‹ Traité pratique des maladies de la peauChapitre 40 sur 60 · TRAITEMENT DE LA SCROFULE · texte numérisé non relu

TRAITEMENT DE LA SCROFULE

sieurs formes. Voici quelques-unes de ses préparations que nous employons, et que nous vous recommandons. Nous prescrivons souvent la potion suivante que nous appelons : potion anti-strumeuso ; elle doit être prise tous les jours; dans les vingt-quatre heures, en quatre ou cinq fois :

Julep gommeux. . . . . doO gr.

lodure de potassium d, ou. 2 gr.

Teinture d'iode de dix à quinze gouttes.

Tannin i ar.

Sirop de quinquina . . . 30 gr.

Dans cette potion, l'iode est pris sous la forme d'iodure de potassium ioduré. Vous pouvez encore administrer l'iode sous d'autres formes ; il y a plusieurs préparations officinales que vous prescrirez avec grande utilité, soit pendant les repas, soit dans leur intervalle. Ainsi le vin iodé de Julliard, d'une saveur agréable que vous pouvez faire prendre à la dose de deux à trois grandes cuillerées à cliacun des trois repas ; l'essence de salsepareilleiodo-iodurée de Fontaine, qui se prend à la dose de quatre à six grandes cuillerées par jour, en deux ou trois doses, dans un demi-verre d'eau chaque fois ; le sirop de raifort iodé de Dorvault, que l'on administre de la même manière.

A l'iode, dans le traitement de la scrofule, ne manquez jamais d'associer le fer, le quinquina, le phosphate de chaux, dont les diverses préparations magistrales, ou autres, sont toujours indiquées ; de même que l'huile de foie de morue. Soignez l'hygiène de vos malades ; recommandez une habitation saine, une nourriture variée, tonique, l'exercice au grand air, des vêtements de

TRAn'EME^T DE LA SCROFULE ^1'

laine, sur la peau; les bains de mer; les eaux de Saint- Gervais, d'Uriage, d'AUevard.

Traitement des lésions cutanées de la scrofule.

Nous avons dit que la plupart des lésions cutanées de la syphilis se guérissent par le seul fait du traitement général : il n'en est pas de même des lésions cutanées de la scrofule : fixes dans le sièg-e qu'elles occupent, elles ne le sont pas moins, dans leur durée, dans leur ténacité, dans leur résistance, soit au traitement général, soit à des topiques émollients, doux et résolutifs. Elles ne cèdent qu'à des moyens violents. Elles doivent être attaquées ferro et igne.

Nous avons employé longtemps, contre les scrofulides, un traitement d'énergique substitution. Nous nous efforcions de détruire, et de remplacer les lésions profondes et chroniques qui les constituent, par une série, plus ou moins répétée, de lésions aiguës, inflammatoires, que nous produisions à volonté, au moyen de la pommade suivante, dont nous les recouvrions, et que nous laissions, appliquée sur toute leur surface : cette pommade était composée de la manière suivante :

Biiodure de mercure. . . 10 gr.

Axonge fraîche 10 gr.

Cette pommade, très irritante déterminait, sur toute la surface de la scrofulide, une très vivo inflammation qui se manifestait sous la forme d'une poussée impétigincuse. Or, ces poussées d'impétigo, renouvelées, à

TUAITEMEiNT DE L\ SCUOFLLE

liLiiL OU dix jours do disLaucG,un corlainuouibro de fois, ont pu, dans certains cas, enlever et détruire, en se substituant ù elle, la lésion scrofuleuse. Mais ce traitement a l'inconvénient d'être très douloureux, très long-, l'application do la pommade devant être renouvelée un grand nombre do fois, et malgré cela, infidMi' dans ses résultats.

Les scarifications nous semblent préférables : ol cependant, elles ont aussi l'inconvénient d'être très douloureuses;.car elles doivent être profondes, et être pratiquées sur toute la surface, et pénétrer dans toute l'épaisseur de la scrofulido; et de plus, elles doivent être répétées un grand nombre de fois.

Les cautérisations avec le fer rouge, ou mieux avec le thermo-cautère do Paquelin, ont l'avantage de donner de meilleurs résultats, et cependant ces cautérisations sont douloureuses, elles doivent être largement pratiquées, comprendre toute la profondeur et toute la surface de la lésion scrofuleuse, et de plus elles doivent être renouvelées avec une courageuse persévérance un g-rand nombre de fois.

Telle est la seule médication que nous avons à opposer aux scrofulides. Cette médication si violente, si énergique, si douloureuse, et, disons-le, si barbare, si lente et si infidèle dans ses résultats, indique assez combien sont tenaces, graves et profondément enracinées, les lésions cutanées de la scrofule. Ces trois méthodes de traitement local peuvent être employées isolément, et alternativement. Les cautérisations avec le thermo-cautère, malgré tout ce qu'elles ont de défec-

THAITEMEKT DE LA SCUOFULE :ilt)

luoux, nous paraissent préférables aux deux autres niéllioflos; ce sont elles que nous employons maintenant le plus habituellement, et qui nous donnent les meilleurs résultats, à la condition que les malades aient le courag'e de s'y soumettre, autant do fois que l'exigent la profondeur, l'étendue des lésions et leurs désespérantes repullulations.

Page 1