TUMEURS GOMMEUSES
est déjà cicatrisée, et cette cicatrice no laisse aucune trace, l'ulcération pustuleuse ayant été très superficielle.
Dans l'cctliyma syphilitique, au contraire, il y a toujours, ou presque toujours, Une période ulcéreuse, qui survit souvent très longtemps à la chute des croûtes, qui fatigue les malades par la suppuration, dont les ulcérations sont le siège ; et qui laisse, après elle, des cicatrices indélébiles, en raison de la profondeur que présentaient les ulcérations.
Ainsi, tandis que l'ecthyma simplex, ou saisonnier, de même que l'ecthyma parasitaire existent, surtout, aux membres supérieurs, aux mains, aux avant-bras, et disparaissent par le fait même de la chute des croûtes, sans laisser de traces ; tandis que l'ecthyma cachecticum, siège de préférence aux membres inférieurs, où il reste indéfiniment avec ses croûtes, à l'état croùteux, l'ecthyma syphilitique occupe les parties antérieures et postérieures du tronc; ses croûtes se détachent de bonne heure, mettent à nu des ulcérations profondes, régulières, comme toutes les ulcérations de la syphilis, et laissent, après elles, des empreintes cicatricielles, ayant tous les caractères que nous avons assignés, dans notre première conférence, à la cicatrice syphilitique.
Gommes ou tumeurs gommeuses.
On désigne sous le nom de gommes, ou tumeurs gommeuses des nodosités, ou tumeurs de diverses grosseurs, variant entre le volume d'une noisette, et le volume d'une noix, développées dans le tissu cellulaire sous-
SYPHILIDES TERTIAIRES
cutané, d'une consistance, d'abord dure, ensuite molle, pouvant disparaître par résolution, et se terminant aussi par une suppuration gluante, analogue à une solution concentrée de gomme arabique.
Ces tumeurs ne sont pas douloureuses; le malade constate leur existence par la saillie qu'elles forment en soulevant la peau, mais il n'y perçoit aucune sensation douloureuse. Leur siège est le tissu cellulaire sous-cutané; pour se développer, elles soulèvent la peau, d'abord sans l'altérer, sans modifier sa couleur, sans y contracter d'adhérence; leur consistance est dure, solide, comme fibroïde et lipomateuse. La substance dont elles sont formées, est comme graisseuse et d'une couleur grisâtre. Dans cette première période de leur évolution, les gommes peuvent disparaître par un travail de résolution, qui s'opère sous l'influence de l'iodure de potassium, pris h l'intérieur, à la dose de 2 à 6 grammes par jour, et de diverses applications résolutives, telles que l'enîiplâtre de vigo-cum-mercurio, telles encore que des pommades iodurées.
Abandonnées à elles-mêmes, ou réfractaires au traitement, les gommes, dans la deuxième période de leur évolution, se ramollissent ; la substance fibromateuse dont elles sont composées se désagrège et se transforme en un liquide grisâtre, épais, filant. Des adhérences se contractent avec la peau qui devient rouge, s'amincit et se perfore, en donnant issue au liquide renfermé dans la gomme. Celle-ci, après son ouverture spontanée, ou chirurgicale, n'est plus qu'une ulcération, dont la superficie est mesurée par l'étendue qu'avait la gomme. Cette