PARI
Fig. 3.
ment à tout autre, a été construit dans les ateliers de M. Galante. Il se compose de deux parties bien distinctes : 1° d'un spéculum de forme spéciale 11 ; 2° d'un miroir concave R de 12 centimètres de foyer fixé aux branches du spéculum.
Le spéculum est bivalve. Chacune des valves se compose d'une partie rétrécie T, à surface intérieure brillante, et d'une autre très-évasée / à surface intérieure noircie ou dépolie.
Les deux branches i, supportant les valves, sont articulées : L'une d'elles est percée d'un trou dans lequel est maintenu, au moyen d'une vis o, une tige munie d'une genouillère c, permettant à un miroir réflecteur concave R qu'elle supporte, de s'incliner dans toutes les directions.
Le miroir a uncertain diamètre etun certain foyer, de manière à utiliser tous les rayons réfléchis et à pouvoir faire correspondre approximativement ce, foyer aux parties que l'on veut éclairer. On y parvient facilement en faisant glisser la tige qui soutient le miroir.
Cet appareil présente les avantages suivants :
1° Il est plus simple, plus léger, plus portatif, moins coù-
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teux, d'un maniement plus faeile que les appareils connus;
2° La lumière réfléchie qu'il donne est excellente ;
3° Avec une source lumineuse môme assez faible, il permet de bien voir l'oreille externe.
Mode d'emploi. — Lorsqu'on veut examiner le conduit auditif externe gauche, par exemple, on fait asseoir le malade de manière à ce qu'il tourne le dos à la lampe préalablement placée à la hauteur de sa tête, qui doit être légèrement penchée et tournée à droite, c'est-à-dire du côté opposé au médecin. On saisit le pavillon avec la main droite, on le porte en dehors en haut et en arrière, puis, tenant dans la main gauche l'instrument, on l'introduit dans le méat. Aussitôt qu'il a pénétré suffisamment, on laisse le pavillon et l'on.incline le miroir avec la main droite devenue libre, de manière à diriger les rayons lumineux dans le conduit. On écarte alors un peu les valves du spéculum pour voir si elles ont pénétré assez avant et si elles sont dans une position convenable ; si elles sont bien placées, on en exagère l'écartement qui permet à l'observateur de distinguer la surface du conduit et celle du tympan.
Veut-on examiner l'oreille droite, on place le malade de manière à ce qu'il regarde la lampe et que sa tête légèrement penchée soit tournée un peu à droite, c'est-à-dire du côté du médecin.
Pour l'examen des deux oreilles, le médecin doit être assis à côté du malade. Cet examen peut cependant se faire le malade et le médecin étant debout, pourvu que la lampe soit toujours à la hauteur voulue.
Modes d'emploi des spéculums bivalves à branches en général. — L'application du spéculum, sans être difficile, exige une certaine habitude que l'on acquiert par la pratique.
Fabrice de Hilden avait compris qu'il était important de prescrire quelques règles auxquelles Kramer et Ménière en ont ajouté d'autres.
Pour appliquer convenablement le spéculum, on tire le pavillon de l'oreille en dehors et un peu en arrière de manière à diminuer ou à faire disparaître la courbure de la portion fibrocartilagineuse du conduit. Les sinuosités de ce canal ayant été ainsi diminuées, on prend le spéculum avec la main restée libre, on l'introduit doucement dans l'oreille en ayant soin de
faire correspondre chaque valve de l'instrument aux parois antérieure et postérieure. Ensuite on pousse lentement l'instrument de peur d'aller heurter la portion osseuse. Ménière dit que quelquefois, le conduit étant très-large, l'instrument pénètre dans la partie osseuse, s'y arc-boute et rend plus facile le redressement du conduit.
Ce fait est rare, parce que le contact d'un spéculum hivalve dans la portion osseuse est toujours douloureux, à plus forte raison quand on écarte les valves.
Lorsque l'instrument a été introduit à une certaine profondeur, il ne reste plus qu'à presser graduellement sur les branches ; alors les valves s'écartent peu à peu et dilatent à mesure la portion extensible du conduit auquel on donne toute la largeur possible. Cet élargissement obtenu, il suffit d'employer un éclairage convenable pour voir tous les détails que présente l'oreille externe et le tympan.
Il est des cas où, malgré la largeur du conduit, les parois osseuses fortement incurvées rendent très-difficile et même impossible l'examen complet du tympan et des parties qui l'avoisinent. Quelquefois vous ferez disparaître cette difficulté en portant le pavillon de l'instrument en haut pour voir les parties inférieures, en bas pour voir les parties supérieures.
Dans certains cas, le conduit étant étroit et ses parois trèsincurvées, il sera impossible de voir une grande partie de la membrane. Mais comme on pourra toujours distinguer le manche du marteau et les parties correspondantes du tympan, il sera possible déjuger du degré de concavité de la membrane, de sa couleur, ainsi que de l'étendue et de la forme du triangle lumineux.
Dans d'autres cas, assez rares du reste, la portion fibro-cartilagineuse du conduit, aplatie d'avant en arrière et rigide, ne peut pas être écartée sans douleur. Il est donc nécessaire d'agir doucement et de se contenter d'un léger élargissement; car avec un éclairage convenable et un examen minutieux, attentif, vous ne tarderez pas à voir, dans la première séance ou après quelques tentatives, des détails que vous n'aviez pas aperçus tout d'abord.
Lorsque des pellicules où des masses de cérumen deviennent un obstacle à la vision, il faut les enlever soit avec une
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pince coudée comme celle que vous voyez (fig. 4), soit avec le stylet explorateur, garni à son extrémité libre d'une mince couche de coton, soit au moyen d'une irrigation d'eau tiède.
Des spéculums bivalves sans branches. — Le premier instrument de ce genre a été inventé par le docteur Bonnafont qui a indiqué en détail ses avantages.
Fig. 4.
11 se compose, comme vous voyez, de deux valves longues, déprimées à leur partie moyenne où elles sont articulées étroites à leur extrémité auriculaire. Une vis de pression traversant un arc métallique écarte ou rapproche les deux valves par un mouvement de bascule.
D'après l'auteur (1 ), il a sur le spéculum d'Itard les avantages suivants :
1° Il est plus petit, plus léger et d'une introduction plus facile dans le conduit auditif ;
2° 11 tient seul dans le conduit, lorsqu'il a été suffisamment
(1) Bonnafont, Traité théor. des muladies de Pareille el de l'audition. Paris, 18G0-
dilate par la pression et peut suivre ainsi tous les mouvements de la tête du malade, sans occasionner aucune douleur comme cela a lieu avec le spéculum à branches ;
3° En tenant seul dans l'oreille, il donne la liberté aux deux mains de l'opérateur, et rend ainsi beaucoup plus faciles des opérations qu'il peut être urgent de pratiquer dans les conduits auditifs.
Spéculum du docteur Garrigou-Désarènes. — Cet instrument se compose de deux valves convexes, ayant chacune une branche courte et légère. L'une d'elles est percée d'un trou dont une partie des bords butte contre les crans de la crémaillère qui le traverse. Cette crémaillère étant fixée à l'autre tige, cet écartement mécanique a l'inconvénient de ne pas donner toujours l'organe de toute la largeur du conduit.
Spéculum du docteur Camille Miot (fig. 5). — 11 se compose
de deux valves A et B munies de tiges très-petites qui sont réunies entre elles au moyen d'une charnière C.
Les tiges sont traversées par une vis V, qui est fixée à l'une d'elles et se meut dans le pas de vis dont est percée l'autre. Les valves s'écartent en pressant les parois du conduit sur une grande surface et ne causent pas de douleurs.
SPÉCULUMS PLEINS.
Ces instruments ne diffèrent entre eux que par leur forme générale qui peut être ovale, cylindrique ou conique et dont la section est ovale ou circulaire. Ils présentent à peu près les mêmes avantages et les mêmes inconvénients.
La matière différente qu'on emploie pour leur construction (corne, ivoire, argent, maillechort, caoutchouc durci, verre), est à peu près indifférente.
Le premier spéculum plein, qui paraît avoir été imaginé par Neubourg, est un simple entonnoir de corne. Depuis cette époque, plusieurs médecins en ont fait construire qui portent leur nom. Je citerai ceux de Wilde, de Grubert, de Toynbee, de Politzer, qui diffèrent peu les uns des autres.
SI'KCULUMS PLEINS.