lupus ? — A cet égard il faut établir une distinction entre le lupus tuberculeux et le lupus ulcéreux. Dans le lupus tuberculeux on voit peu à peu les indurations diminuer de volume, la peau devenu- souple ; les ouvertures naturelles, telles que celles des narines, de la bouche, des yeux, se rétrécir, et dans quelques cas, à un tel point, que l'ou-
verture des narines a complètement disparu. De là la nécessitéde les entretenir en y maintenant tous les jours de petits tampons de charpie ou de l'éponge préparée. J'ai plusieurs fois été obligé deprier mes collègues en chirurgie, de l'hôpital Saint-Louis, de remédier par une opération à la gêne qui résulte du rétrécissement décès ouvertures, et c'est dans le lupus tuberculeux qu'il est plus prononcé. En même temps tous les tissus s'atrophient, se dépriment, tout en reprenant leur consistance première. C'est là un des caractères les plus propres à faire reconnaître qu'une guérison est assurée.
Il n'en est pas de même dans le lupus exedens. Après la guérison il peut y avoir une diminution d'ensemble dans la physionomie empâtée de l'enfant, mais la peau présente comme toujours un état couturé, plus ou moins épaissi, qui ne se perd que par les progrès de l'âge et dans l'espace de longues années.
En définitive, c'est là une des maladies qui exigent le plus de persévérance de la part du médecin. Médication intelligente, observation de l'hygiène dans tous les actes de la vie, ce sont là les bases essentielles du traitement; c'est la marche qui conduit à des guérisons qu'il est si long et si difficile d'obtenir.
Scrofules de la peau, scrofulo-syphilides.
Nous désignons sous cette dénomination, non-seulement les •formes scrofuleuses des affections cutanées, mais encore des états morbides de la peau que l'on n'a pas décrits, ou que l'on a confondus jusqu'alors avec la scrofule proprement dite, et qui en doivent être distingués par la cause qui, suivant nous, les a primitivement fait naître. Cette cause, nous la regardons comme étant complexe ; elle est à la fois scrofuleusc et syphilitique ; c'est une transformation par hérédité de la syphilis en la scrofule et à laquelle la syphilis ne reste pas étrangère, de sorte que si elle n'est pas combattue on ne détruit pas la maladie. On sait qu'à cet égard plusieurs praticiens pensent que la syphilis constitutionnelle est l'origine de la scrofule et qu'elle se transforme en cette maladie. Nous ne sommes pas aussi explicite à cet égard, mais nous admettons que des parents qui ont eu des accidents syphilitiques, dont ils n'ont jamais été parfaitement