PEMPHIGUS SYPHILITIQUE
intra-utérine ; syphilis lui arrivant par les vaisseaux utéro-placentaires, se traduisant tout de suite, et de prime abord, par des symptômes qui, en dehors de la vie intra-utérine, sont les plus tardifs, et indiquent la syphilis la plus ancienne, la plus invétérée, et la plus profonde.
La plupart des enfants atteints de pemphigus syphilitique, naissent morts; la syphilis, gagnée dans la vie intra-utérine, étant, dans l'immense majorité des cas, on dehors des manœuvres criminelles et des accidents, la cause de presque tous les avortements.
Le petit nombre d'enfants qui naissent vivants, sont malingres, chétifs; ils ont un nombre variable de bulles de pemphigus; quelquefois deux ou trois seulement dans les régions palmaires ou plantaires ; d'autres fois un nombre variable de ces bulles, indépendamment de celles qui existent dans ces régions, parsèment l'étendue du corps et des membres. La durée de chaque bulle est de deux à quatre jours ; au bout de ce temps, elles s'affaissent; le feuille t épidermique qui les formait, retombe aplat, et s'applique sur l'ulcération dermique, qu'il recouvre, en formant une croûte plate, foliacée, lamelleuse. Si cette croûte se détache par l'effet de la suppuration des parties dermiques sous-jacentes ulcérées, ou par les adhérences qu'elles contractent avec les vêtements, alors les ulcérations étant à nu, directement exposées au contact de l'air et des vêtements, deviennent le siège d'une inflammation intense, d'une suppuration puriforme plus abondante, qui, se produisant à la fois sur un grand nombre de surfaces, ou bien se perpétuant sur de nouvelles surfaces ulcéreuses, résultant de la production successive de
^2 SYPIIILIDES TERTIAIRES
nouvelles bulles, ne tarde pas à épuiser le petit malade ; la mort est la terminaison la plus habituelle de la syphilide congénitale pemphigode; il y a cependant des cas de guérison, mais ils sont rares.
Ecthyma syphilitique.
On désigne sous le nom &'ecthijma, une maladie, ou affection de la peau, caractérisée anatomiquement par des pustules isolées, arrondies, persistantes, entourées d'un cercle érythémateux, formées par un pus de couleur grisâtre, dont la concrétion donne lieu à une croûte noirâtre, fortement adhérente au derme sous-jacent, dans lequel elle est comme enchâssée.
Or, l'ecthyma se caractérise, comme syphilitique , par des pustules larges (la pustule est un soulèvement épidermique de la grosseur d'une lentille environ, formée par du pus). Ces pustules sont généralisées, disséminées sur tout le corps, sur les membres, sur les fesses, et spécialement sur le tronc, sur le dos, sur le ventre et sur la poitrine ; ces pustules donnent lieu à des croûtes noirâtres, lesquelles, en se détachant, laissent, après elles, des ulcérations profondes, à fond grisâtre, à bords tranchants, qui entament profondément l'épaisseur du derme, et produisent une suppuration abondante. Dans l'évolution de l'ecthyma syphilitique, il y a donc, le plus souvent, une période ulcéreuse, ou ulcérative, qui manque dans Y ecthyma simplex. Dans celui-ci, en effet, lorsque la croûte se détache, la partie sous-jacente qui avait été pustuleuse.