PARALLÈLE ENTRE LES SPÉCULUMS BIVALVES
A BRANCUES, BIVALVES SANS BRAN Cil ES, l'UEINS.
Pendant longtemps le spéculum bivalve fut employé presque exclusivement. Depuis quelques années il cède le pas au spéculum plein, généralement employé en Allemagne et en Angleterre. Je crois donc utile de comparer entre eux ces trois genres de spéculums et d'en indiquer les avantages et les inconvénients.
Le spéculum bivalve dilate parfaitement la portion fibrocartilagineuse du conduit auditif; laisse aux rayons lumineux, aux rayons visuels et aux instruments une voie beaucoup plus large ; il en résulte une vue d'ensemble parfaite, et une introduction plus facile des instruments qui servent à faire les pansements ou les opérations. On peut écarter les valves proportionnellement à la largeur du conduit.
On leur a adressé différents reproches qui me paraissent plus spécieux que réels.
On a dit :
1° Que les spéculums bivalves sont d'une introduction plus douloureuse que les spéculums pleins.
En effet, on fait naître une douleur variable si l'on écarte les valves brusquement, après les avoir introduites dans le conduit. Mais si l'on a soin de leur imprimer un mouvement moelleux, progressif, l'écartement se fait sans douleur.
Quand même il y aurait une douleur légère, elle est insignifiante, en comparaison des avantages réels que présente cet instrument sur tous les autres.
Le spéculum bivalve sans branches, presque aussi facile à introduire que le spéculum à branches, cause plus facilement de la douleur lorsqu'on en écarte les valves.
On le conçoit sans peine, car la main qui tient l'instrument n'a pas une sensation bien nette, puisque l'écartement des valves se fait au moyen d'une force rigide. Mais comme la force agit d'une manière progressive, le malade éprouve une douleur croissante qu'il est facile de faire disparaître avant qu'elle soit devenue très-vive.
PABALLÈLE ENTRE LES SPÉCULUMS DIVALVES. ' \ \
2° Lorsque l'instrument est ouvert, des pellicules épidermiques, des parcelles de cérumen, en se plaçant entre ses valves, deviennent un obstacle insignifiant à l'examen du fond de l'oreille externe. On enlève très-facilement ces corps étrangers avec une petite pince ou une petite tige coudée très-peu garnie de coton.
Les poils, lorsqu'ils sont en grand nombre, sont les seuls obstacles rendant parfois l'examen impossible. Cependant il suffit presque toujours de prendre une tige coudée, garnie de coton, et trempée dans la glycérine, de l'introduire dans le conduit et de lui faire exécuter des mouvements de rotation. De cette manière la plus grande partie des poils adhérant aux parois du conduit ou étant repoussés vers elles permettent de faire un examen suffisant.
Vous avez vous-mêmes, Messieurs, rencontré des cas semblables a ma clinique, et vous avez vu que l'on a pu examiner ces malades, malgré la grande quantité de poils implantés à la surface du conduit.
3° Le spéculum bivalve exige l'emploi d'une main. Cette objection est naïve, tant elle est vraie. Mais il est excessivement rare que l'on ait besoin des deux mains, et, dans le cours de votre pratique, il est probable que vous ne rencontrerez pas de cas semblables.
Si l'on veut laisser les deux mains libres, on se sert d'un spéculum bivalve sans branches; leurs avantages étant à peu près les mêmes que ceux des spéculums pleins.
Cependant le spéculum du docteur Bonnafont, présentant à son milieu un rétrécissement invariable, me paraît inférieur aux deux autres.
On doit ajouter que ces derniers instruments, tenant seuls dans le conduit, lui restent moins parallèles, et qu'il n'est pas très-facile d'en varier l'obliquité lorsqu'on veut examiner les différentes surfaces du conduit. Leur application est plus longue que celle des spéculums bivalves.
Spéculum pleins . — Pour que leur introduction soit facile, il faut ordinairement que leur diamètre soit assez inférieur à celui du conduit, il en résulte que l'on perd volontairement un grand espace.
Si le spéculum a un diamètre égal à celui du conduit, on
l'introduit avec facilité lorsque le canal est peu tortueux, peu sensible et a des parois souples.
Il arrive assez souvent que l'on pousse le spéculum jusque dans la portion osseuse, il en résulte une douleur au moins égale à celle que produit l'application brusque d'un spéculum bivalve.
Lorsque la portion Pibro-cartilagineusc est résistante, rigide et qu'il existe un rétrécissement marqué en forme de fente, on ne peut introduire qu'un spéculum d'un petit calibre, ce qui fait perdre un espace considérable.
Si l'on veut employer un spéculum plein un peu trop gros, on refoule la partie rétrécie, et le rétrécissement est exagéré.
Si l'on prend alors un spéculum bivalve, on l'insinue facilement à travers le rétrécissement et, en, écartant mollement, progressivement ses valves, on obtient un écartement plus considérable que celui qui a été obtenu avec le spéculum plein.
Lorsqu'il existe des pellicules et des parcelles de cérumen, elles fuient devant l'instrument et forment à son extrémité auriculaire un anneau d'autant plus saillant qu'il y a plus de matières étrangères, et qu'on les refoule plus profondément. Il en résulte un rétrécissement variable que l'on fait disparaître, il est vrai, de la même manière que dans le cas où l'on emploie le spéculum bivalve, mais avec moins de facilité.
Lorsqu'il existe un feutrage formé par des poils, le spéculum plein offre un avantage réel sur tous les autres; c'est le seul qu'on puisse vraiment lui reconnaître.
Mais cette grande quantité de poils s'opposant à un examen sérieux se rencontre rarement.
Le spéculum plein de même que le spéculum bivalve sans branches peut aussi être employé lorsqu'on désire montrer, sans fatigue, un malade à un grand nombre de personnes.
De tout ce qui précède vous voyez, Messieurs, qu'on doit préférer le spéculum bivalve à branches : vous avez tous reconnu les avantages du spéculum otoscope.
Lorsque le conduit est assez large, vous pouvez employer le spéculum plein en verre fabriqué dans les ateliers de M. Galante, il est commode et d'un prix très-minime ; mais ses parois sont trop épaisses.