CHANCRE MOU
bord. Celte pratique nous pcaraît sage; nous la suivons, et nous la recommandons.
Le mercure, à la dose à laquelle nous l'administrons, ne pouvant jamais être nuisible, ne pouvant au contraire que fortifier les malades. Nous faisons prendre tous les jom-s, une pilule composée de :
Protoïodure d'hydrargyre 0, 03.
Extrait d'opium 0, 01.
Extrait de gentiane 0, 10.
Ne nous occupons maintenant du chancre mou, que pour établir son diagnostic d'avec l'herpès.
Chancre mou.
Le chancre mou, dans ses sièges d'élection, c'està-dire, dans les- zones génitale, anale et buccale, n'est le plus souvent observé qu'à sa deuxième période, à sa période ulcéreuse; la première période, la période vésiculeuse est trop fugace, sa durée est trop courte pour être habituellement constatée. Il en est de même de l'herpès, dans ces mêmes régions. Les sécrétions humides abondantes, les frottements des parties les unes sur les autres, la finesse excessive de l'épithélium font que ce feuillet épithélial est sans aucune résistance ; il est détruit presque aussitôt que soulevé, de sorte que les ulcérations herpétiques et cliancreuscs sont à- nu presque d'emblée, et ce n'est qu'à l'état ulcéreux qu'il nous est donné d'observer ces deux affections si différentes de nature. Il est donc bien important de savoir les distinguer.
SYPHILIDES SECONDAIRES PRÉCOCES
Les ulcéraLions do l'herpès sont toujours nombreuses ; il y en a toujours un plus ou moins grand nombre; elles sont irrégulières dans leurs contours, sans profondeur; très superficielles; leurs bords sont biseautés, taillés en dédolant, de manière à se mettre progressivement, et sans qu'il y ait une lig'ne-de démarcation bien tranchée, de niveau, soit avec les parties saines ambiantes, soit avec les parties ulcérées ; généralement elles ne sont accompagnées d'aucun engorgement ganglionnaire; convenablement traitées, elles guérissent dans l'espace d'un septénaire, et ne laissent après elles, aucune cicatrice, aucune trace.
Les ulcérations chancreuses, au contraire sont profondes, régulières, rondes, le plus souvent, faites comme à l'emporte-pièce; leurs bords sont tranchants, coupés à pic, jamais amincis; elles peuvent être, comme celles de l'herpès, nombreuses; M.Fournier en a compté jusqu'à soixante ; mais le plus souvent il n^y en a qu'une seule. Qu'il y en ait une seule, ou plusieurs, ces ulcérations se distinguent, de celles de l'herpès, par les caractères susindiqués, par une durée de trois à quatre semaines, et par un engorgement ganglionnaire phlegmoneux, considérable, douloureux, se terminant souvent par suppuration. Avec une observation attentive, la confusion pourra donc être évitée.
Chancre induré.
Le chancre induré, infectant, est habituellement unique ; quelquefois il y en a deux, mais presque constam-