REMARQUES SUR LE PUOCÉDÉ DE TRIQUET
Ce procédé presque mathématique a l'inconvénient de contraindre l'opérateur à exercer souvent une pression douloureuse à cause du peu d'espace que présente la route à parcourir et à
PROCÉDÉ DE GIAMPIÉTRO. 63
cause des rameaux nerveux qui sont nombreux dans cette partie des parois nasales. Cette objection est sérieuse, mais si l'on tient compte de la facilité avec laquelle on arrive dans la trompe, on peut, au bout de peu de temps, acquérir une légèreté de main assez grande pour effleurer la muqueuse, au lieu d'exercer sur elle une pression assez forte. Il vaut bien mieux avoir un procédé opératoire sûr et un peu douloureux que d'en posséder un autre plus incertain ; j'en excepte cependant le procédé que j'ai adopté.
Procédé de Giampiétro. — Il consiste à sentir avec la sonde Je bord postérieur de la cloison et à lui faire décrire un arc de cercle pour arriver dans la trompe d'Eustache.
Après avoir fait asseoir le malade et lui avoir incliné très légèrement la tête en arrière, on prend de la main droite, comme une plume à écrire, une sonde à courbure peu prononcée, on l'introduit la concavité, tournée en bas.
Lorsque le bec de la sonde est parvenu dans la fosse nasale, , on le dirige vers la cloison, de manière à suivre la surface sans l'abandonner, jusqu'au bord postérieur. La concavité de l'instrument pendant tout ce trajet doit être légèrement tournée vers la cloison et regarder en bas. Lorsque l'instrument touche le bord postérieur de la cloison on lui fait exécuter un mouvement de rotation, de manière à tourner directement en dehors la concavité de la courbure de l'instrument. En même temps on dirige le bec de l'instrument en dehors et très-légèrement en haut de manière à parvenir dans le méat. Il ne faut pas suivre le sommet de l'angle dièdre formé par la cloison et le plancher des fosses nasales de peur de s'exposer à passer audessous de la trompe, lorsqu'on exécute le mouvement de rotation. Ce procédé est certainement un des meilleurs qui existent, mais il offre des difficultés bonnes à vous signaler. Il est facile d'arriver jusqu'au bord postérieur de la cloison dont la sensation devient très-nette après avoir tenté quelques essais, mais il n'y a aucun guide lorsqu'on veut tourner l'instrument et le porter en dehors. C'est cependant un temps très-délicat pendant lequel on a toujours de la tendance à dévier de la route qu'on doit parcourir. Ce procédé offre l'avantage de causer peu de douleurs puisque l'on est obligé d'effleurer une surface à peu près régulière, ne présentant pas les inégalités et les courbures
<i2 MALADIES DE LOREILLE,
de la paroi externe ou de l'angle dièdre, choisi par Triquet.
Les rameaux nerveux de la cloison élant aussi moins nombreux, il y a une sensinililé moins grande.
Procédé adopté par raideur. — En jetant les yeux sur cette coupe des fosses nasales (fig. 9), vous voyez qu'un cathéter en longeant la partie moyenne de la paroi externe tombe tout naturellement dans le pavillon de la trompe.
Fig. 9.
On dispose le malade, assis sur une chaise, de manière à lui faire tenir la tète bien verticale, appuyée ou non. Il est préférable de donner à la tète un point d'appui pour l'empêcher de fuir devant l'instrument. On se place adroite et un peu en* avant du malade pour sonder la narine droite, et à gauche et en avant du malade pour sonder la narine gauche. Puis, tenant un peu obliquement la sonde de la main droite ou de la main gauche, entre le pouce et l'index fortifié par le médius, on l'introduit assez vivement dans le méat, en ayant soin de tenir la concavité dirigée en bas et le bec à peine appuyé contre le plancher des lusses nasales.
Au fur et à mesure que l'instrument pénètre dans la fosse nasale, on relève le pavillon de l'instrument jusqu'à ce qu'il soit à peu près horizontal.