DE LA SONDE
dans les |>lanches de son ouvrage. A la grosse extrémité de ce cathéter, il existe deux anneaux placés à l'opposite l'un de l'autre et indiquant la position de la sonde lorsqu'elle est engagée dans les fosses nasales.
L'échelle graduée qui est sur la sonde est destinée à faire connaître la longueur de sonde qui y pénètre.
Saissy, dans son ouvrage de 1837, décrit un cathéter recourbé en S italique, dont l'extrémité nasale est arrondie et dont le pavillon, dépourvu d'anneaux, présente sur ses côtés une plaque remplissant les mêmes indications que les anneaux.
Il recommande d'avoir des cathéters de dimensions différentes, en rapport avec la disposition des fosses nasales et l'âge du sujet.
Sahatier (1) avait un cathéter droit à courbftre courte et brusque. Cependant la phrase suivante semble prouver qu'il ne s'en est jamais servi : « ce qui n'est pas difficile sur une préparation anatomique pourrait être absolument impossible sur un corps vivant. »
Deleau rejeta les sondes métalliques pour employer les cathéters en gomme élastique avec mandrin. Cette réforme, d'après l'auteur, devait faire époque dans le traitement des maladies de l'oreille. Il n'en fut rien.
Le docteur Politzer emploie, depuis peu de temps, des sondes assez résistantes en caoutchouc durci.
Cette esquisse historique étant faite, il est facile de voir qu'on peut diviser les sondes en trois espèces : les sondes métalliques (Guyot, Cléland, Portai, Saissy); les sondes en gomme avec mandrin (Deleau) ; les sondes en caoutchouc durci (Politzer). On doit avouer que toutes les modifications faites dans ces derniers temps aux cathéters métalliques, bien supérieurs aux autres, doivent être attribuées à nos maîtres anciens.
Sondes du docteur C. Miot (fig. 8). — J'ai déjà adopté les sondes métalliques de grosseur différente, représentées dans ce dessin. Elles ont un pavillon indiqué par une partie cylindrique ayant une certaine longueur, et une grosseur suffisante pour être tenues facilement à la main.
Les anneaux qui existent au pavillon des autres cathéters
(1) Médec. opét. Paris, 1810.
MALADIES DE h CUEILLE.
sont remplacés par une plaque métallique (plaque de Saissy).
La sonde à trois courbures a été faite dans le but' de sonder la trompe d'Eustacbe, toutes les fois que la fosse nasale est très-
Fig. 8.
étroite. Elle m'a permis de pratiquer le cathétérisme avec succès dans des cas où dés spécialistes connus avaient échoué. Je vous la recommande d'une manière toute particulière. Dans les cas où j'avais été obligé de sonder la trompe d'Eustacbe en passant par la narine opposée, je suis parvenu, avec ce catbéter, à franchir, au bout de deux à quatre séances, la narine correspondante. Il reste maintenant à indiquer les avantages et les inconvénients de ces cathéters.
Avantages des cathéters métalliques. — Le cathéter métallique, dont le maniement est très-facile, donne bien mieux la sensation dure, élastique, du pavillon de la trompe, lia une surface très-polie, est d'un entretien facile et présente une grande résistance. Son contact est pénible, douloureux, lorsqu'on ne possède pas une légèreté de main suffisante, et sa rigidité lui fait transmettre trop fidèlement les mouvements du chirurgien.
La courbure de ce cathéter, étant fixe, ne se moule pas sur la courbure de la trompe. Cependant, il en résulte une difficulté assez négligeable pour placer parallèlement au tube d'Eustache la partie recourbée de la sonde.
Cet inconvénient, quelquefois véritable lorsqu'on pousse une douche gazeuse dans la trompe, est bien plus grand lorsqu'il faut y faire parvenir une bougie. Mais il est facile de le faire disparaître en ayant soin de ne pas prendre un cathéter à courhure brusque et de lui faire exécuter certains mouvements pour changer la direction de la sonde.
Sonde en gomme avec mandrin. — Les sondes en gomme, ainsi que celles en caoutchouc durci, ont l'avantage d'être mieux supportées par le malade, parce que leur conlact est
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plus doux. Elles sont trop grosses, se détériorent rapidement, et sont d'un entretien difficile ; elles donnent la sensation de la trompe beaucoup moins nette.
Lorsqu'elles ont pénétré dans le pavillon et qu'on retire le mandrin, elles sortent souvent de la trompe par suiLe des inflexions que lui donne le mandrin dont l'extraction est désagréable.
Sondes en caoutchouc durci. — Les sondes en caoutchouc durci sont lisses, résistantes, un peu flexibles ; mais elles deviennent rugueuses et cassantes au bout d'un certain temps. On pourrait leur donner plus de solidité en mettant une trame métallique au milieu de la substance qui les compose. Elles ont une courbure fixe que l'on peut varier à volonté en les plongeant un instant dans l'eau chaude. Le pavillon est muni d'un anneau qui correspond à <ia concavité de l'instrument. Cet anneau, que l'on pourrait remplacer par un petit bouton, est trop gros et gêne les doigts qui tiennent l'instrument.
Comme les sondes en gomme, elles sont un peu volumineuses; cependant, en leur faisant subi r lesmodifications que je viens d'indiquer, elles peuvent être employées avantageusement, bien qu'elles exigent plus de soin que les sondes métalliques.
Des bougies. — Les bougies servent à explorer la trompe d'Eustache, à dilater des parties rétrécies de ce canal, ou à y porter des caustiques mous, liquides ou solides. Depuis l'époque où M. Bonnafont a employé la dilatation temporaire au moyen de bougies graduées, on a bien rarement recours à la cautérisation. La substance des bougies employées varie suivant le but que l'on se propose. C'est ainsi qu'on a successivement fait usage des bougies en gomme élastique, en corde à boyau, en baleine, en gutta-percha, en laminaria digitata, en métal.
La variété de la substance employée prouve que les résultats obtenus par l'emploi des bougies ont été très-variables.
Les bougies en gomme élastique se rencontrent dans le commerce sous la forme de longues tiges cylindro-coniques, qui ont une surface lisse, un calibre variable. Elles ont une consistance trop faible et se ploient facilement lorsqu'elles rencontrent un obstacle. Elles peuvent être employées surtout pour dilater un rétrécissement par gonflement inflammatoire de la muqueuse.
Les bougies en corde à boyau sont résistantes, assez rigides et présentent une extrémité et une surface moins lisses que les bougies en gomme. Elles ont cependant sur ces dernières la supériorité d'être plus fermes, de pénétrer plus facilement et d'augmenter de volume. Je les emploie avec avantage dans tous les cas, et je les préfère à toutes les autres.
Pour avoir des calibres très-différents, suffisant à tous les cas, j'ai choisi les cordes à boyau dont les grosseurs sont indiquées par ordre de progression croissante.
1° Le mi de violon.
2° Le mi de millimètre
3° Le do.
4° Le sol..
o° Le ré.
ao
0° Le do.
7° Le si .
8° Le lu. .
9° Le sol.
10° Le fa.
1 1° Le mi.
12° Le ré.
3 o iO
8e corde de harpe.
Sur chaque corde à boyau je marque au moyen d'une solution de nitrate d'argent le point correspondant à la longueur de la sonde et d'autres points indiquant trois longueurs de 1 centimètre chacune.
Les bougies en baleine, préférées par quelques médecins auristes, sont très- rigides et peu convenables pour suivre facilement les sinuosités de la trompe; c'est pourquoi elles s'arcboutent souvent contre les replis ou les culs-de-sac de la muqueuse, la blessent et produisent une inflammation toujours